Des hommes en uniforme multiplient des extorsions au quartier Pakadjuma

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En sandwich entre Kingabwa et Funa, Pakadjuma est l’un de ces quartiers de la commune de Limete, où les commerçants navigants viennent entreposer leurs marchandises, avant de les écouler auprès des revendeurs ou de les acheminer dans les marchés de Kinshasa. Et c’est là aussi que l’insécurité grandissante enregistrée ces temps derniers, a pour acteurs principaux, les hommes en uniforme. En effet, des éléments incontrôlés dont on dit qu’ils viennent de Lingwala, Kinshasa, Barumbu et Limete, y opèrent chaque nuit. Oeuvrant par groupes séparés, indépendants les uns les autres, ces bandes de braqueurs se répartissent le quartier en plusieurs micro-zones opérationnelles.

            Samedi 26 avril  vers 20 heures, Jean-Paul Kanga, commerçant navigant basé à Lulonga, et en séjour d’affaires à Kinshasa, a été interpellé sur l’avenue de l’aéroport de Ndolo, quartier Pakadjuma, par deux hommes en tenues militaires qui se sont intéressés à ses bagages et son sac à main. Sous prétexte de rechercher des armes de guerre et des munitions, ils ont fouillé ses colis et arraché un sac contenant des morceaux de viande d’antilope fumée, ainsi que 25.000 FC.

            La même nuit,  un autre commerçant navigant a été victime de mêmes tracasseries et extorsion de la part d’un quator composé de deux hommes en tenues de policier et deux autres en civil.  Ces éléments incontrôlés s’étaient retranchés le long de la voie ferrée, derrière des wagons de train désaffectés. C’est dans cette cachette qu’ils procèdent à l’interpellation de leurs victimes recrutées parmi les piétons qui s’aventurent de ce côté-là.

            Antoine Bowane, 48 ans, le commerçant tracassé, a fini par réaliser qu’il avait à faire aux faux patrouilleurs pédestres. A l’issue de la fausse fouille, ils ont exigé le paiement des amendes pour avoir circulé la nuit, avec des marchandises remplies dans un charriot. Ces éléments incontrôlés entendaient l’acheminer à leur sous-commissariat, afin de saisir ses bagages. Faute de le faire, ils ont fini par lui proposer un règlement à l’amiable, moyennant le paiement des amendes. Montant lui infligé ?

            50.000 Fc  en espèces et trois paniers de poissons fumés.  Pour se débarrasser de ces agents tracassiers, Bowane s’est résolu à leur céder 20.000 Fc et un panier de poissons fumés.

            Le 19 avril 2014, c’est Mme Malu, résidant dans ce même quartier qui a été interpellée vers 23 heures, par un élément incontrôlé, alors qu’elle venait de s’approvisionner en chikwangues et poissons salés. Comme le suspect tenait à entraîner la jeune dame vers un coin sombre, des badauds se sont interposés, au point que des policiers de passage par-là, ont appréhendé le délinquant.

            Identifié aussitôt comme étant le caporal Sombo, il n’a pas pu justifier les tracasseries auxquelles il avait soumise la jeune dame. On signale qu’en fouillant le sac à main de sa victime, il avait arraché la modique somme de 3.000 FC.

            Pour Mandombele, un membre de la société civile habitant le secteur, l’insécurité au quartier Pakadjuma a atteint la côte  d’alerte. Les autorités policières de la ville doivent prendre les mesures qui s’imposent. A la base de cette situation insécurisante,  comme il l’a fait remarquer, il y a des éléments incontrôlés, des déserteurs, et autres malfaiteurs sans foi ni loi, qui viennent dépouiller de  paisibles citoyens de leurs biens de valeur. Généralement, ils font la ronde des ruelles, traquant les piétons qui transportent des colis et autres sacs. Les tracasseries commencent par un semblant de contrôle d’identités, et se terminent par l’extorsion des effets de valeur.

            Tous les commerçants navigants en provenance de Mbandaka, Kisangani, Bandundu et Maï-Ndombe, sont tellement harcelés et braqués par ces malfaiteurs, que pour compenser les pertes ils sont contraints de majorer les prix de leurs produits. C’est aussi cette forme d’insécurité qui est à la base, non seulement de la rareté de certains produits de première nécessité sur les marchés, mais aussi de leur surenchère.

                                                                                                          J.R.T.  

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