Des déclarants en douane du Kongo Central montent au créneau

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Dans l’espoir de « limiter l’impact des véhicules polluants », le gouvernement avait pris en 2012 la décision d’interdire l’importation des véhicules âgés de plus dix ans. En contrepartie, l’exécutif avait promis d’installer des usines de montage des véhicules dans trois grandes villes du pays, en l’occurrence Kinshasa, Kisangani et Lubumbashi. Cependant, depuis lors, plus rien n’a été réalisé et il se constate curieusement une forte baisse des activités non seulement dans les institutions bancaires tant publiques que commerciales privées dans la province du Kongo Central et à Kinshasa, mais aussi au niveau des régies génératrices des recettes de l’Etat, notamment la DGI, la DGRAD, l’OFIDA, l’OCC, l’OGEFREM, la SONAS, etc. Le secteur commercial privé évoluant dans l’informel, particulièrement les garages et les déclarants en douanes, ont subi les mêmes effets collatéraux.

C’est face à cette situation alarmante que de nombreuses voix se sont élevées pour lancer un cri d’alarme en direction du Premier ministre pour l’emmener à reconsidérer sa décision qui perturbe le climat des affaires du pays en ces temps où le mot d’ordre lancé est de mobiliser davantage de recettes pour répondre à l’idée-force de « la révolution de la modernité». A l’instar des notabilités et élus de la province du Kongo Central, telle est la démarche que mène l’association des déclarants en douane de Boma a officiellement saisi l’autorité provinciale par un sit-in organisé hier devant la Mairie de Boma. Elle a aussi dépêché une délégation à Kinshasa pour déposer un mémorandum au cabinet du Premier ministre, du Président de l’Assemblée Nationale et celui du Sénat. Pour Donatien Mamba, leur porte-parole, «c’est depuis plus d’une année que le gouvernement avait promis l’implantation des usines de montage des véhicules pour combler le vide. Depuis lors, plus rien de concret » a-t-il indiqué.

 Marché énorme 

Peuplée de plus de 70 millions d’hommes et femmes, tous sexes et âges confondus, la RDC présente un marché riche et varié pour les véhicules de toutes marques. Il faut aussi intégrer les 9 pays voisins qui ne disposent pas d’un tel réservoir humain pour consommer ces biens et qui pourraient s’approvisionner en véhicules montés dans les trois grandes villes du Congo à des prix compétitifs.

Des études de faisabilité ont démontré que ce pays béni des dieux est capable d’absorber une quantité énorme des véhicules et autres engins de génie civil et militaire qui pourraient être montés à Kinshasa, Kisangani et Lubumbashi. Et l’on prend comme indice palpable, le nombre toujours croissant des véhicules importés des villes franches comme Dubaï, en transitant par les ports de Mombasa au Kenya et celui de Dar-es-Alam en Tanzanie. Tel le cas de ces petites voitures de marque japonaise que les Kinois ont tourné en dérision par un sobriquet évocateur de «Petite ya quartier ou Ketch» et qui rendent des services remarquables au secteur de transport en taxi dans la ville. Enrichissant, par voie de conséquence, les économies de ces deux Etats voisins qui ne disposent pourtant pas d’un marché aussi florissant comme la RDC, s’est plaint un opérateur économique congolais évoluant dans ces deux Etats. Le même constat a été fait par Déogratias Mutombo, gouverneur de la Banque Centrale, à l’issue d’une réunion tenue le 8 avril de l’année dernière à Boma avec les responsables des institutions bancaires du Kongo Central en constatant que « cette mesure d’interdiction d’importation des véhicules de plus de dix ans affecte très sérieusement les activités bancaires non seulement de cette province, mais aussi d’autres entités territoriales du pays».

RDC : expertise éprouvée en montage des véhicules

 

            Tout compte fait, la RDC disposait vers les années ‘70 des usines de montage des véhicules, notamment ceux de grandes marques européennes et américaines : Peugeot, VW, Chevrolet, Renault, Leyland et Land Rover que l’on montait à Kingabwa, Limete, Masina et Ndolo. La société SOCIMAT avait préparé à l’époque l’érection d’une usine de montage des véhicules de marque Mercedes très prisés par la bourgeoisie naissante. Le Zaïre était compté parmi les grands acheteurs au monde de ces véhicules de luxe d’origine allemande. Ainsi donc, le Congo dispose d’une référence dans ce domaine de montage des véhicules en termes des ressources humaines et des marchés économiques internes en plus des Etats voisins pouvant absorber toute la production.

                                   F.M.