Des kermesses sans installations sanitaires

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Les communes de Kinshasa ont ouvert dès la rentrée des vacances scolaires des écoliers, leurs espaces verts, terrains de football et quelques grandes rues, aux kermesses. Certaines écoles en ont fait autant, pour le bonheur des restaurants en plein air au pompeux nom des «  malewa » et autres vendeurs de boissons gazeuses et bières. Les plus fûtés n’ont pas oublié de garnir leurs étalages et leurs comptoirs de quelques spiritueux et liqueurs fortes. De quoi régaler quelques viveurs invétérés en mal d’évasion et de distraction !

 Je m’abstiens de relever les noms et fonctions des organisateurs de ces kermesses, par crainte de polémique. Mais j’ai pu constater que l’objectif noble d’offrir des loisirs sains aux jeunes et à leurs parents, n’apparaît pas dans la plupart de ces manifestations commerciales. La culture y est reléguée à la dernière place, alors que c’est elle qui allait donner à la jeunesse, un aperçu particulier par exemple sur les chants et danses folkloriques, le théâtre, les contes et les traditions de certaines ethnies.

 On sait que les dirigeants des communes de Kinshasa de Kinshasa ont tiré quelques dividendes en termes de recettes administratives, mais qu’est-ce que les jeunes savent de leurs mairies ? Sa superficie, le nombre de ses quartiers, son historique, les noms de ses différents bourgmestres depuis sa création jusqu’à ce jour, le nombre de ses habitants, ses marchés ?
 Il est vrai qu’offrir aux enfants, quelques tranches de chikwangues, des brochettes ou des mégots de chinchards grillés, et des rafraîchissements, dans ces kermesses, permet d’oublier quelques visites des casse-pieds à la maison ou de changer des idées.
 Où sont les toilettes pour se soulager en cas de besoin ? Juste derrière chaque kiosque, des mini W.C. à ciel ouvert, au point que leur proximité avec la cuisine, n’empêche pas des rencontres insolites avec les ivrognes.  
 Pire, les kiosques et mini stands rivalisent des décibels de musique moderne qui arrosent les quartiers environnants d’un tintamarre à vous casser les tympans. Car, cette pollution sonore est ininterrompue 24 heures sur 24.
 Faut-il oublier que ces kermesses sont devenues des lieux de rendez-vous pour les adolescentes et jeunes filles avec leurs copains ! Et c’est le champ de prédilection des extorsions des téléphones portables et autres effets personnels par des Kuluna.
 Qui rôdent dans les parages aux heures avancées de la nuit et particulièrement dans des coins sombres.
 Pas de mini librairies pour vendre des livres de distraction, des bandes dessinées, des ouvrages d’histoire ou de géographie.
 D’ailleurs qui pourrait les acheter ? Sinon, quelques intellectuels à compter sur les bouts des doigts.
 Aucun dispensaire de secours ou box médical pour prodiguer des conseils à la jeunesse sur la prévention du VIH/sida, les infections sexuellement transmissibles, et les méthodes contraceptives, afin d’éviter les multiples dangers de l’avortement criminel.
 Un malaise, un cas d’évanouissement, un accident cardio-vasculaire, ou autres, aucun service médical d’urgence prévu pour intervenir dans les plus brefs délais, administrer les premiers soins et décider du transfert du malade vers des centres de santé spécialisés.
 Mais qu’a-t-on prévu dans ces kermesses ? Regardez de part et d’autre, vous verrez quelques dépôts de vente de bière pour ne pas être à court de stocks dans ses congélateurs ou bacs à glaces.
Aucun coin aménagé pour les chrétiens pour partager quelques moments de partage de la parole biblique, mais quelques chansons religieuses balancées comme intermède musical entre deux tubes à succès.
 Pas un kiosque à journaux locaux, ni des postes de radio qui diffusent les chaînes de radiodiffusion congolaises pour suivre les informations, mais quelques écrans de télévision branchés sur les émissions sportives ou musicales juste pour attirer quelques supporters ou mélomanes.
 Pourquoi devant autant des griefs, ne pas repenser les objectifs de ces kermesses qui sont tout, sauf des solenités offrant des loisirs sains ou proposant la vente des biens de grande consommation aux prix défiant toute concurrence, ou même la restauration à bas prix ?
      J.R.T.

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