Désordre dans le secteur des transports : le ministre Justin Kalumba au banc des accusés

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transco-busCe serait une lapalissade que de dire que la rentrée scolaire de cette année s’est déroulée avec succès. Certes, la date a été respectée conformément au calendrier rendu public par le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel, mais l’engouement habituel n’y était pas car de nombreux parents n’avaient toujours pas réuni toutes les conditions arrêtées par bon nombre d’écoles primaires, secondaires et professionnelles. Notamment les frais scolaires, les tenues, les objets classiques et le minerval.

Alors que de nombreux parents étaient en train de se démerder pour réunir toutes les conditions telles qu’arrêtées par les différents établissements scolaires, voilà que la société des transports en commun « TRANSCO » s’est fait inviter aux débats avec une décision qui a énervé davantage les parents d’élèves. Du jour au lendemain, le taux d’abonnement scolaire est passé de 30.000 à 36.000 Francs Congolais par mois et par élève. Au bas mot, une majoration de l’ordre de 20 %.

Me Charles Mwenze, responsable de la commission scolaire à l’Ong de défense des droits de l’homme « Haki Za Binadamu » qui a animé hier une conférence de presse au siège de son organisation, s’est étonné de constater qu’aucun parent n’a osé élever la voix pour protester contre cette majoration du taux d’abonnement scolaire. Car, a-t-il soutenu, un abonnement représente ni moins ni plus un préfinancement car payé à l’avance. Ensuite, rien ne justifie cette majoration dès lors que le prix du billet dans tous les bus de la société « TRANSCO » est demeuré inchangé. Or, ce sont les mêmes bus qui transportent non seulement les clients qui paient la course tout comme les élèves des écoles primaires et secondaires de la capitale bénéficiant d’un abonnement scolaire. Le prix du carburant est toujours le même. Pire, le nombre des bus communément appelés « esprit de mort » semble avoir été multiplié par vingt malgré les promesses faites par le ministre des Transports au lendemain du lancement de la société Transco.

Le silence coupable et gêné du ministre des Transports

Considéré comme un préfinancement, il est établi que le système de l’abonnement dans divers domaines bénéficie d’un allègement conséquent au niveau du taux. La question que l’Ong « Haki Za Binadamu » a posée est celle de savoir pourquoi les responsables de la société « TRANSCO » ont revu à la hausse le taux d’abonnement des bus scolaires sans toucher au prix du billet des autres usagers. Ont-ils saisi au préalable le ministre de tutelle pour obtenir son autorisation ? Si tel est le cas, pourquoi le ministre des Transports et Voies de Communications a-t-il approuvé cette majoration dès lors qu’elle pénalise les élèves et leurs parents obligés de débourser six mille francs congolais de plus. En y regardant de très près, un élève effectue un aller et retour par jour pour son déplacement vers son école, ce qui revient à 1.000 Francs Congolais. Alors, si l’on prend en compte 26 jours des cours par mois, un élève devrait payer 26.000 Francs Congolais par mois. Ensuite, quels seraient ces avantages exorbitants dont bénéficieraient les élèves du moment que les bus scolaires les prennent et les déposent sur la voie principale et non à domicile comme par exemple dans le cas d’une course de taxi express ?

A tout point de vue, a indiqué Me Charles Mwenze, le ministre de tutelle endosse l’entière responsabilité de ce désagrément qui frappe sévèrement les élèves et leurs parents car ne reposant sur aucun motif valable sur le plan économique.

En second lieu, l’Ong « Haki Za Binadamu » s’est étonné encore une fois de l’attitude du même ministre face à la question de la compagnie aérienne « CONGO AIRWAYS » annoncée avec pompe depuis presque un semestre et qui a provoqué un véritable tsunami dans l’opinion tant nationale qu’internationale. Notamment au lendemain de la saisie d’un de ses aéronefs à Dublin à la suite d’une décision d’arbitrage en faveur de deux sujets américains, dont entre autre le Dr Cardiologue Jean Mukendi Ilunga, d’origine congolaise. Un autre aéronef de marque française « Airbus » se trouve immobilisé depuis plus d’un mois, pour des raisons non déclarées, dans les hangars de l’aéroport international  de Ndjili.

            L’Ong « Haki Za Binadamu » s’interroge sur ces éléments d’informations concernant une compagnie aérienne nationale. Du fait que le même ministre avait prévu le vol inaugural de cet aéronef pour le 28 août dernier.  Me Charles Mwenze se demande pourquoi la RDC, pays potentiellement riche tient à lancer une nouvelle compagnie aérienne avec des aéronefs d’occasion au moment où un pays pauvre qu’est le Rwanda s’est doté des avions tout neufs. Est-ce une question de fonds, de mauvaise foi ou de déficit managérial ?

            L’Ong « Haki Za Binadamu » note enfin que le différend opposant les deux sujets américains ayant fait saisir l’un de deux aéronefs à Dublin est purement commercial. Qu’est-ce qui bloque le décaissement de la somme de 11 millions des dollars Us en faveur de ces deux sujets américains pour récupérer cet avion ?

             Un autre membre de cette Ong a déclaré tout haut que ce dossier se trouverait dans le lot des matières à soumettre à la motion de défiance pendante devant l’assemblée nationale à charge du ministre des Transports et Voies de Communications lors de la session parlementaire de ce mois de septembre.

            Pire, la décision de baisser de 30 % les prix des billets d’avions n’a pas du tout allégé la situation dans ce secteur. Les prix demeurent toujours exorbitants, ce qui grève énormément le pouvoir d’achat des populations congolaises.

F.M.