Des techniciens plaident pour la culture de la normalisation

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La métrologie et la normalisation en tant qu’outils de développement et de la reconstruction nationale sont en veilleuse depuis des décennies en RDC, malgré la prise de conscience du gouvernement en son temps, caractérisée par la création des services publics chargés de ces activités, notamment la direction chargée de la métrologie au ministère de l’Industrie, l’Office de contrôle du Congo et le comité national de métrologie et de normalisation. A côté de ces balbutiements, on note aussi quelques actions des Ong de la société civile dans ce secteur qui se recherche encore.

Outre le fait que des experts congolais participent souvent aux conférences internationales et séminaires régionaux sur la métrologie et la normalisation, la carence criante des normes dans notre pays, l’a fait ériger en dépotoir mondial, en dépit des efforts déployés par l’OCC et de la vigilance d’une poignée des techniciens et des Ong de la société civile dévoués à la cause.

C’est dans le cadre de ses activités de sensibilisation de l’élite congolaise que l’ Association pour la promotion de métrologie et de la normalisation a organisé samedi 03 avril, dans la salle de conférences du studio du collège Boboto, une assemblée générale de cette structure spécialisée de la société civile.

A cette occasion, le président de l’Apromen qu’entouraient le secrétaire général Modeste Kazege et son adjoint Jérôme Ngandu, a plaidé pour l’instauration de la culture de la normalisation en RDC, depuis l’école primaire jusqu’à l’université. Car, dans tout pays où les activités de la métrologie et la normalisation sont en léthargie, les conséquences négatives sont nombreuses. Entre autres, les entreprises locales ne sont pas compétitives, la formation scientifique et professionnelle est au rabais, les produits alimentaires et pharmaceutiques de n’importe quelle qualité douteuse sont offerts aux consommateurs et la construction des maisons, des routes et d’autres infrastructures ne répondent à aucune norme.

Pire, la population est ainsi livrée à la consommation des produits rejetés ailleurs.

Dans son allocution, Bertin Ntumba a rappelé l’historique de son mouvement créé en janvier 2004 et qui se bat pour que notre pays puisse engager de grandes actions en vue d’élaborer ses propres normes. Evoquant l’expérience chinoise en la matière que beaucoup des techniciens congolais en métrologie et en normalisation ont vécue lors de leur voyage, il a indiqué que l’Empire du Milieu gère 21.579 normes dont 3.136 sont obligatoires et 18.323 sont d’application volontaires.

Il a par ailleurs noté que la RDC vient d’adopter 40 normes de la Comesa, alors qu’il reste beaucoup à faire sur le plan national. Pourtant, ce ne sont pas les techniciens en la matière qui font défaut. Le gouvernement dispose même des services chargés de la métrologie et de la normalisation. Un comité national de la métrologie et de la normalisation existe mais il est dépourvu des moyens pour s’acquitter de ses missions. Dans le but de redynamiser cette structure, des professeurs d’université et d’autres techniciens privés ont émis le vœu d’apporter leurs expériences et expertise. Car, il est anormal qu’un pays aux dimensions d’un continent comme la RDC ne puisse pas réaliser des progrès dans les domaines de la métrologie et de la normalisation.

Encore une fois, les participants à cette assemblée générale ont plaidé pour que la volonté politique soit plus manifeste au moment où la RDC s’est engagée dans son vaste programme de reconstruction.

A ce sujet, un expert a même prévenu que si les routes ne sont pas construites selon les normes, compte tenu de nos conditions climatiques (pluviométrie et différentes températures), de l’intensité du trafic routier et autres problèmes de surcharge, leur durabilité sera mise à rude épreuve.        

         J.R.T.

 

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