Des braqueurs en motos continuent d’agresser des piétons

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La semaine dernière, dans les parages du ministère du Portefeuille, un motard avec un passager roulait sur l’avenue Wagenia, commune de la Gombe. Devant eux et sur le trottoir, des piétons, une dame attirante, parée des bijoux, longeait à pas lents, la même avenue, pour se rendre au Ngobila Beach, et puis à la gare centrale de Kinshasa. 
Dès qu’il est parvenu à son hauteur, le motard a réduit la vitesse de son engin, le temps de débarquer son acolyte qui, en deux temps, deux mouvements, a sauté sur la dame et lui a arraché brutalement la chaînette en or suspendue au cou. Mme Sasa, la victime, toute tremblotante, venait de vivre elle-même, pour la première fois, ce genre d’agression dont elle suivait toujours les quelques épisodes au cours des émissions spéciales  de quelques chaînes de télévision, consacrées aux faits divers.
Après le coup, le braqueur a aussitôt remonté sur la « deux roues » qui s’est évanouie dans la nature. Mais assez vigilants, quelques témoins révoltés par cette scène de haut vol, se sont lancés à la poursuite des malfrats qu’ils finiront par arrêter à plus des centaines de mètres plus loin.
Acheminés sous bonne escorte à l’état-major, les policiers les ont identifiés comme étant deux éléments irréguliers de la police, Mamona Ntumba Jean et Lomami Ntambwe. Et sur eux, on a saisi un revolver GP de calibre 9 millimètres qu’ils utilisent pour menacer à mort, leurs nombreuses victimes.
L’instruction judiciaire, comme il faudrait le signaler, a commencé le même jour, avec la déposition de la victime et l’audition de deux malfaiteurs qui ont reconnu les faits mis à leur charge. Pas plus tard que le 22 août dernier, trois autres braqueurs armés habillés en tenue civile, roulant sur une motocyclette, se sont illustrés au quartier Mandina à Matete. C’est dire qu’il n’y a pas une seule bande des malfaiteurs dans la capitale, mais qu’on en compte une dizaine.
 
Cette nuit-là, c’est à 20 heures, racontent aujourd’hui quelques témoins, que les trois gaillards ont immobilisé leur engin devant la maison de communications appartenant à Ndundu Monsengwo, située au n° 86.  Deux membres de ce trio ont ensuite fait irruption dans cet établissement où ils ont trouvé le tenancier en train de faire les comptes des recettes de la journée. Braqué, ce dernier a cédé son sac contenant la somme de 4.500 dollars, ainsi qu’un lot des cartes prépayées d’une valeur de 1.500 dollars. Leur butin empoché, les malfrats ont quitté le lieu et disparu avec leur moto.
Il ne se passe plus une semaine sans que l’on puisse enregistrer à Kingabwa, Matadi Kibala et Mont Ngafula, des cas similaires de braquage opérés par des motocyclistes. Dans certains coins de la ville, certaines personnes ont même renoncé de prendre des motos pour atteindre des destinations éloignées, de peur d’être agressées.
Au niveau du Bataillon de la police d’investigations criminelles, ce genre d’agressions ont tellement été enregistrées que cette forme de criminalité à motos, a constitué une interpellation pour les responsables de la sécurité de la ville de Kinshasa. Afin d’éradiquer ce type particulier de banditisme urbain, des équipes ont été constituées et des centaines d’agents, lâchés dans la ville de Kinshasa, avec pour consigne de traquer ces malfaiteurs embarqués sur des motos.
 
Après une semaine de recherche, les enquêteurs du Bataillon de la police d’investigations criminelles ont enfin mis la main sur un des trois inciviques en tenue civile, auteurs du braquage de la maison de communications du quartier Mandina. Il s’agit de Falanga Tubanza alias Ibrahim, demeurant sur avenue Fulula n° 19, quartier Foire, commune de Lemba.
Ce coup de filet a permis l’arrestation de trois autres membres de cette bande des malfaiteurs. Ils ont été identifiés comme étant Musarani Tshimanuka alias Shelala, Ntumba Maludji Cédric alias Tshatsho habitant sur avenue Makala, quartier Petro-Congo, commune de Masina et Balanga Maswa alias Bilembo, résidant sur avenue Mawunga n°131, commune de Ngaba. 
Préoccupée par ce  banditisme urbain, la hiérarchie de la police a décidé depuis cette semaine, d’engager avec toutes les unités chargées des enquêtes criminelles, une guerre ouverte contre ces malfaiteurs déguisés en motards, d’extorsions et pire, de cas de vols à main armée, dans des boutiques et autres maisons de communications dans la capitale.
 
                               J.R.T.

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