Des officiers à la tête de la bande de malfaiteurs

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Les agents de l’agence de Trust Merchant Bank de l’avenue Equateur de la commune de la Gombe, ont été surpris d’accueillir la visite, la semaine dernière, des policiers du commissariat provincial de la police ville de Kinshasa. C’était plus de deux semaines après l’enquête qu’ils menaient sur le braquage commis, comme il faudrait le rappeler, le 21 mars 2012, vers 8 H. A cette occasion, ils ont apporté le matériel de la police scientifique leur permettant de dresser le croquis des lieux, de photographier les guichets visités et d’entendre les différents témoignages des victimes.

La semaine dernière en effet, les enquêteurs du Bataillon de la police d’investigations criminelles ont débarqué à l’agence TMB avec un groupe de malfrats. Cette fois, c’était dans le cadre de la séance de reconstitution qui permet aux limiers de déterminer avec précision, le rôle que chaque membre de la bande a joué dans le braquage qu’ils avaient commis le 21 mars 2012, vers 8 H, alors que cette agence venait à peine d’ouvrir ses portes et que les travailleurs s’installaient à leurs différents postes de service, avant d’ouvrir les guichets pour la clientèle.

Le chef de bande, un officier militaire, a disposé ses hommes aux différentes positions, depuis leur descente de leur voiture jusque dans les bureaux et la caisse. A bord du véhicule, le chauffeur Gailord Siene Mavinga, domicilié sur avenue Kwamouth n°31, quartier Makelele, commune de Kintambo, moteur toujours en marche, attendait l’ordre de démarrer si l’opération était terminée, ou si les choses capotaient. Il devait aller garer plus loin pour embarquer ceux qui parviendraient à s’échapper.
Le soldat Nyembo Tshisau, debout à l’entrée, arme aux points, assurait la couverture de l’opération. Prêt à tirer sur tout ce qui bougeait, il avait reçu l’ordre de ne laisser entrer personne, de peur de faire rater le coup.

A l’intérieur de l’agence, le capitaine David Mbuyi Ilunga et le caporal Mulangu, tous deux cagoulés et également armes au poings, ordonnaient aux travailleurs d’indiquer où étaient entreposés les fonds en devises étrangères et en monnaie locale.
Dans la caisse centrale, ces malfaiteurs avaient emporté des sacs contenant 153.000 dollars, 24.000 Euros et un montant non déterminé en francs congolais. Ce braquage était de l’avis des responsables du comité professionnel des banques et du point de vue de la hauteur du butin, le plus important enregistré dans les agences des banques ouvertes dans plusieurs communes et quartiers de la ville de Kinshasa, avec la nouvelle vague de la bancarisation de l’économie congolaise.

Après ce braquage qui n’avait donné lieu à aucun coup de feu, avaient rapporté plus tard les piétons de passage dans les environs sans se rendre compte qu’un vol était en train de se commettre, les malfrats se sont dirigés vers le lieu du partage du butin.
Le chef de bande et initiateur de ce braquage que l’on ignorait jusque-là, a été maintes fois cité par ses acolytes, au point qu’il sera interpellé par le Bataillon de la police d’investigations criminelles.
Si ce mystérieux personnage n’avait pas planifié ce vol, ont laissé entendre certains observateurs, peut-être que l’agence TMB ne serait pas délestée de ses fonds en devises étrangères.

Jean-Pierre Bakajika, c’est son nom, a été soumis à un interrogatoire serré, mais l’homme a nié son implication dans le cambriolage de l’agence de Trust Merchant Bank. Pourtant, ses acolytes le citent comme le chef d’orchestre de ce braquage, celui-là même qui avait procédé au partage du butin en se réservant la part du lion.
C’est donc à cause des présomptions graves et concordantes qu’il est gardé en détention, en attendant que les enquêteurs puissent enrichir son dossier judiciaire avec d’autres braquages perpétrés dans la ville de Kinshasa.

J.R.T.

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