Des officiers supérieurs congolais formés dans les enquêtes criminelles

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Hier matin, dans la commune de Ngaliema, une jeune dame identifiée comme personnel militaire féminin a été trouvée morte dans sa chambre, avec une blessure probablement causée par un couteau sur la poitrine. Au salon et dehors de la pièce, quelques traces de sang traînaient par-ci par-là et des empreintes palmaires étaient encore perceptibles sur le lieu du crime. Devant ce crime, les officiers militaires chargés des enquêtes criminelles provenant de onze provinces de la RDC, et en formation au Centre supérieur militaire à Kinshasa, avaient pour tâches spécifiques de dresser le croquis du lieu, de photographier le bâtiment tant de l’intérieur que de l’extérieur, la position de la victime, de prélever les évidences considérées comme des preuves dont notamment les empreintes digitales sur le corps, le verre trouvé sur la table de chevet et les mèches de cheveux.

 

Lors de cette enquête criminelle effectuée comme exercice pratique, sous la supervision des instructeurs du NCIS, le célèbre Service d’enquête criminelle de la marine américaine, dont l’agent spécial James Lofstrom, et de l’Institut de la défense pour les études juridiques internationales, le DIILS, les officiers militaires congolais ont dévoilé les connaissances théoriques apprises en deux modules depuis le 15 juin 2010. Pour le premier, on leur a dispensé comme matières : la collecte des preuves et les techniques d’interrogatoire. Pour le second module, il s’est agi de la sécurisation et de l’examen de différentes scènes du crime. Et le troisième module aura pour enseignements, l’anthropologie médico-légale et l’examen des sites contenant des charniers. 

 Depuis 2007, un programme varié de formation pour officiers militaires congolais

Cette formation des officiers supérieurs congolais dans le domaine des enquêtes criminelles, comme il faudrait le souligner, entre dans le cadre du programme de renforcement des capacités destiné aux formateurs des formateurs, élaboré en partenariat par le DIILS, une structure qui travaille avec le ministère américain de la Défense, avec la justice militaire congolaise, conformément aux besoins de formation exprimés par les autorités du ministère congolais de la Défense. Et avec l’appui de la section «  Etat de droit » de la Mission des Nations Unies en RDC.

Pour le capitaine de vaisseau Vincent Matanoski, le DIILS qui opère au Congo depuis 2008, est une organisation de formation faisant partie de l’Agence de coopération et de sécurité de la défense des Etats-Unis et qui travaille en étroite collaboration avec les autorités congolaises. Elle dispense des cours dans le monde entier, et compte lancer en RDC, un nouveau programme de formation des formateurs pour les officiers supérieurs planificateurs des opérations militaires et leurs conseillers juridiques.

C’est depuis 2007 que les programmes de formation élaborés par le DIILS ont démarré dans notre pays dans les domaines des enquêtes judiciaires et des violences sexuelles et ciblaient les  magistrats, des juges et des inspecteurs de police judiciaire de la justice militaire congolaise. Aujourd’hui, on compte plus au moins 2.000 officiers congolais issus de cette formation.

Parallèlement à ce programme, plusieurs autres officiers supérieurs militaires congolais sont en mission de formation aux Etats-Unis où ils assistent à un programme spécial de trois mois sur le développement du droit militaire, en compagnie des officiers d’autres pays du monde. Outre des visites et des entretiens, ils partagent leurs points de vue avec des ressortissants d’autres pays sur le système du droit international.

A l’issue de la formation des formateurs prévue pour le 25 juin prochain, et sanctionnée par la remise des brevets de participation, les officiers supérieurs vont regagner leurs régions militaires avec un grand bagage intellectuel pour former les investigateurs de l’intérieur du pays. Ils sont outillés pour mener des enquêtes criminelles et retrouver les auteurs des crimes. L’on croit savoir que le ministère de la Défense se chargera certainement d’organiser d’autres programmes de formation.

  Elucider les affaires criminelles et lutter contre l’impunité 

Beaucoup des crimes étaient commis dans notre pays, dont des crimes de sang et des violences sexuelles, sans que les auteurs soient identifiés et sanctionnés conformément aux lois congolaises. C’est donc pour lutter contre l’impunité que ces différents programmes de formation ciblent le renforcement des capacités des officiers et le respect du droit dans les conflits armés.

On ne peut que se réjouir de constater que les apprenants ont pu développer leurs aptitudes analytiques de gestion des scènes du crime.

                                   J.R.T.

 

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