Des ex-combattants interpellent Boshab et Ngoy Mukena

0
55

evaristeLa gestion des ex-combattants des groupes armés du Nord et de l’Est du pays par les autorités civiles et militaires semble présenter jusque-là quelques faiblesses. Il y a d’une part la difficulté de respecter le chronogramme des candidats à la démobilisation et, d’autre part, celle de délocaliser, vers des centres d’instruction, ceux désireux d’entamer une nouvelle carrière militaire au sein de l’armée nationale.

Il s’ensuit, forcément, des dérapages liés à la longue attente, par les uns et les autres, de leur sort. En avril dernier à Moanda, au Bas-Congo, la population civile était descendue dans les rues, saccageant au passage quelques bâtiments publics, pour protester contre la montée de l’insécurité, marquée des assassinats en série de paisibles citoyens, attribués aux ex-combattants cantonnés à la base de Kitona. Une enquête diligentée par le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Evariste Boshab, avait permis de mettre la main sur quelques inciviques, traduits en justice. En marge des troubles de Moanda, des mesures de sécurisation des personnes et de leurs biens avaient été arrêtées de commun accord entre ce membre du gouvernement et les autorités civiles, militaires et policières du Bas-Congo.

  Et voici Kotakoli…

 

            Alors qu’on pensait que les événements de Moanda relevaient d’un incident de parcours dans le processus de démobilisation, désarmement et réinsertion d’anciens membres des forces négatives dans la vie sociale ou militaire, Kotakoli vient d’y apporter un démenti. En effet, une mutinerie manquée a été enregistrée dans ce site le dernier week-end, suivie hier lundi 22 juin d’une marche de protestation de la population contre le climat d’insécurité dans laquelle elle vit depuis quelques jours, avec des exactions à la clef.

Compte tenu des problèmes d’insécurité que les ex-combattants commencent à créer à leurs citoyens dans leurs sites d’hébergement ou de transit, il est à souhaiter que les patrons des ministères de l’Intérieur et de la Défense s’activent pour accélérer les mécanismes de leur démobilisation effective et de leur réinsertion sociale, ou de leur transfert vers les bases militaires retenues pour leur intégration au sein des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo). A ce sujet, les noms d’Evariste Boshab et Ngoy Mukena sont abondamment cités pour la clarification des dossiers de ces compatriotes que l’incertitude du lendemain peut pousser à commettre des actes contraires à la discipline militaire.

            Il est vrai que le porte-parole du gouvernement, qui s’est exprimé au sujet des incidents de Kotakoli, a fait état des dispositions arrêtées par le gouvernement pour l’évacuation de ces ex-combattants vers les bases de Kamina et Kitona. Ce qui dérange un peu dans l’affaire, c’est l’impression de lenteur dans la mise en œuvre du processus de démobilisation ou d’intégration au sein de l’armée nationale.

Il y a donc lieu de rassurer les ex-combattants ainsi que leurs dépendants, en les fixant rapidement sur leur avenir, sous le label de « civils » pour les uns, et de « militaires » pour les autres, et en mettant à leur disposition les moyens logistiques et financiers compatibles avec leur changement de statut. Car, le pays a affaire à une bombe sociale qui, si elle mal contrôlée, peut exploser à tout moment et faire des dégâts imprévisibles.

                                    Kimp