Des  « oubliées » de Masina font pleurer le public

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La pluie d’ hier mardi 12 mai 2015 n’a pas gâché la clôture de la 29ème édition des « Joucotej »  ou Journées congolaises de théâtre pour et par l’enfance et la jeunesse  qui ont eu lieu à l’Institut Français à Gombe. Le ministre Baudouin Banza empêché s’est fait représenter doublement  par le Secrétaire général à la Culture et Arts, Lutumba, et le directeur de cabinet de son collègue des Relations avec le Parlement. 

En sa qualité de président des Joucotej et de directeur artistique de la Compagnie des Intrigants, le député national honoraire Valentin Mitendo a salué chaleureusement ses hôtes car leur présence, a-t-il noté,  est la preuve éloquente que le travail abattu par les Intrigants contribue d’une certaine manière au développement du pays. Pendant sept jours, la cinquantaine d’écoles ( maternelles, primaires et secondaires) et centres d’accueil d’enfants en situation difficile ont rivalisé d’ardeur pour égayer les 5675 spectateurs enregistrés tout au long de la tenue du festival. Il a fait savoir  que la marionnette, puissant vecteur d’information, a été abondamment utilisée par les comédiens en herbe. La présence d’un grand nombre des filles ( plus de 2000) au rendez-vous de cette année est un autre élément  à épingler, a-t-il ajouté.  Il a loué  le geste du ministère de tutelle pour s’être impliqué à la distribution des boîtes de craie aux écoles ayant pris part aux Joucotej .

Le Secrétaire général à la Culture et Arts a  félicité les Intrigants pour avoir organisé la fête du théâtre pour enfants cette année et en a fait de même à l’endroit de leurs partenaires, des écoliers comédiens  pour avoir mis en exergue leurs talents.  Le ministère de tutelle qui s’est investi dans les Joucotej 2015  a réitéré son appui aux éditions futures. Il a redit l’engagement de  Banza à booster tout  le secteur culturel

            Les pensionnaires du centre Anuarite de Masina, une maison pour enfants en situation difficile,  ont fait pleurer officiels et autres personnes à travers la pièce « Kina »

 Orpheline de mère, Kina a vu son père se remarier avec une autre femme qui lui fait voir des vertes et des pas mûres. Cette marâtre  a pris  l’habitude  de l’accabler du travail et de lui interdire de jouer avec ses amies.  Une copine de sa marâtre a monté un stratagème pour chasser  Kina,  taxé d’enfant sorcier,  du toit familial. D’autres filles marginales ont eu pitié d’elle et l’ont adoptée. Tour à tour, elles ont raconté  leur calvaire. Une d’entre elles était promise à un bel avenir mais s’est arrêtée en cinquième secondaire,  car son père refusait de payer ses études. Une autre fille a préféré rejoindre la rue, fatiguée de manger trois jours sur sept. Le spectacle terminé, Mitendo a précisé que les récits de ces filles font  pleurer les gens. Elles ont voulu se défouler en jouant, a-t-il dit.

Le groupe «Tuma-Haut» a à travers une de ses pièces abordé  l’épineux problème du réchauffement climatique, l’enregistrement des nouveaux-nés et la distinction des mots  vers ( la direction) , vert ( couleur), ver(poésie), ver ( parasite) et verre (objet). En comédiens blanchis sous le harnais, les sociétaires de «Tuma-Haut» ont pu à la fois divertir, « instruire » le public. Les écoliers du CS docteur Lwemba, de  Kuku,  ont égayé  également l’assistance.

Appelé à donner ses impressions sur le festival pour enfants 2015,  Mitendo a dit qu’il a été une réussite totale.  Il a précisé que l’édition prochaine aura un caractère international.

Jean- Pierre Nkutu