Des ONG congolaises soutiennent le rapport de l’ONU

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Environ 250 ONG de défense des droits de l’homme soulignent, dans un communiqué commun daté du vendredi 03 septembre, avoir accueilli avec une « grande satisfaction » l’annonce de la publication du rapport des Nations unies détaillant « les plus graves violations des droits humains et du droit international humanitaire commises sur l’étendue du territoire de la RDC entre 1999 et 2003». Ces Ong, dont plusieurs ont collaboré avec l’équipe d’enquête des Nations unies, ont salué « le sérieux avec lequel ces enquêtes ont été menées et le professionnalisme qui a guidé la méthodologie des investigations du Projet Mapping ». 

            Elles ont, à l’occasion, invité le gouvernement congolais et ceux des pays de la région concernés par les faits allégués dans le rapport, en particulier le Rwanda, l’Ouganda, l’Angola et le Burundi, à « saisir cette opportunité pour reconnaître les souffrances et l’injustice imposées à la grande majorité de la population congolaise et d’autres victimes des actes criminels et des violations massives des droits humains détaillés dans ledit rapport ».

         « Nous pensons qu’il soit important de donner justice aux victimes enfouies dans les nombreuses fosses communes découvertes par les enquêteurs de l’ONU dans différentes provinces dont Maniema, Sud-Kivu, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Province Orientale et l’Equateur ; ces victimes semblent avoir été visées non pas pour ce qu’elles auraient fait, mais pour ce qu’elles étaient : des personnes appartenant à la communauté Hutu rwandaise ou congolaise », déclare Dismas Kitenge, directeur exécutif du Groupe Lotus basé à Kisangani. 

Révolte des ONG 

         Les Ong sont également révoltées par le traumatisme collectif qui continue à gangrener les survivants de l’épuration ethnique pratiquée au début des années 1990 dans la province du Katanga et considèrent que la publication de ce rapport constitue une opportunité de faire enfin la lumière sur cette page parmi les plus honteuse de l’histoire de la RDC et de faire justice aux victimes.

         « L’endossement de ce rapport très détaillé (…) est justifié du fait qu’en plus de corroborer beaucoup de nos propres enquêtes, il répond à notre plaidoyer fait pendant longtemps pour le rétablissement de l’équilibre moral dans la société congolaise sur la base des idéaux nobles de justice, d’équité, de paix, de fraternité et de solidarité nationale tels que définis dans la constitution (…), en faveur de et tout Congolais et tout être humain vivant en RDC », a pour sa part souligné Georges Kapiamba, vice-président de l’Asadho, une Ong basée à Kinshasa. Idem pour l’Action contre l’impunité pour les droits humains (Acidh). Son directeur exécutif, Emmanuel Umpula, a estimé que « l’endossement de ce rapport de l’ONU permettra à la RDC de développer ses propres mécanismes de réconciliation nationale et des poursuites judiciaires contre des auteurs des crimes graves ainsi identifiés, en particulier contre ceux des auteurs qui continuent à abuser des positions politiques au sein de l’Etat congolais ».

         Au chapitre des recommandations, elles ont plaidé pour de nouvelles politiques générales de justice qui s’appuyeraient sur la création des mécanismes divers et complémentaires, judiciaires et non judiciaires ; des mesures d’assainissement d’institutions publiques qui écarteraient de la gestion aux fins des poursuites des personnalités comme Général Bosco Ntaganda et John Numbi accusés des graves atteintes ou attaques contre des défenseurs des droits de l’homme ; des mécanismes appropriés pour assurer la justice et faire la lumière sur les crimes et violations massives des droits humains dénoncés dans le rapport, et d’un mécanisme régional de réconciliation des peuples des pays des Grands Lacs africains.                

D-I.K

 

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