Des «Kuluna» sont revenus punir une famille à Masina

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kuluna_0Dans les annales de la criminalité de la ville de Kinshasa, les «Kuluna» reviennent rarement à la charge contre leurs victimes, après avoir été appréhendés, jugés, condamnés et purgé leurs peines à la Prison Centrale de Makala. Une bande des marginaux de la pire espèce,  lundi 10 août 2015, dans la commune de Masina. C’était sur l’avenue Bandundu n° 41, au quartier 2. A cette adresse, Jean Bekombe et toute sa famille roupillaient paisiblement, quand des coups de pierre et des barres de fer sur la porte d’entrée de leur maison, les ont brutalement réveillés à 3 heures du matin. Dehors, malgré le froid glacial de la nuit, une meute des marginaux armée des machettes s’activait.

Debout à cette heure-là pour s’enquérir de la situation, les Bekombe ont été surpris de trouver au salon, des membres d’une bande des Kuluna dont ils n’ont pas pu relever le nombre exact. Ils étaient environ une dizaine, ou une douzaine, à faire irruption dans cette maison. On ne sait pas combien étaient postés dehors pour faire le guet, et combien entouraient la maison pour empêcher que personne ne s’en échappe, ni n’entre.

            Selon des voisins de la famille victime, ces délinquants se sont présentés comme en mission de représailles, au motif que Jean Bekombe ne doit pas oublier que c’est sur base de sa dénonciation que ces malfrats avaient été appréhendés en son temps, par la police. Ce rappel s’est déroulé au salon, pendant que Jean Bekombe tentait de s’en défendre. Il ne se souvenait plus avoir fourni des informations à la police, concernant une bande des malfaiteurs.

            Que pouvait-il faire pour calmer ces marginaux ? Les yeux rouges de rage, ces délinquants ont indiqué qu’ils étaient venus se venger pour leur emprisonnement. Et avant de faire main basse sur ses biens précieux comme une importante somme d’argent en monnaie locale et en devises, ces délinquants ont amputé les deux bras de M. Jean Bekombe, et ceux de son épouse, née Mme Brigitte. Et comme les pleurs des victimes ne suscitaient pas leur compassion, ils ont administré un coup de machette sur la tête de leur garçon, Beluke Neuville, âgé de 18 ans. Ces représailles ont été bouclées par le vol des appareils électro-ménagers des victimes.

            Après le départ des Kuluna, les voisins ont trouvé une famille ensanglantée, portant des blessures béantes et à laquelle ils ont immédiatement porté secours. Jean Bekombe, son épouse Brigitte et leur fils Neuville Beluke, 18 ans, seront acheminés dans un hôpital de la place où ils ont été pris en charge.

            A en croire un habitant du quartier 2 de Masina, ces représailles de Kuluna ont ravivé la haine de la population contre les marginaux qui ont repris du poil de la bête dans cette partie de la ville de Kinshasa. Et il est fort à craindre que la contagion de la justice de la rue enregistrée la semaine dernière au quartier 13 dans la commune de Ndjili, n’atteigne Masina.

            En effet, une bande des marginaux dont le palmarès des forfaits a excédé les habitants du quartier 13, a marqué le week-end dernier, par une série d’extorsions et de vols à main armée. Ne se doutant de rien, elle a poursuivi son opération en visitant plusieurs domiciles où ses membres ont emporté plusieurs effets de valeur. Et quand des cris d’appel au secours ont déchiré le silence de la nuit, des jeunes sont sortis de leurs maisons en lançant une chasse à l’homme.

            La plupart des malfaiteurs sont parvenus à s’évanouir dans la nature. Un retardataire qui trainaillait caché derrière un mur, a été cueilli. Sur le champ, il a été reconnu par ses centaines de victimes, comme la terreur du quartier. L’homme qui sème la désolation et qui n’éprouve pas de pitié pour  ses voisins de la rue. Il sera jugé par les badauds. Sanction décidée par la foule, supplice du collier. Une voix assez forte avait proposé que le délinquant soit mis à mort, pour ne plus lui donner la chance de rééditer ses sinistres exploits.

            L’incivique a été brûlé vif devant une foule jurant d’infliger le même sort à ses comparses qui en avaient échappé belle. Ce message de colère a été lancé à d’autres malfaiteurs qui au lieu de se livrer aux activités lucratives recommandables, continuent à agresser de paisibles citoyens et à les dépouiller de leurs biens.

De Ndjili, nous apprenons que depuis cet incident malheureux, les habitants dorment mains et poings liés, ne se souciant de rien.  Aujourd’hui, les nuits du quartier 13 sont redevenues calmes.

                                                                                                                J.R.T.