Des opérateurs économiques avaient acheté des FC pour 18 millions de dollars au taux de 906 FC le dollar

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 A la clôture de la journée du dimanche 29 juillet dernier, le marché financier a connu dans la ville de Kinshasa, une certaine fébrilité. En cette seule journée, comme il faudrait le rappeler, le FC a connu une légère appréciation par rapport au dollar. En effet, le dollar qui s’échangeait le matin, à 920 FC, ne pouvait être acquis le soir qu’à 912 FC. Le franc congolais était subitement devenu rare sur le marché. Dans les milieux économiques, ce fut la panique pour ceux qui détenaient de fortes économies en devises et avaient grandement besoin des Francs congolais pour d’importantes transactions financières. Tout le monde cherchait à savoir ce qui se passait sans trouver des justifications exactes, et supputait sur ce qui allait se produire avant le début du mois d’août.

 Les services techniques de la BCC qui suivaient la situation de près, ont tôt fait de trouver l’explication de ce phénomène. Le gouverneur de la BCC Jean-Claude Masangu, à qui la question a été posée, à l’issue de la 7 ème réunion du Comité de politique monétaire qui s’est tenue mardi dernier à la BCC, a indiqué sur base des rapports de ses services techniques, qu’il y a eu plusieurs opérations d’achat des Francs congolais initiées par les opérateurs économiques pour un montant de 18 millions de dollars au taux de 906 FC le dollar. C’était, ont compris plus tard les responsables de l’Institut d’émission, pour payer l’acompte prévisionnel des impôts, afin de ne pas dépasser la date butoir fixée par la DGI, sous peine de payer des pénalités.
 Pour Jean-Claude Masangu, il n’y avait pas à s’inquiéter outre mesure. L’année passée, a-t-il rappelé, on a enregistré au mois de novembre, une situation similaire. C’était lors de la campagne électorale. Les opérateurs politiques devant battre campagne à l’intérieur du pays, avaient échangé des sommes importantes de devises pour acquérir des Francs congolais. Ces achats avaient fortement secoué le marché financier avec l’appréciation du Franc congolais. Heureusement, la situation a été vite stabilisée par la Banque centrale du Congo dans le cadre de sa politique monétaire.


 Au cours de cette réunion du Comité de politique monétaire, après l’analyse de l’évolution de la conjoncture économique au 27 juillet et des perspectives, cette instance a pris une décision importante, à savoir la baisse du taux directeur de la BCC qui passe de 9,5 % à 7,5 %, tandis que le coefficient de réserve obligatoire reste maintenu à 7 % et la régulation de la liquidité devra se poursuivre via les fourchettes d’appels d’offres des billets de trésorerie.
 Cette mesure a été prise, au regard de la stabilité du cadre macro-économique, du comportement des facteurs de la liquidité bancaire, et surtout des objectifs de la politique monétaire demeurés en deçà de leurs cibles avec des marges confortables. Autre indicateur, l’accalmie enregistrée sur les principaux segments des marchés dont l’indice des prix est resté stable à la quatrième semaine de juillet 2012. Le rythme hebdomadaire de formation des prix s’est situé à 0,025 %, et en annualisé, à 4,2 %.
 C’est au niveau du marché de change, qu’il faudrait relever aussi la stabilité avec une tendance à l’appréciation comparativement aux évolutions observées par la Banque centrale du Congo, au 23 juillet 2012. Le patron de l’Institut d’émission a noté que ces appréciations de 0,8 % et 0,2 % ont été observées respectivement sur les marchés interbancaire et libre. Il a fait remarquer d’autre part que sur le marché parallèle, la stabilité a été parfaite. Ainsi, le taux de change s’est situé à 912,98 FC à l’interbancaire, 922,59 FC sur le marché libre, et 927 FC au parallèle.


 Pour lui, l’encours des BTR poursuit son recul à la faveur du maintien de la stabilité du cadre macro-économique. En effet, au 25 juillet, a-t-il fait savoir, l’encours global s’est établi à 61,9 milliards de FC, au taux moyen pondéré de 8,77 %, dégageant une injection de 53 milliards de FC par rapport à décembre 2011.
 Un coup d’œil sur le comportement des facteurs de la liquidité bancaire, il a noté qu’en réaction à la ponction de 147 milliards de FC réalisée via les facteurs autonomes, les facteurs institutionnels ont permis d’injecter 47 milliards de FC provenant essentiellement, a-t-il fait observer, du BTR pour 53 milliards de FC, alors que la réserve obligatoire a opéré une ponction de 13 milliards de FC.
 Sur le plan international, les membres du Comité de politique monétaire se sont intéressés aux perspectives de l’économie mondiale élaborées par le FMI et mises à jour, le 16 juillet. Ces perspectives indiquent que la reprise de l’économie mondiale qui n’était pas vigoureuse, a de nouveau montré des signes de fragilité en raison de l’incertitude croissante liée à la crise de la dette dans la zone Euro. Ainsi le FMI a révisé à la baisse, la croissance mondiale qui s’établirait à 3,5 % contre 3,6 % annoncée en avril 2012.
 Une petite lueur d’espoir pour l’Afrique dans cette conjoncture, est apparue avec la promesse faite par la Chine qui prévoit d’accroître ses prêts en faveur des projets d’infrastructures, ainsi que dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie et du développement de petites et moyennes entreprises.
                                                                                                           
J.R.T.

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