Des éléments incontrôlés frappent dans plusieurs quartiers

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Ces temps derniers, au moment où la canicule retient les viveurs jusque tard dans des terrasses en plein air, les nuits de Mimosa, Brikin, Kinsuka pêcheurs, Ozone, Cité des anciens combattants, Gramalic, Matadi Kibala, Binza Pigeons et Delvaux, ne sont plus sûres. Et pour cause ! Tout ce secteur qui grouille de monde, baigne actuellement dans l’insécurité. La criminalité ambiante et rampante a atteint des proportions alarmantes. Certaines rues ou certains passages réputés coupe-gorges, ne sont plus empruntés  ou fréquentés aux heures indues. Depuis plus d’un semestre, les malheureux piétons qui traversent certaines zones d’insécurité, dénoncent des cas de braquage, d’extorsions et de vols à main armée. Même en empruntant un taxi ou une moto, pour être débarqué devant sa parcelle, on n’est pas à l’abri des actes du banditisme.

Mimosa, l’autre nuit, il est 2 heures du matin. Débarqué d’un taxi, Ngindu, fonctionnaire de l’Etat habitant ce quartier incrusté au bas du Mont Ngaliema, a vécu des moments d’angoisse. Happé par un malfaiteur, il s’est retrouvé encerclé par la meute, ses poches fouillées, ses téléphones emportés et ses billets de banque arrachés.
De cette agression, il retient que s’il avait opposé une résistance, on l’aurait abattu sans pitié.
Samedi 21 mars 2015. Le couple Yengo un verre pris de trop, regagne le quartier Mimosa, en titubant légèrement l’un accroché à l’autre. Il ne s’imagine pas que dans un sentier désert qui conduit vers son domicile, il fera la rencontre avec cinq éléments incontrôlés retranchés dans des herbes hautes bordant ce passage.
Un cri et voilà que tel des mouches, ces malfaiteurs sortent de leur cachette. Pendant que deux empoignent la dame en l’entraînant loin de son mari, l’homme est braqué. Yengo a supplié pour qu’aucun mal ne puisse être fait à sa moitié. Pour cette attaque, le couple a perdu argent, bijoux et téléphones.

Combiner patrouilles pédestres et patrouilles motorisées pour éradiquer le banditisme
Mimosa et Kinsuka vivent leurs heures de terreur. Des années après l’assassinat de Me Kahasha, les attaques des cambistes, les extorsions des fonds et autres effets de valeur, sont devenues quotidiennes. A la base de cette insécurité, des éléments incontrôlés qui se déployent la nuit tombée, dans les rues sombres ou se cachent à l’ombre des arbres touffus ou des buissons qui parsèment certains passages pour piétons.
Ces membres de la pègre opèrent en effet, en armes et en tenue civile. Selon une certaine source, ils seraient probablement au courant de l’organisation des patrouilles pédestres. Quand les policiers patrouillant en une longue colonne, ont quitté un quartier, les éléments incontrôlés surgissent dans les zones dégarnies où ils font leur loi.
Tous les noctambules qui traversent les coins, sont menacés, brutalisés et violentés, avant d’être délestés de leurs avoirs.
Ces scènes de braquage de piétons ont été enregistrées à travers la commune de Ngaliema où la criminalité frappe aussi bien les boutiques achalandées que les résidences cossues gardées par des sentinelles dépourvues d’armes de guerre.
Les voleurs à main armée qui font partie d’une autre catégorie des malfaiteurs, ciblent les bureaux de change, certains magasins et les domiciles des hommes d’affaires. Quartier Lalou, quelques cas de banditisme encore frais dans les mémoires de victimes ont poussé les plus sensibles à envisager le déménagement pour des communes plus sécurisées.
Les éléments de la police, a laissé entendre un habitant du quartier Brikin, n’osent organiser des patrouilles par petits groupes. Les risques de croiser ces malfaiteurs sont grands et les accrochages ne manquent pas d’émailler ce genre de rencontres entre policiers et bandits.
A l’Ozone, même à deux, des éléments incontrôlés en tenue interpellent  de nombreux piétons, incapables par leur supériorité numérique, de braver ces extorsions. Ici, quelques coups de feu tirés tard la nuit, signalent un braquage ou un vol à main armée.
A Delvaux, le promoteur d’une petite alimentation a été visité dernièrement, aux heures de fermeture de son magasin. Quatre gaillards dont deux empêchaient les entrées, deux se sont introduits dans ce commerce, ont opéré vers minuit. Le gérant et les deux caissières comptaient les recettes de la journée. Les bandits ont emporté les fonds en tirant des coups de feu en l’air. Ces tirs n’ont pas fait de victimes, a signalé un témoin.
Ces attaques et agressions qui illustrent le seuil que vient de franchir le banditisme dans la partie Ouest de la ville, interpellent les responsables chargés de la sécurité à Kinshasa.
J.R.T.