Des coupeurs de routes braquent des véhicules en provenance du Bas-Congo

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Des coupeurs de routes, ces bandits qui érigent de fausses barrières sur nos routes, faisant croire à des contrôles de police, ou à une déviation de la circulation routière sur une autre voie, ont signé le lundi 26 mai 2014, leur retour sur la Nationale n°1. A en croire  une source policière, ce genre d’attaques sur une grande voie annonce le retour du grand banditisme entre Kinshasa et Matadi.

Le témoignage fait par une victime de ces coupeurs de routes, décrit le mode opératoire de ces malfaiteurs et montre que la pègre compte se lancer bientôt dans ce type d’agressions.

Un camion de transport en provenance de Lufu rempli des marchandises, avec des passagers juchés sur la carrosserie, roulait à vitesse réduite, sur la Nationale n°1. Il était 2 heures du matin. La route baignée par l’obscurité, est par moment éclairée par les lumières des phares des véhicules. Une recommandation de la police datant de plusieurs décennies, déconseillait aux chauffeurs de rouler la nuit, pour éviter des attaques des malfaiteurs. Violant cette consigne, le camionneur roulait sans escale.

A l’entrée de Kinshasa, quelques branchages étalés sur la route signalent soit la panne d’un véhicule ou un obstacle. Des mètres plus loin, une barrière. Six hommes armés et en tenue civile se déployent et stoppent le camion de transport. Le conducteur et le convoyeur sont débarqués de leur véhicule. Mains et jambes ligotées à l’aide de papier collant scotch, ils vont assister impuissants au pillage de leurs fonds. Car, ils sont fouillés, leur cabine visitée. Le même sort sera infligé aux passagers assis dans la carrosserie.

Eux aussi, un à un, sont soumis à une fouille systématique. Personne n’y échappe. On leur a dépouillé de leurs fonds et d’autres biens de valeurs, tels que des montres, des bijoux et des téléphones.

Cet épisode terminé, les six bandits vont disparaître aussitôt, abandonnant les victimes traumatisées sur le lieu.

Deux semaines auparavant, un transporteur se rappelle non sans révolte de l’attaque de son camion. Lui aussi ne s’était pas conformé à la mesure prise par les autorités de la ville de Kinshasa interdisant la circulation nocturne des bus et des voitures sur la Nationale n°1.

Venant du Bas-Congo, précisément de Luozi, le véhicule Mercedes Benz bondé des produits alimentaires, des sacs de cossettes de manioc, des sacs d’arachides, des bananes, regagnait Kinshasa. Il est passé par Kimpese à minuit et continuait lentement sa route.

Sur la Nationale n°1, en sens inverse, des camions-remorques, des tracteurs et des remorques-containers roulaient à vive allure. Après avoir dépassé Lemfu, le camion de marque Mercedes traverse l’écriteau «  Kinshasa vous dit bienvenu ». Et au bord de la chaussée, des branchages. Réflexe professionnel, le conducteur Diavanga ralentit de vitesse. Soudain, une barrière est dressée sur sa bande. Il s’arrête et va à la rencontre des personnes armées en tenue civile qu’il considère comme des policiers ou des agents de l’ordre. Diavanga tente en vain de négocier avec quelques 5.000 FC.

Il ne s’imaginait pas qu’il s’agissait des malfaiteurs et que les gros arbres placés sur la route, n’étaient que de fausses barrières. En les saluant, il se voit empoigné et contraint de s’asseoir par terre. «Je suis en ordre» ! lance t-il à ses agresseurs. «Ce ne sont pas tes documents, qui nous intéressent ! rétorque l’un des bandits qui lui exige les frais de transport perçus auprès des passagers. On le fouille jusque dans ses sous-vêtements. Le sac à main est arraché. Ses deux convoyeurs qui tentaient de fuir, sont rattrapés et brutalisés.

La cabine est passée au peigne fin. Les passagers ne sont pas épargnés. Tout est emporté.

Il est trois heures du matin, quand les bandits ont pris le large, satisfaits d’avoir amassé un butin important.

Cette série d’attaques de coupeurs de routes rappelle étrangement les années 2003, 2004 et 2005 où l’insécurité avait gagné la Nationale n°1. A cette époque, des camions-containers étaient arraisonnés par des « pirates » qui les cachaient dans des brousses lointaines où ils les déchargeaient à l’abri des regards indiscrets.

Plusieurs distributeurs de produits alimentaires avaient enregistré des attaques et connu de pertes énormes. A cette époque, de nombreux bandits seront retrouvés à partir des lots des produits volés mis en vente. Des dépôts loués par des malfaiteurs ont dévoilé leur contenu secret au grand jour.

La Police nationale congolaise devrait relancer les patrouilles motorisées comme à l’époque des opérations Kimia entre la ville de Kinshasa et le Bas-Congo, entre Lemfu et Matadi. Il y a  donc intérêt à rappeler à l’ordre, les conducteurs des camions et des bus en provenance du Bas-Congo.

J.R.T.   

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