Dès ce jeudi à Nairobi : encore un sommet de la CIRGL sur la RDC

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Zemanta Related Posts ThumbnailAprès les travaux tenus la semaine dernière à Kinshasa sur la confection du Code de certification des matières précieuses, voilà que dès ce jeudi, s’organise à Nairobi un nouveau sommet de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs. Les experts qui se trouvent sur les lieux depuis vendredi ont terminé leurs travaux sous la direction du ministre Kenyan des Affaires Etrangères avant de remettre les conclusions aux chefs d’Etat présents dans la capitale kenyane.

Selon une dépêche de la Radio OKAPI captée à Kinshasa, c’est le chef d’Etat ougandais qui va présider ce sommet en sa qualité de président en exercice de cette organisation. De nombreux chefs d’Etat y sont attendus, dont celui du Congo-Brazzaville qui est pressenti comme médiateur pour le dialogue inter congolais prévu pour le milieu du mois d’août. Denis SASSOUS Nguesso se trouvait depuis avant-hier au Burundi pour une visite de travail. Tout porte à croire que le dossier RDC doit avoir été au centre des échanges entre lui et son homologue burundais dès lors que Bujumbura abrite le siège social de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs, dont le secrétariat technique est dirigé depuis décembre 2011 par le professeur Alphonse NTUMBA Luaba de la RDC.

La question qui taraude les Congolais et tous les hommes de bonne volonté est celle de savoir combien y aura-t-il des sommets de la CIRGL et pour quels résultats. Un nouveau sommet pour rire ou pour se moquer des six millions des morts congolais. Etant donné que ceux qui président ces sommets sont paradoxalement ceux-là mêmes qui créent, arment et financent des groupes armés irréguliers opérant en RDC depuis près de vingt ans sous des prétextes tout aussi fallacieux que mensongers. Quand va-t-on en finir avec ces sommets improductifs ? D’aucuns pensent avec raison que ces rencontres ne servent qu’à distraire et chloroformer l’opinion congolaise avec des soit- disant résolutions que personne ne respecte une fois le sommet terminé.

L’actuel président en exercice, l’Ougandais Yoweri MUSEVENI, trimballe une réputation sombre pour avoir créé, armé et soutenu militairement de nombreux groupes armés irréguliers qui ont fait couler un fleuve de sang, pillé des richesses naturelles, perpétré des viols massifs, des destructions méchantes et des déplacements des populations depuis près de vingt ans dans les territoires de l’Est de la RDC. Cela, sous des prétextes fallacieux et mensongers en s’appuyant sur des complices locaux très introduits dans les secteurs sécuritaires et politiques du Congo Démocratique.

 CIRGL : juge et partie

 Aussi curieux que cela puisse paraitre, c’est le chef d’Etat ougandais qui préside depuis deux ans aux destinées de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs. Il s’est tapé un second mandat, ce qui lui a permis de se faire désigner médiateur entre le gouvernement central et le M23. Selon un accord cadre conclu entre ces deux protagonistes, des négociations directes doivent déterminer les contours de la paix en RDC alors que l’une des résolutions sortie du sommet de la CIRGL à Addis Abeba considère ce mouvement  comme une force négative à l’instar d’autres tels les FDLR, l’ADF-Nalu, etc.

            Il est de notoriété publique que le régime au pouvoir à Kampala soutient militairement ce M23 en lui procurant même des soldats, des officiers supérieurs, des armes, des munitions et des appuis diplomatiques. Que peut-on attendre d’un médiateur de ce genre-là ? Des rapports établis et rendus publics par des ONG de défense des droits de l’homme ayant pignon sur rue, comme HUMAN RIGHT WACTH, AMNESTY INTERNATIONAL et INTERNATIONAL CRISIS GROUP, ont démontré, preuves matérielles à l’appui, les accointances criminelles entre ce M23 et le gouvernement ougandais. Quel résultat efficace pour la paix dans cette région peut-on attendre d’un médiateur partiel ? Dès lors qu’il est établi qu’il travaille pour des intérêts égoïstes qu’il tient à obtenir au prix du sang des millions des congolais et ceux qui ont choisi la RDC comme leur seconde patrie ? Car d’une part, une résolution proclame le M23 comme une force négative à éradiquer à l’instar des FDLR et d’autre part, le gouvernement de Kinshasa accepte de le considérer comme partenaire pour le rétablissement de la paix.  L’histoire dira un jour son mot et ce sera très grave pour tous ceux qui considèrent la RDC comme une colonie d’exploitation et de peuplement.

                                   F.M.  

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