Des clients braqués par des bandes des malfaiteurs

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Les agences de transfert des fonds de la ville de Kinshasa s’apparentent aujourd’hui, aux ruches qui attirent comme des abeilles, des bandes des malfaiteurs. A l’ouverture de ces agences, chaque matin, une foule nombreuse prend d’assaut les guichets de retrait de fonds, afin d’être vite servie. Pendant que les différents clients remplissent les bordereaux de retrait, de faux clients s’en approchent pour solliciter un stylo ou un renseignement. Sous ce fallacieux prétexte, ils lorgnent sur les montants transférés sur les bordereaux et ciblent déjà les victimes à traquer. Après le retrait des devises, les caractéristiques des victimes sont immédiatement communiquées aux membres de la bande qui depuis des heures, attendent impatiemment les proies sur la grande avenue, cachés dans un véhicule confortable de marque Nissan Prairie immatriculée KN 4093 BD.

 A la sortie de l’agence de transfert des fonds, le véhicule vous approche pour vous demander votre destination. Et c’est curieusement la vôtre qui intéresse les bandits. A bord de cet engin, quelques passagers débarquent en route. Question de vous rassurer qu’il n’y aura rien de fâcheux durant le trajet. Les bandits restent dans la Prairie.
 Dans un coin isolé, la Nissan s’immobilise, le chef de bande sort son revolver et le braque sur la victime. Ils exigent la remise du montant retiré au guichet de l’agence de transfert des fonds. La victime est surprise d’apprendre que ces bandits connaissent la valeur des fonds lui transférés. Elle cède, craignant que mal lui soit fait par ces inciviques.
Après l’avoir promené toute la journée, ils l’ont abandonnée vers Kindele, dans un endroit isolé.
Voilà le modus operandi de la plupart des bandes des malfaiteurs qui depuis plus de trois mois, ne cessaient de braquer les clients des agences de transfert des fonds au sortir de ces établissements.

Une dame braquée le 21 novembre sur av. Kapanga à 13 heures

  Le 21 novembre devait être un grand jour pour Mme Meta Mpunga. C’est en effet, ce jour-là qu’elle devait retirer la somme de 23.000 dollars, des guichets de l’agence de transfert des fonds Solidaire sur le boulevard du 30 juin, à côté de l’immeuble Regina, au centre-ville.
 Le matin, elle fit le déplacement du centre-ville sans aucun incident. Formalités remplies, Mme Meta Mpunga ne comprenait pas pourquoi de nombreux regards la fixaient si longuement.
 Belle, elle l’est. Mais cela ne justifie pas ces paires d’yeux qui la regardent intensément.
 A la sortie de Solidaire, son paquet enfoui dans son sac à main, elle rentra à son domicile dans la commune de Kinshasa. Avant d’atteindre sa maison, une Nissan Prairie s’est immobilisé à son niveau, le temps pour un malfaiteur de lui braquer le revolver avec menaces de l’abattre si elle criait au secours. Toute tremblotante de peur, Meta Mpunga exécuta les ordres des bandits et monta à bord de la voiture pour une destination inconnue.
 Elle fut torturée et dépossédée de son argent, ainsi que de ses téléphones portables, avant d’être débarquée sur la route de Kindele, dans les parages du campus de l’université de Kinshasa. Il était 17 heures.

Un jeune homme dépouillé sur l’avenue Flambeau à Gombe

 Auparavant, la même bande avait perpétré des faits similaires sur un jeune homme habitant la commune de Ngiri-Ngiri.
Mendoza Diafuku Joli s’était rendu le 8 novembre à Solidaire, l’agence de transfert de fonds situé à côté de l’immeuble Regina. Au guichet, il dévoila le code secret qui révélait aux agents qu’il était le destinataire des fonds. Et put retirer par la suite, la somme de 3.000 dollars. Il était 15 heures. Muni de son magot, Mendoza se dirigea à pied sur l’avenue Flambeau. C’est sur cette avenue qu’il verra une Nissan Prairie immatriculée KN 4093 BD s’arrêter à sa hauteur et des passagers lui exiger de monter contre son gré.
 A l’intérieur de ce véhicule, il subit des menaces de mort. Une chose l’a toutefois intrigué. Ces inconnus savaient qu’il venait de toucher à Solidaire, le montant de 3.000 dollars. Pourtant, il était seul à réaliser cette opération de retrait des fonds. D’où vient que les bandits étaient au courant de ce qu’il a pu faire à Solidaire ?  
 Plusieurs plaintes étaient déposées au Bataillon de la police d’investigations criminelles par des victimes. Curieusement, les portraits-robots établis sur les braqueurs conduisaient les enquêteurs sur les pistes de plusieurs bandes des éléments incontrôlés qui ternissent l’image des Fardc. Qui pouvaient donc être ces fameux agresseurs des clients de l’agence Solidaire ?
 Premier indice, l’un de ces bandits s’appelait major Tosha. Or, sur les télégrammes de grades décernés aux officiers des Fardc, aucun n’avait ce nom ou surnom.
Les recherches furent alors orientées vers la voiture Nissan Prairie immatriculée KN 4093 BD que l’on apercevait assez souvent dans les parages du ministère de l’Intérieur. Et également vers des éléments indisciplinés qui se réfugient dans certaines unités. C’est là que les limiers de la police ont retrouvé les traces d’un certain adjudant Tosha.
 Ce chef de bande des malfaiteurs a été appréhendé le jeudi 25 novembre, trahi par ses comparses. De son vrai nom, il s’appelle Koyi Mwemba alias Tosha. Il est adjudant et opère souvent avec la tenue militaire avec les grades de major. Entre ses mains, les enquêteurs ont saisi l’arme GP qu’il utilise pour braquer ses victimes. Cette arme contenait trois cartouches. Comme autre pièce à conviction, il avait sur lui, la carte rose de la Nissan Prairie, cette voiture à bord de laquelle de nombreuses extorsions ont été opérées par la bande.
Ses principaux acolytes étaient tombés le mardi 23 novembre, dans les filets de la police criminelle. Il s’agit du premier sergent Biayi Kabongo, des sergents Khonde Kalongo alias Mao et Nsimba Puati. Deux civils font partie de ce groupe de malfaiteurs : le chauffeur de la bande, Mayidi Puati, résidant sur avenue Kembo n°74,  quartier Batende, commune de Matete, et le féticheur Mayisi Puati, domicilié sur avenue Tuwizana n° 163, quartier Kibudi, commune de Selembao.
 A en croire un des membres de cette pègre, ce dernier détient des pouvoirs particuliers lui permettant de détecter toute personne qui garde sur lui de fortes sommes d’argent en devises ou en monnaie locale.
 Si la plupart des membres de ce premier groupe ont reconnu les deux braquages, ainsi que les montants perçus lors du partage, les enquêteurs du Bataillon de la police d’investigations criminelles sont déterminés à traquer les autres malfaiteurs en fuite qui courent encore les rues.
 Leur arrestation permettra à coup sûr de débarrasser la ville de Kinshasa, de fameux braqueurs spécialisés dans les agressions contre les clients des agences de transfert des fonds.
 On se rappellera qu’il y a quelques temps, les clients des agences Soficom, Western Union et Moneygram, ont enregistré    ce genre d’attaques.
Coup de chapeau à la police criminelle !
               J.R.T.      

 

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