Des infiltrés rwandais détenus encore en RDC

0
26

On les croyait rapatriés dans leur pays, mais les infiltrés rwandais sont toujours aux mains de la Monusco. Après l’interrogatoire auquel ils ont été soumis par les deux gouvernements congolais et rwandais, les infiltrés rwandais qui avaient eu le courage de faire des déclarations dont la chaîne britannique BBC avait eu la primeur, sont encore en Rd Congo. Cependant, des rumeurs avaient couru qu’ils seraient rentrés au Rwanda en vue de permettre au gouvernement rwandais d’approfondir ses enquêtes sur terrain.

Mais il ressort de la conférence de presse des Nations Unies d’hier mercredi 13 juin 2012 au siège de la Monusco à Kinshasa qu’il n’en est rien. Au départ 11, les infiltrés sont aujourd’hui plus nombreux, à en croire Madnodje Mounoubai, le porte-parole de la Monusco, qui a fait état de 24 personnes gardées dans son camp DDRR en attendant qu’une décision soit prise à leur égard.
Les 24 hommes apparaissent comme des « prisonniers » encombrants pour toutes les parties. La Monusco qui refuse de les considérer comme des détenus n’est pourtant pas en mesure de définir leur réel statut. Des combattants étrangers qui se rendent et qui révèlent les dessous des cartes d’une guerre dont tout le monde connaît pourtant les véritables instigateurs ne peuvent pas être considérés comme des hommes libres, c’est-à-dire bénéficiant du droit de se déplacer en toute liberté et d’aller où ils veulent. Ils sont quoiqu’on dise, privés de leur liberté de mouvement en attendant que le gouvernement congolais initie des actions nécessaires pour à la fois dénoncer, au plan international, l’agression dont le pays est l’objet et, sur le plan interne, envoyer des signaux qui indiquent clairement qu’il n’est pas partie prenante dans des projets d’affaiblissement de la république.


Les prochains jours vont être ceux de la vérité parce qu’il s’agit de mettre fin de manière durable au double jeu dans lesquels excellent depuis de nombreuses années des voisins malveillants avec des complicités internes. Ce dernier point est d’importance et il doit nécessairement être clarifié parce qu’on ne peut pas comprendre que des individus qui n’ont rien à voir avec la nationalité congolaise puissent, à la faveur de ténébreuses opérations de mixage, faire leur rentrée au cœur de notre système de défense et en profiter pour semer la mort et la désolation dans le pays tels que Bosco Ntaganda, Nkundabatware, Mutebusi, James Kabarebe…
Sur ce même dossier, le porte- parole de la Monusco a indiqué que celle-ci l a reçu au total 38 personnes dont 24 citoyens rwandais et 14 Congolais. Ces derniers, à en croire Madnodje Mounoubai, sont âgés de 18 à 33 ans. Ils ont quitté les rangs de M23 bien avant le début des hostilités. Ils sont dans le processus DDRR et seront renvoyés dans leurs villages respectifs.
Une question a été posée au porte-parole de la Monusco sur la lettre adressée au Conseil de sécurité par Mme Louise Arbour, présidente d’International Crisis Group (ICG). Cette dernière dénonce les échecs de la mission des casques bleus en Rd Congo et demande de « réorienter les efforts de la Monusco » sur le terrain. Pour Madnodje Mounoubai, cette déclaration ne constitue que son opinion et il serait bon que la dame descende sur terrain pour voir ce que fait la Monusco.

Jean- René Bompolonga

LEAVE A REPLY

*