Des « Kuluna » attaquent deux familles, une église et une école

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KulunaJPGDans la nuit de mardi à mercredi 16 décembre 2015, une bande de marginaux, armés de machettes, couteaux, marteaux, moëllons… a semé la panique au quartier Kingasani/Pascal, entre 1 et 3 h du matin. Ces « Kuluna », comme on les appelle à Kinshasa, se sont attaqués à la famille du pasteur Jean-Marie Mvuezolo de l’église Arche d’Alliance, sur l’avenue Moba au numéro 69/A.  A cette adresse, l’intéressé et toute sa famille roupillaient paisiblement, quand des coups de pierres et des barres de fer sur la porte d’entrée de leur maison, les ont brutalement réveillés. Dehors, malgré une pluie battante, une meute des marginaux armée jusqu’aux dents s’activait.

Selon son témoignage, ces bandits ont commencé par couper les fils barbelés surplombant la clôture, pour finalement accéder dans la parcelle. A l’intérieur, ils ont tenté de casser la porte principale, pendant au moins une heure, sans y parvenir.

Etant donné que l’accès à la maison était impossible, ils ont menacé de brûler la voiture du pasteur pour l’obliger de sortir. Et là encore, celui-ci a refusé de céder à leurs intimidations. Finalement, l’un des assaillants a enlevé le bouchon du réservoir du véhicule mais s’est rendu compte, par après, qu’il n’avait pas d’allumettes en sa possession. Il s’est retourné vers ses amis mais personne n’avait d’allumettes.

Entre-temps les voisins immédiats, de leur côté, réveillés par des cris d’alarme lancés par le pasteur et sa famille, ont voulu par curiosité jeter un coup d’œil à l’extérieur pour s’enquérir de la situation. Curieusement, ils ont constaté que leurs portails ne s’ouvraient pas, malgré le fait qu’ils avaient descendu les crochets et enlevé les cadenas. C’est alors qu’un des jeunes d’une des parcelles voisines a escaladé leur mur et constaté que les portails de tout un chacun étaient ficelés de l’extérieur, par des fils de nylon, afin de bloquer toute tentative de secours au pauvre pasteur. C’est ce jeune homme qui a déficelé les portails des autres parcelles et permis aux voisins de sortir en masse et de faire un tintamarre avec leurs sifflets.

            Se rendant compte, après une heure de menace, que les voisins s’apprêtaient à contre-attaquer, ces malfaiteurs se sont arrangés pour quitter le lieu discrètement avant l’intervention de qui que ce soit.

            De là, cette même bande de « Kuluna » s’est rendu  au complexe scolaire Bitume sur la rue Banana numéro 36, située dans le même périmètre. Arrivés sur place, ils ont pu maîtriser facilement la sentinelle qui faisait le gardiennage et l’ont sommée de les diriger vers le bureau du promoteur de l’école. Malheureusement, après avoir fouillé systématiquement partout, ils n’ont pas trouvé de l’argent comme ils l’espéraient.

            Pris de colère suite à un nouvel échec, ils ont mis le feu à quelques documents administratifs et scolaires ainsi que quelques chaises en plastique de la classe de la maternelle. Ici aussi, le pire a pu être évité car des résidents du voisinage sont venus éteindre l’incendie.

            Dans leur quête du trésor, ces délinquants se sont, cette fois-ci, dirigés vers l’église « La Chapelle », sur la rue Mangengenge, toujours dans le même périmètre, mais ils n’ont pu ouvrir le portail parce qu’il y avait à l’intérieur des fidèles en pleine veillée de prières. C’était le troisième coup raté pour eux !

            En dernier lieu, ils se sont présentés sur la rue Ngambo, chez un certain Bobo Laza, qui exploite une terrasse et une maison de communication, pour tenter leur dernière chance. Là encore, ils n’ont pas pu casser le portail car le jeune homme s’est organisé pour lancer des vidanges de bouteille sur les murs de leur parcelle et de ceux des parcelles voisines, provoquant un grand bruit  qui a fait fuir les assaillants.

            Il sied de noter que cette série d’attaques s’est déroulée sans que les policiers des sous-commissariats de la rue Mangengenge ou de Lukubama, situés dans le secteur, ne puissent bouger de leurs postes. C’est finalement une équipe d’intervention de la police du district de Tshangu, basée à Ndjili qui s’est signalée sur les lieux, au moment où la foule était dehors et ne décollerait pas contre les sous-ciat précités.

            Considéré comme une bombe à retardement, le phénomène «kuluna» mérite une attention particulière des autorités urbaines. Car, ce fléau est en train de prendre des dimensions inquiétantes à Kinshasa, voire dans d’autres provinces de la RDC.

Perside DIAWAKU