Déstabilisation de la RDC par le Rwanda : des terroristes menacent les Grands Lacs

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Dans un communiqué déposé hier lundi 02 juillet 2012 au Phare par les services de l’ambassade des USA à Kinshasa, l’on apprend que le pays de l’Oncle Sam salue « la publication des annexes du rapport du Groupe d’Experts du Comité des Sanctions du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour la République Démocratique du Congo ». « Nous sommes profondément préoccupés par les conclusions du rapport selon lesquelles le Rwanda est impliqué dans l’apport d’un appui aux groupes rebelles congolais, y compris des mutins opérant actuellement au sein du groupe armé M.23 », lit-on. Et le document de poursuivre : « Un tel soutien menace d’ébranler encore la sécurité et d’alimenter les déplacements dans la région… ».
Selon le porte-parole du département, d’Etat, les Usa s’en tiennent au respect de l’embargo sur les armes et exhortent « toutes les parties à répondre de manière constructive aux conclusions du Groupe d’Experts et demandent au Rwanda de faire cesser et prévenir l’apport d’un tel appui à partir de son territoire … ».
Le peuple congolais a de quoi se réjouir  face à ce verre à moitié plein lui offert par Washington. Verre à moitié plein parce que la condamnation américaine n’insiste pas assez sur la participation directe de la haute hiérarchie militaire et politique rwandaise dans la planification et l’exécution sur le terrain des actions de déstabilisation de l’Est de la RDC. Mais puisqu’il faut parfois se contenter de grives, il y a lieu de saluer cette première condamnation de Kigali qui a toujours bénéricié, jusqu’ici, de l’extrême tolérance des Etats-Unis.
 
Il faut espérer maintenant que ceux-ci ne s’arrêteront pas là et que maintenant qu’ils ont accepté d’ouvrir les yeux sur les crimes inommables qui se promettent au Congo depuis 1996, ils vont enfin pousser leurs poulains dans la région à se montrer enfin humains et tolérants.
A ce stade, le voeu qui mérite d’être renouvelé est celui de voir le gouvernement américain faire un peu plus attention à l’utilisation de l’aide au développement qu’il octroie chaque année au pouvoir en place à Kigali. Car, plusieurs sources, dont la très sérieuse Ong Global Witness, viennent de faire le constat selon lequel une partie des appuis budgétaires américains et britanniques au Rwanda est détournée de leur noble objectif d’assistance humanitaire pour servir au financement des « forces négatives » en République Démocratique du Congo.
 
Cette situation mérite d’être tirée rapidement au clair car si le Rwanda n’est pas bloqué dans ses actions déstabilisatrices de l’Etat congolais, on risque d’assister à la montée en puissance des groupes terroristes dans les Grands Lacs, à l’image des Chebab en Somalie et au Kenya, de l’Aqmi en Afrique de l’Ouest, de Boko Aram au Nigeria, etc. Les observateurs voient dans la politique rwandaise d’instrumentalisation des groupes armés, qui n’ont rien à envier aux mouvements terroristes qui ont pris en otage des pans entiers de l’Afrique de l’Ouest, du Nord et de l’Est, des visées maléfiques de transformer la RDC en zone de non-droit.
Compte tenu de sa position géo-stratégique au cœur du continent africain, si le territoire congolais échappe à tout contrôle d’un pouvoir d’Etat, d’une administration classique, d’une armée et d’une police républicaine, plus rien ne saurait arrêter les mouvements terroristes qui ont déjà pris pied en Libye, au Mali, au Niger, au Nigeria, au Tchad, en Somalie, au Kenya, au Soudan et au Sud-Soudan. Une RDCongo incontrôlable et incontrôlée serait un véritable poison pour la paix et la stabilité non seulement de la région des Grands Lacs mais aussi de l’ensemble de l’Afrique.
 
Jusque-là, le Congo démocratique n’a pas encore franchi la ligne rouge des Etats marqués par des attentats à répétition, des prises d’otages, l’occupation de la moitié ou du tiers de leurs territoires par des groupes terroristes, les proclamations d’indépendance décrétées par des seigneurs de guerre à la tête des républiquettes, etc. Demain, rien ne garantit que le pays ne va pas en arriver là, à la suite des actes posés par des voisins de plus en plus dévorés par l’ambition hégémonique.
Si ce n’est pas là le résultat recherché par les « amis » du Rwanda, avec en tête de liste Londres et Washington, il y a lieu d’en appeler à la révision du contenu de leur coopération avec ce pays, notoirement épinglé désormais comme le grand parrain et bailleur des fonds des groupes terroristes qui sèment la mort et la désolation dans la partie Est de la République Démocratique du Congo. En clair, le retour d’une paix durable au Congo ne dépend plus du dialogue congolo-congolais, ni du dialogue congolo-rwandais, mais plutôt d’une double sévère mise en garde des Américains et des Britanniques au régime de Kigali, coupable de gaspillage des ressources qu’ils lui allouent au titre de l’aide au développement.
 
Kimp
 

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