Des populations démunies et traumatisées font face à une insécurité préoccupante

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La situation humanitaire dans plusieurs provinces de la République démocratique du Congo (RDC) demeure très préoccupante. Le CICR continue d’y assister les populations victimes de l’insécurité, en leur fournissant notamment rations alimentaires, eau potable et soins médicaux, et œuvre à la réunification des familles séparées par la violence. Résumé des activités du CICR dans ces régions depuis début 2010.

Le Nord-Kivu (est de la RDC) reste marqué par une insécurité importante. Les populations continuent de subir viols, actes de pillages, vols de bétail, extorsions de biens, incendies ainsi que travaux forcés au profit des porteurs d’armes. On estime à plusieurs dizaines de milliers le nombre de personnes que ces actes ont poussé à se déplacer au cours des premiers mois de l’année, souvent dans des zones où peu ou pas d’organisations humanitaires sont présentes.
Dans le Sud-Kivu (est), les opérations militaires contre plusieurs groupes armés se poursuivent, occasionnant de nombreux déplacements de population. Les autorités estiment le nombre de personnes déplacées à plus de 500 000, dont plus de 30 000 nouveaux cas depuis début 2010. Les conditions logistiques et l’insécurité rendent l’accès à cette zone extrêmement difficile et au début du mois d’avril une équipe du CICR a été retenue pendant une semaine par un groupe armé au Sud-Kivu.

Les populations du district du Haut-Uélé, dans la Province orientale (nord-est), continuent à vivre dans un climat de peur qui a contraint, d’après les Nations Unies, plus de 180 000 personnes au déplacement depuis 2008. Des actes d’une violence extrême – meurtres, viols, enlèvements, incendies – pèsent sur la sécurité de populations déjà traumatisées et démunies. Et les zones concernées restent pour la plupart inaccessibles aux acteurs humanitaires.

Plusieurs localités de la province de l’Équateur (nord-ouest) portent encore les marques des affrontements de la fin de l’année 2009. De nombreuses personnes ayant fui les violences ne sont pas encore revenues, alors que certaines villes ont été durement frappées par les affrontements et leurs infrastructures complètement détruites. C’est le cas notamment de la ville de Dongo, où tout est à reconstruire.

Fourniture de vivres, semences et autres articles essentiels

L’insécurité a un impact sur les conditions de vie des déplacés comme sur celles des populations résidentes. Afin de se protéger contre les exactions, de nombreuses personnes limitent certains de leurs déplacements pourtant essentiels, comme ceux liés aux activités agricoles, courant ainsi le risque d’aggraver leur situation économique et alimentaire.

En réponse à cet état de fait, le CICR a, au cours du premier trimestre 2010 :
• distribué rations alimentaires, semences et articles de ménage à plus de 66 000 personnes au Nord et au Sud-Kivu (déplacés, familles d’accueil résidentes et personnes récemment rentrées chez elles) ;
• remis des kits de maraîchage et des boutures de manioc à 1 000 résidents et dix associations dans le Nord-Kivu (axes de Kamandi, Kamandi-Luofu et Busekera) ;
• distribué des intrants piscicoles à 175 familles du Masisi (à Busoro, Kandja, Kikamata et Ngesha) afin de soutenir la relance de l’élevage de poissons, et poursuivi son soutien aux associations piscicoles de Mwenga, dans le Sud-Kivu;
• distribué des semences à 27 000 personnes déplacées et résidentes à Bokonzi, Makengo et Mutuba, dans la province de l’Équateur ;
• distribué plus de 218 000 rations alimentaires quotidiennes à environ 2 400 personnes détenues dans six lieux de détention à travers le pays (Bas-Congo, Ituri, Kasai-Oriental et Province orientale).

Rétablissement des liens familiaux

Les déplacements de population occasionnés par les conflits et la violence en RDC ont provoqué la séparation de nombreuses familles, parfois au-delà des frontières du pays. Les enfants sont particulièrement touchés par ce phénomène.

De janvier à mars 2010, le CICR et la Croix-Rouge de RDC ont :
• facilité l’échange de plus de 8 000 messages entre membres de familles séparées ;
• permis le retour auprès de leur famille de 170 enfants, dont 59 ont été « sortis » des forces armées ou de divers groupes armés ;
• poursuivi les recherches concernant 646 enfants séparés, dont 137 issus des forces et groupes armés.

