Des ONGH disent non à Luzolo

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« Le Collectif des Ongs de défense des droits de l’Homme de la République Démocratique du Congo » donne sa position par rapport à sa participation à « I’Entité de liaison des droits de l’homme en République Démocratique du Congo » dont le lancement avait eu lieu samedi 17 avrll2OlO, par le Vice-premier ministre et ministre des Postes, Téléphones et Télécommunications, Simon Bulupiy Galati.

Profitant de l’ouverture des travaux de cette Entité de liaison qui s’ouvrent ce mercredi 20 avril 2011 au Centre Catholique Nganda de Kinshasa, le Collectif des Ongs de défense des droits de l’Homme de la RD Congo donne sa position par rapport aux éléments suivants :

1. Suspension de la participation des ONGDH à l’Entité de liaison des droits de l’Homme de la RD Congo

Le Collectif des ONDH de la RD Congo réitère sa suspension de participer aux activités de l’Entité de liaison des droits de l’homme. Cette décision demeure maintenue aussi longtemps que les revendications des ONGDH qui ont justifié cette suspension n’auront pas trouvé des réponses appropriées de la part du Gouvernement de la République Démocratique du Congo.

Pour rappel, en date du 11 juin 2010, «  le Collectif des Ongs de défense des droits de l’Homme de la RD Congo », réuni en assemblée plénière à Kinshasa, avait exigé ce qui suit:
– la mise sur pied d’une enquête internationale indépendante pouvant donner toute la lumière sur le double crime d’assassinat à Kinshasa des défenseurs des droits de l’homme Floribert CHEBEYA BAHIZIRE et de Fidèle BAZANA dans la nuit du 1er au 2 juin 2010 et la mise en accusation de tous les suspects impliqués dans cette affaire pour lesquelles des plaintes ont été déposées en bonne et due forme, et
– des mesures concrètes visant la protection des défenseurs des droits de l’homme, y compris les journalistes dans l’accomplissement de leurs missions.

L’on peut noter que jusqu’aujourd’hui, quelques personnes présumées impliquées dans ce double assassinat courent encore librement la rue en RD Congo et la plainte déposée par la veuve Floribert CHEBEYA BAHIZIRE à l’Auditorat Général de la République contre l’lnspecteur Divisionnaire Principal de la Police Nationale Congolaise, le Général John NUMBI NTAMBO, n’a jamais fait l’objet d’une instruction. Alors que ce dernier est considéré jusqu’à preuve du contraire comme étant le premier suspect de ce crime d’Etat contre les deux Défenseurs des droits de l’homme précités.

Aussi, en ce qui concerne la sécurité des Défenseurs des droits de l’homme en République Démocratique du Congo, cette question n’a jamais fait l’objet de la préoccupation ni du gouvernement de la République ni de cette « Entité de liaison ».
Entre temps les défenseurs des droits de l’homme, les journalistes et les syndicalistes sont constamment victimes d’une persécution sans précédent de la part des forces de sécurité de la République en toute impunité malgré des plaintes déposées en bonne et due forme auprès des juridictions compétentes.

2. De la composition et du fonctionnement « Entité de liaison 2 »

La composition légale de cette « Entité de liaison » est différente de celle factuelle. Pour preuve, des délégations des organisations non prévues dans les textes organisant cette structure siègent toujours au sein de cette « Entité de liaison sans en avoir qualité ni titre, servant ainsi de tremplin pour des délégués attitrés.  Et puis, il y a un déséquilibre criant dans la composition de cette « Entité de liaison » par rapport à ses membres. Les ONGDH du pays sont représentées par trois délégués seulement sur vingt-cinq membres qui composent l’ »Entité de liaison », et ces trois délégués n’ont pas été désignés par leurs pairs mais ont été cooptés par le Ministre de la Justice et Droits humains.

Quant au fonctionnement de cette « Entité de liaison », il n’existe pas jusqu’à ce jour de texte réglementant son fonctionnement, notamment en précisant les attributions de chaque partie. Des membres du gouvernement de la République, pourtant prévus dans le texte créant cette << Entité de liaison >, n’ont jamais pris part aux assemblées de cette structure. En plus, l’ordre du jour de ces assemblées n’a jamais fait l’objet de concertation entre le ministère de la Justice et Droits humains et les autres membres de cette structure.

DECISIONS

Au regard de tout ce qui précède, Le Collectif des Ongs de défense des droits de l’Homme de la République  Démocratique du Congo réitère ses précédentes revendications auprès du gouvernement de la République et qui conditionnent sa participation à l’ »Entité de liaison »:
– la mise sur pied d’une enquête internationale indépendante pouvant donner toute la lumière sur les circonstances de ce double crime d’assassinat à Kinshasa de Floribert CHEBEYA BAHIZIRE et de Fidèle BAZANA dans la nuit du 1er au 2 juin 2010 et la mise accusation des tous les suspects dans cette affaire pour lesquelles des plaintes ont été déposées en bonne et due forme,
– des mesures concrètes visant la protection des défenseurs des droits de l’homme, y compris les journalistes dans l’accomplissement de leurs missions,
– la prise en compte de ses observations quant fonctionnement de l’« Entité de liaison des droits de l’homme en République Démocratique du Congo ».

Fait à Kinshasa, le 20 avril 2011

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