Des toges noires en consultations gratuites à la Prison Centrale de Makala

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avocats_barreLe Directeur de cabinet de Mme la ministre de la Justice et Droits Humains, Kalonda Kele Oma, a procédé lundi 16 septembre, à la Prison Centrale de Makala, dans la commune de Selembao, à l’ouverture officielle des consultations gratuites  dans toutes les prisons et centres de détention éparpillés à travers le territoire national. Organisées par le Bureau des consultations gratuites du Bureau près la Cour Suprême de Justice, en étroite collaboration avec les Cours d’Appel de la Gombe et de Matete, ainsi que les associations de défense des droits humains, ces journées bénéficient de l’appui du ministère de la Justice et Droits Humains et de l’OSISA.

De la quiddité des consultations gratuites

Dans son mot de bienvenue, le bâtonnier national, Jean Joseph Mukendi wa Mulumba, a rappelé l’importance de ces consultations gratuites. Notamment : prendre la défense de ceux de nos compatriotes détenus et qui, en raison de leur situation d’indigence, n’ont pas de moyens financiers conséquents pour s’assurer les prestations d’un avocat. « Ces consultations gratuites initiées ce jour et qui vont se dérouler en décembre prochain et au-delà à travers tout le pays, a martelé le bâtonnier Jean Joseph Mukendi, procèdent à l’égard de la République de l’obligation  d’assurer aux citoyens une justice équitable, conformément aux prescrits des articles 50 et 61 de la Constitution. Ces articles, a-t-il renchéri, rappellent aux Avocats que nous sommes, notre devoir d’assurer la défense des intérêts des indigents sur base des articles 43 de l’ordonnance-loi du 29 septembre 1979, portant organisation du barreau du Corps des défenseurs judiciaires et du corps des mandataires de l’Etat et 63 du règlement intérieur des Barreaux du Congo ».

Pour le bâtonnier Mukendi, il ne saurait exister une République dite équilibrée lorsque des milliers des citoyens indigents ne se voient pas assurer une justice de qualité comme celle que connaissent les nantis. Pour y arriver, le bâtonnier Mukendi propose que les pouvoirs publics, plus particulièrement le gouvernement de la République, puissent donner des moyens matériels et financiers aux différents barreaux pour leur permettre d’assurer leurs missions de défense des droits des citoyens indigents prévus par les différents textes de notre arsenal juridique.

Et au bâtonnier national de dresser un tableau bien sombre de la défense des indigents : « les différents barreaux de consultations gratuites installés auprès des Conseils de l’Ordre des Barreaux ne sont pas équipés. Le personnel y affecté et le travail que celui-ci exécute sont toujours à charge des Conseils de l’Ordre qui sont obligés de grignoter sur leurs maigres ressources, à défaut d’être supportés par les avocats qui exécutent les désignations… Sous d’autres cieux, ce sont les pouvoirs publics qui financent la défense des indigents ».

Enfin, le bâtonnier Jean Joseph Mukendi wa Mulumba  a remercié la Fondation OSISA pour avoir financé ce projet, afin de permettre à l’Ordre national des avocats d’organiser ces consultations gratuites dans les prisons de la RDC.

Pour sa part, le Chargé des Programmes d’ OSISA, Roger Mvita, a assuré l’Ordre des avocats de la détermination de sa fondation à accompagner les toges noires dans cette noble mission d’assistance à nos compatriotes indigents qui sont de plus en plus nombreux dans nos prisons.

Avocat, un partenaire important de la justice

 Contrairement à l’organisation des Barreaux qui considère un avocat comme « un auxiliaire de la justice », le Directeur de cabinet de Mme la ministre de la Justice et Droits Humains, Kalonda Kele Oma, estime qu’un avocat est « un partenaire important de la justice. Sans lui, l’administration de la justice ne sera pas assurée d’une façon efficiente et régulière. Un avocat joue un rôle important à côté des magistrats du siège et ceux des Parquets ». Malheureusement, ils sont remerciés en monnaie de singe.

Michel  LUKA

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