Soutien médical

Afin de permettre une meilleure prise en charge médicale des victimes civiles et militaires du conflit et de la violence, le CICR poursuit son assistance à 15 structures de santé au Nord et au Sud-Kivu, aux dispensaires de certains lieux de détention, ainsi qu’à cinq centres orthopédiques. Également, six centres de santé et trois hôpitaux militaires au Nord et Sud-Kivu, ainsi que l’hôpital de Gemena (province de l’Équateur), ont reçu une assistance d’urgence pour la prise en charge de personnes déplacées et/ou de blessés de guerre.

De janvier à mars 2010, les structures de santé soutenues par le CICR ont :
• effectué plus de 30 000 consultations curatives et environ 700 interventions chirurgicales ;
• procédé à plus de 2 000 hospitalisations et environ 1 700 accouchements ;
• distribué 15 800 doses de vaccins ;
• pris en charge 87 personnes blessées dans le cadre du conflit.

Le soutien du CICR a également permis :
• l’accès de 164 blessés de guerre – civils et militaires – à des services de réadaptation physique ;
• la fabrication et distribution de 154 prothèses (dont 20 destinées à des victimes de mines) ;
• la reconstruction du bâtiment de consultation prénatale et la réhabilitation du système de distribution d’eau de l’hôpital de Matanda (à Butembo, dans le Nord-Kivu) ;
• la construction de latrines et d’un incinérateur au centre de santé de Kitsombiro (Nord-Kivu).

Assistance aux victimes de violences sexuelles et autres traumatismes

Le CICR continue de soutenir 34 « maisons d’écoute » dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, où des assistants psychosociaux accueillent et orientent les victimes du conflit. De janvier à mars 2010, ces structures ont pris en charge :
• plus de 740 victimes de viols et 91 personnes victimes d’autres violences sexuelles ;
• près de 540 autres personnes dont une majorité souffraient de traumatismes liés au conflit.

Rétablir et améliorer l’accès à l’eau
Les difficultés d’accès à l’eau constituent une conséquence indirecte du conflit et de l’insécurité dans la région des Kivus et l’une des principales préoccupations des populations.
• À Kibirizi (territoire de Rutshuru, Nord-Kivu), le CICR a achevé la réhabilitation du système d’approvisionnement en eau qui dessert 31 500 personnes.
• À Bitale (Sud-Kivu), la construction de cinq bornes fontaines desservant 6 800 personnes a été achevée.
• Les 12 300 habitants de la localité de Fizi (Sud-Kivu) vont pouvoir s’approvisionner en eau grâce à huit puits et 64 sources construits par le CICR.

Partenariat avec la Croix-Rouge de RDC

• Afin de mener des activités de sensibilisation contre le choléra, 160 volontaires de la Croix-Rouge ont été formés à Bukavu et Katana (Sud-Kivu) dans les domaines de l’hygiène et de l’assainissement.
•   À Iganda (Sud-Kivu), 24 postes de chloration des points d’eau ont été mis en place afin de réduire les risques de contamination par le choléra pour les 5 000 habitants de la localité, et une cinquantaine de volontaires et de « relais communautaires » ont mené une campagne de sensibilisation à l’hygiène. Depuis le mois de février, aucun cas de choléra n’a été signalé.
• Afin de prévenir la présence dans l’eau de cendres projetées lors de l’éruption du volcan Nyamulagira (extrême est des Kivus) en janvier, le CICR a apporté un soutien financier et logistique aux équipes de la Croix-Rouge chargées de superviser les réservoirs installés à Mubambiro et Rusayo pour l’usage des populations. 

Kibirizi, Nord-Kivu. Les habitants s’approvisionnent en eau à l’une des 44 bornes fontaines remises en état par le CICR.
©CICR/P. Yazdi

Kibirizi, Nord-Kivu. Le CICR y a réhabilité le système d’approvisionnement en eau, qui dessert plus de 31 000 personnes.
©CICR/P. Yazdi

Kibumba, territoire de Mwanga, Sud-Kivu. Lavage du linge dans une rivière.
©CICR/P. Yazdi

Kibumba, territoire de Mwanga, Sud-Kivu. Un collaborateur du CICR explique à des femmes, qui utilisent l’eau de la rivière pour de multiples usages quotidiens, comment se prémunir contre les maladies d’origine hydrique.
©CICR/P. Yazdi

Bukavu, Sud-Kivu. Fabrication d’appareillages orthopédiques, au centre Heri Kwetu pour la réadaptation physique et la prise en charge des blessés de guerre.
©CICR/P. Yazdi

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