Des « Pomba » s’invitent à Sainte Thérèse

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meetingsAlors que les militants de l’opposition rassemblés sur le terrain Sainte Thérèse à N’djili suivaient, dans l’ordre et la discipline, les messages de leurs leaders, les exhortant à s’abstenir de tout acte incivique, une bande de « Pomba » (délinquants pratiquants d’arts martiaux) se sont invités sur le site, vers la fin de la manifestation. 

C’était au moment où Gabriel Mokia allait clôturer la série d’interventions. Evalués à une vingtaine,  ces inciviques sortis de nulle part et porteurs d’armes blanches, se sont attaqués aux paisibles militants de l’Opposition. Dans un premier temps, c’était le sauve-qui-peut, les assaillants n’ayant pas été identifiés. La bousculade a fait plusieurs blessés.

Une fois passé le moment de panique, la foule s’est ressaisie et s’est organisée, en légitime défense, pour la contre-attaque. Et celle-ci était fulgurante. Des centaines de militants en colère ont fondu sur les perturbateurs du meeting qui, après une brève résistance, ont pris la poudre d’escampette. Quelques uns d’entre eux, récupérés par la masse, ont été copieusement passés à tabac. Impassibles au départ, des éléments de la police ont choisi ce moment pour intervenir et tirer les « Pomba » des griffes de la foule, dans un état piteux. Selon la radio Top Congo, deux d’entre eux seraient décédés de leurs blessures.

Des leaders de l’Opposition, surpris sur le podium, ont résolu eux aussi de battre en retraire, sous la protection de leurs militants.

«Le général Kanyama nous avait garanti, la veille de notre meeting, que toutes les dispositions étaient prises pour que tout se passe dans le calme », a rappelé un sociétaire de l’opposition.

Au terme de l’incident, plusieurs questions trottaient dans les esprits. Ces inciviques en petit nombre étaient-ils drogués pour tenter une action suicide contre des milliers des personnes ? Cet acte de provocation, à la veille des échéances électorales, est un mauvais signal pour la suite du processus électoral, voulu apaisé par les partenaires de la RDC.

Certains n’hésitent pas à dénoncer la faillite de l’Etat dans sa mission constitutionnelle de garantir les libertés publiques sans discrimination.

Pourquoi la police déployée pour encadrer le meeting a-t-elle laisser faire les « Pomba » ?

 Qui ont envoyé les enfants des autres servir Kamikazes pour satisfaire leurs intérêt politiques ? Toutes ces questions méritent d’être élucidées par une enquête judicaire au nom du caractère sacré de la vie humaine.

   Cet incident grave qui s’est déroulé  devant  la presse internationale ne peut que ternir l’image de la RDC auprès du monde libre.

Notons que ces « Pomba », qui avaient largement démontré leur capacité de nuisance aux élections de 2011, ne sont pas à leur premier forfait.

ERIC WEMBA