Des maraîchers outillés sur la gestion des coopératives agricoles

0
116

L’Union des Coopératives Agricoles de Kinshasa « UCOOPAKIN », en partenariat avec l’Oxfam Québec a organisé du 23 au 24 février 2012 à l’espace Béthanie à Masina un séminaire de mise à niveau  des animateurs des coopératives agricoles.  Et avec comme animateurs :  Yolande Bujold, conseillère en suivi, évaluation et apprentissage à l’Oxfam Québec et Ilunga Nsumbu, consultant à l’Antenne de Formation à Distance « AFAD »  Le ministère du Développement Rural  était représenté  à Masina  par le chargé des Enquêtes Socio économiques, Jean-Claude Lobela. Etaient présents à Béthanie :  les délégués des coopératives de Tshuenge ( Masina), de Kinkole/ Bahumbu  et ceux de coopérative agricole paysanne ( CAP )

Les « cours » axés sur deux principaux modules ont porté sur  : l’identité,  les caractéristiques, le processus de création et l’administration d’une coopérative  agricole, la culture de l’épargne  mais aussi l’évaluation d’un projet.
On retiendra des propos d’Ilunga  qu’une coopérative est une association autonome des personnes qui ont  volontairement décidé de satisfaire leurs besoins communs en créant une entreprise dont la propriété est collective.
Son fonctionnement est guidé par les principes suivants :  la solidarité, la prise en charge et la responsabilité personnelle et mutuelle, l’équité…
Le mouvement coopératif a vu le jour en Allemagne à la fin du 19 ème siècle. Ceci  suite aux injustices dont étaient victimes les ouvriers.  Les congolais ont commencé à l’expérimenter quelques décennies plus tard. La formulation des principes de gestion des coopératives est intervenue à Manchester en 1995 lors du congrès de l’Alliance Coopérative Internationale « ACI ».

C’est à travers les relations qui lient les « coopérateurs » entre eux  et celles qui existent entre  association et entreprise que résident les caractéristiques fondamentales d’une coopérative. Il s’agit de la participation à la propriété, au  pouvoir, aux résultats, de la notion du propriétaire usager. En somme, il y a la dualité entreprise – association.
Les organes d’une coopérative sont : l’Assemblée générale ou instance suprême, le conseil d’administration censé conduire la politique générale de l’établissement, le conseil de surveillance perçu comme l’œil de l’assemblée générale. La gestion au quotidien est assurée par un gérant  nommé par le conseil d’administration.

Honnêteté

Très actifs tout au long des « cours », les séminaristes ont soulevé le problème des textes officiels sur les coopératives. Lobela a alors pris la parole pour dire que le ministère de tutelle a retouché les lois coloniales en la matière. La nouvelle loi  en gestation depuis 2009 sera promulguée d’ici peu.
Reprenant la parole, Ilunga Nsumbu a lancé cette boutade aux « apprenants » : Si vous comptez vous enrichir, n’adhérez pas à une coopérative.
Il a demandé aux gestionnaires d’être honnêtes envers eux-mêmes et les autres. En cas de crise, les protagonistes peuvent être tentés de recourir à la justice. Qui demande à ces personnes de consulter leurs textes.
« Le mouvement coopératif prendra de l’élan si la base s’y implique réellement », a-t-il souligné.

Vision réaliste

Quant à l’épargne, Ilunga l’a définie comme une mise en réserve d’une fraction du revenu individuel  non affectée à la consommation.
Une coopérative ne peut prêter que ce qu’elle a dans la caisse.  En clair, il faut obligatoirement obtenir d’une partie  de ses membres un nombre de dépôts et d’épargne qui permet de satisfaire les demandes d’emprunt. Il a parlé aussi   des crédits à la production et à la consommation, des calculs de taux d’intérêt…..
Quant au taux à fixer pour les prêts, il a fait remarquer que les banquiers le plafonnent à 6 % par mois. Pour les coopératives, on doit se demander ce qu’on veut faire et les moyens dont on dispose pour se prononcer clairement sur ce point. 3 % semble être le seuil à ne pas dépasser, a-t-il souligné.

De son côté, Yolande Bujold s’est appesantie sur la manière d’évaluer un projet. Le processus censé être mis en place pour parvenir à de bons résultats est celui-ci : planification, Suivi, Evaluation et apprentissage « PSEA ». On ne peut parler du PSEA sans faire allusion aux compétences, aux attitudes des évaluateurs.
En ce qui concerne l’évaluation proprement dite, la Canadienne Bujold a énuméré les étapes à parcourir. A savoir la définition du  travail à accomplir,  l’élaboration des indicateurs de réussite et de leurs mesures, la collecte des données d’évaluation, l’analyse et interprétation des données et enfin l’utilisation des résultats.
Et comme critères pour choisir de bons indicateurs, elle a épinglé la validité, la fiabilité, l’éthique, la disponibilité, les exigences des bailleurs des fonds.

Le séminaire terminé, Robert Tshangu, président du conseil d’administration de l’UCOOPAKIN a remercié les deux intervenants pour avoir enrichi leurs connaissances sur l’administration et le gestion des coopératives. Mais aussi pour leur avoir expliqué comment évaluer un quelconque projet. Il a demandé aux séminaristes de constituer de comités d’évaluation  et de planification stratégique dans le délai. Lesquelles commissions vont travailler avec Yolande Bujold. Il a expliqué à notre intention que cela se rapporte au projet initié par l’UCOOPAKIN et est arrivé à terme.                     

Massala

LEAVE A REPLY

*