Des parlementaires congolais déclarent la guerre au paludisme

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Le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) et les Représentants de tous les Partenaires intervenant dans le secteur sanitaire ont favorablement accueilli, vendredi 22 avril dernier dans la salle des réunions de l’hôtel Sultani, la naissance du Réseau des Parlementaires Congolais contre le Paludisme (RPCP). C’était au cours d’un échange regroupant autour d’une même table le Médecin Directeur du PNLP, Dr Benjamin Atua Matindii, l’Administrateur national en charge du Paludisme à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Dr Mantshumba Bikete, le représentant de l’Initiative Présidentielle contre la Malaria (PMI) en RDC, Dr José Tchofa, le coordonateur du projet Santé Rurale (SANRU), Dr Albert Kalondji, Dr Joselyne du Fonds Mondial, Dr Djeny de PSI/ASF, le chef de l’unité de Revitalisation de l’UNICEF, Dr Alphonse Toko et celui chargé du Paludisme au sein du même organisme , Dr Jean-Bosco Hunute ainsi qu’une trentaine des députés congolais, malien et sénégalais. L’annonce a été faite peu avant la cérémonie de clôture des travaux du forum des parlementaires de l’Afrique de l’ouest et du centreengagés dans la lutte contre le paludisme.

CONVERGENCE DES VUES
L’on a, en effet, noté une convergence des vues dans les propos de différents partenaires impliqués dans la lutte contre la maladie en RDC et, particulièrement, dans ceux engagés dans le contrôle du paludisme. Ainsi, Dr Mantshumba de l’OMS s’est réjoui de la création du réseau des parlementaires congolais qui va se joindre à d’autres structures et organisations existantes pour mener à bien la lutte contre le paludisme en RDC. Il en est de même du Dr  Albert Kalondji de SANRU. Celui-ci a loué l’initiative de la création du réseau qu’il a considéré comme une grande opportunité pour son programme qui intervient non seulement dans 119 zones de santé mais aussi et surtout compte un volet  plaidoyer dans ses activités. Il a émis le vœu de voir ce réseau à l’œuvre pour l’aider dans le travail qu’il compte lancer. L’UNICEF est allée plus loin en prenant l’engagement  de mobiliser davantage des moyens pour soutenir le réseau. Pour cet organisme, en effet, c’est un sujet de satisfaction de voir les élus du peuple s’engager  sur la voie de la lutte contre le paludisme. Surtout en ce moment où la communauté internationale vient de mobiliser plus de 100 millions de dollars pour les campagnes de distribution de moustiquaires en RDC. Le représentant de PMI en RDC, Dr José Tchofa  a déclaré que son projet va soutenir les efforts du réseau et émis le vœu de voir les activités de ce dernier s’étendre à l’intérieur du pays au lieu de se limiter à Kinshasa. Il a cité, à cet effet, l’exemple de la Somalie où les enfants de moins de cinq ans sont pris en charge gratuitement en ce qui concerne les soins antipaludiques grâce à l’action des parlementaires.

Satisfait également de l’initiative des élus du peuple, le MD du PNLP a déclaré que le grand souci en RDC, c’est celui de la pérennisation de la lutte contre la malaria. Il a proposé entre autres solutions la détaxation des intrants de lutte antipaludiques à laquelle réfléchit son programme ; c’est-à-dire des mécanismes pour exempter des moustiquaires à longue durée d’action ainsi que d’autres intrants de lutte antipaludiques  des taxes et droits de douane dans les ports et aéroports de la RDC. Pour le MD du PNLP, ces droits et taxes freinent la RDC dans la lutte contre le paludisme. Un autre problème qu’il a soulevé est celui de l’existence de beaucoup de faux médicaments sur le marché congolais. Aussi, a-t-il conclu que l’arrivée du réseau des parlementaires dans la lutte contre le paludisme tombe à point nommé au regard du rôle que jouent ces derniers dans la prise des décisions et le vote des lois du pays.

