Des notables Ne Kongo tirent la sonnette d’alarme

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Face au blocage de plus de 40 navires, depuis plus d’un mois, au niveau du bief maritime du fleuve Congo entre les ports de Boma et de Matadi, des notables du Bas-Congo ont élevé la voix pour alerter sur la situation explosive qui couve dans cette partie du pays. Au cours d’un entretien avec une brochette de journalistes le samedi 21 mars 2015 dans un restaurant de Bandalungwa, ceux-ci ont vivement recommandé que des décisions urgentes soient prises pour prévenir des manifestations de violence. «Nous sollicitons le gouvernement central pour décanter la situation car les activités sont paralysées à Boma…», ont-ils indiqué.

Ils ont rappelé qu’en date du mercredi 18 mars 2015 sur Radio Okapi, un armateur a attribué cette situation au sable et au niveau bas des eaux qui constituent des obstacles à la navigation des bateaux.  A ce jour, les importateurs sont obligés de payer des frais supplémentaires aux armateurs pour qu’ils les aident à dédouaner leurs marchandises bloquées dans les bateaux qui n’arrivent pas à atteindre les ports.
La situation risque de perdurer aussi longtemps que la Congolaise des Voies Maritimes (CVM), entreprise publique qui gère ce secteur, dispose d’une seule drague qui est actuellement en panne. Somme toute, ils accusent le comité Yengo d’inactivité face à cette situation prévisible, mais superbement négligée, oubliant que le port de Boma est ce que la Gecamines est pour le Katanga.
Du côté du port de Pointe-Noire, au Congo Brazzaville, soutiennent-ils, la solution n’est pas envisageable dans l’immédiat car le terminal réservé aux conteneurs destinés aux ports de Matadi et Boma, est également engorgé.
Le port de Matadi n’offre pas non plus de solution dans l’immédiat. Il est également engorgé depuis que la Société Congolaise des Transports et Ports (SCTP), ex-Onatra, ne dispose plus d’engins de manutention.
Les importateurs redoutent que cette situation ne provoque la flambée des prix de certains produits sur le marché.
Il convient de rappeler que cette situation intervient une semaine après la levée d’une grève de deux jours des déclarants en douane du Bas-Congo. Par ce mouvement dénommé «Journées sans déclaration», ils protestaient contre le «dysfonctionnement du guichet unique».

T.B.