Des témoins chargent la prévenue

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La poursuite de l’instruction de l’affaire opposant l’opérateur économique Henry Kabeya à sa caissière Mimi Muya a eu lieu hier mercredi 13 mai 2015 au Tribunal de Paix du Pont Kasa-vubu. Comme indiqué lors de la précédente audience, les témoins se sont présentés à la barre pour éclairer la lanterne du tribunal avec leurs versions des faits.

En effet, Henry Kabeya poursuit Mimi Muya pour détournement de 15.000$. Selon la version des avocats  de ce dernier, c’est à la date du 16 mars 2015 que la caissière Mimi avait emporté avec elle la somme de 15.000$ de la caisse du garage, sans aucune remise de compte.  Ce sont des témoins qui l’auraient vu, ce jour là, sortir du lieu de travail, avec un sachet contenant des billets de banque.

Les avocats ont indiqué, que quatre jours après son départ, Mimi a envoyé un texto à leur client, lui demandant de verser dans son compte la somme de 50.000 $, faute de quoi, elle allait diffuser sur les réseaux sociaux, l’image de sa femme, habillée en robe de nuit sans sous-vêtement. C’est en ce moment, ont-ils fait savoir, que Henry Kabeya s’est souvenu avoir remis à sa caissière son nouveau téléphone acheté pendant son voyage en Europe, pour qu’elle transfère les numéros se trouvant dans l’ancien répertoire. Il a estimé que c’est à cette occasion que Mimi  avait copié cette image pour nuire à sa personne.

Appelé à la barre par le tribunal comme témoin, le portier du garage a indiqué qu’à cette date du 16 mars, il avait bel et bien vu Mimi Muya quitter le travail munie de son sac à main et d’un sachet contenant des billets de 500 FC.

A son tour, Jean Mayamba, superviseur du garage, a balayé du revers de la main les affirmations mentionnées par Mimi Muya lors de la précédente audience. Il a expliqué qu’à cette même date,  il avait appelé Mimi sur ordre du patron, pour qu’elle lui donne de l’argent à remettre à un client, étant donné qu’elle était déjà partie lorsqu’il est rentré de Ndjili où la même caissière l’avait envoyé.  Mais à sa grande surprise, a-t-il expliqué, celle-ci lui demandera au téléphone de dire à leur patron qu’elle avait emporté tout l’argent de la caisse et qu’il ne s’agissait que d’un premier épisode et que le deuxième allait suivre.

Jean Mayamba a aussi fait savoir que contrairement à ce qu’avait affirmé la prévenue, il n’a jamais eu accès à la gestion de la caisse, car celle-ci relevait exclusivement des compétences de l’unique caissière qu’elle était.

Dans sa réplique à toutes les allégations portées contre sa personne, Mimi Muya a expliqué qu’en quittant le travail ce jour-là, elle avait laissé la clé du bureau à un des agents, sans emporter de l’argent avec elle. Avant d’ajouter qu’elle avait claqué la porte suite aux menaces d’arrestations que lui proférait depuis quelques temps  son patron.

         Elle a ensuite déclaré que c’est Jean Mayamba qui lui avait dit que le patron lui avait demandé de voler ou détruire coûte que coûte  son téléphone, parce qu’il contenait des images compromettantes, en plus d’autres menaces qu’il planifiait. S’étant rendu compte que sa vie était en danger, elle s’était vue obligée de s’enfuir pour se protéger.

         S’agissant de l’image contenue dans son portable, Mimi a avoué avoir eu une liaison amoureuse avec son patron, contre son gré. Celui-ci, affirme-t-elle, avait l’habitude d’abuser d’elle. Etant au courant de cette relation,  l’épouse d’Henri demandera à Mimi, par le biais de son père (un des fournisseurs de ladite compagnie) de rompre cette liaison, faute de quoi elle allait recourir à d’autres moyens pour la punir. C’est au regard de l’insécurité dans laquelle elle se trouvait qu’elle décidera de mettre terme à cette relation, en avouant les faits. C’est alors qu’Henri lui proposera la somme de 50.000$ pour régler le problème à l’amiable, en lui donnant en gage l’image de sa femme en tenue d’Eve.

         Après l’audition des différents témoins et de la prévenue, le tribunal a suspendu l’audience. Les avocats du plaignant Henry Kabeya ont confirmé la comparution de leur client à la prochaine audience.

                                                                                          Myriam Iragi