Le satisfecit de la députée Ndombe

Après cet échange avec les partenaires est intervenue la cérémonie de clôture qui a été présidée par madame Ndombe Sita, Présidente de la Commission Socioculturelle de l’Assemblée Nationale. Dans son mot, elle a remercié et félicité les participants avant d’indiquer que ce forum a constitué un véritable moment de communication matérialisé par des échanges fructueux et  le partage d’expériences entre les organisateurs,  députés du Mali et du Sénégal ainsi que ses collègues du Parlement congolais et le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) dans Le processus de création d’un réseau des parlementaires contre la Malaria et la confection d’un plaidoyer de lutte antipaludique grâce à une approche participative et interactive. Elle est revenue sur les ravages de la malaria en RDC en signalant que les dernières estimations révèlent que notre pays enregistre annuellement 21 millions de cas de Paludisme, dont 1 million de femmes enceintes et comptabilise environ 180.000 morts imputables  à ce fléau, soit 1 mort toutes les 30 secondes. D’où, pour madame Ndombe Sita toute opération visant à combattre ou à protéger la population contre la Malaria ne peut qu’être salutaire en ce que ce fléau n’épargne aucun d’entre nous.

DES OBJECTIFS AMBITIEUX
Pour rappel, les parlementaires de l’Afrique occidentale et centrale se sont réunis à l’hôtel Sultani du 20 au 22 avril dernier pour suivre les enseignements et partager les expériences. Organisé par « Les Voix du Mali», un projet financé par la fondation Bill et Melinda Gates et rattaché à l’Université Johns Hopkins Bloomberg de Baltimore aux USA, ce forum a prolongé celui qui avait regroupé, du 13 au 15 juillet 2010 à Bamako au Mali, des parlementaires de vingt-six pays de l’Afrique occidentale et centrale dans le but d’impliquer les élus du peuple  dans la lutte contre le paludisme, d’amener ceux-ci à peser de leur poids pour aider leurs gouvernements respectifs à accroître les budgets alloués à la Santé afin d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

Au cours de travaux dudit atelier, les participants ont suivi des modules sur les principaux enjeux, défis et problèmes majeurs du paludisme en RDC, le leadership et le rôle des parlementaires dans la lutte contre la malaria, les expériences du Mali et du Sénégal dans cette lutte. Les élus du peuple ont également été édifiés sur le rôle qui les attend grâce aux enseignements portant sur les stratégies et les techniques de plaidoyer contre le paludisme, le plan d’élaboration du réseau des parlementaires ainsi que les défis liés à la mise en place d’un réseau des parlementaires contre le paludisme. C’est à l’issue de ces échanges que s’est constitué le réseau congolais des députés engagés dans la lutte contre le paludisme. Le bureau provisoire comprend huit membres dont les honorables  Ndombe Sita, Bosaga Sumaili, Alexis Takizala, Angèle Tabu,  Makusi,   Adèle Degbalase, Koko Igumba et Dr Mulongo. Ce réseau s’est fixé plusieurs objectifs notamment contribuer à accroître la part du secteur de la Santé dans le budget national, encourager les parlementaires à mieux contrôler l’exécution des dépenses nationales de Santé et sensibiliser les communautés à adopter les comportements sans paludisme. Il s’est également proposé des actions à mener sur terrain. Parmi celles-ci, assurer le suivi continu auprès du gouvernement et des partenaires en vue d’un accroissement progressif du budget de la santé jusqu’à l’atteinte des objectifs d’Abuja, renforcer les capacités des parlementaires sur le paludisme, agir au niveau de la commission économico-financière au moment de l’élaboration du projet de budget, créer un cadre d’échange entre les parlementaires de différents pays pour un partage d’expériences en matière de lutte contre le paludisme. Pour plus d’un, en effet, ces objectifs et ces actions sont nobles.

M. I.I

 

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