Des bandits braquent des chauffeurs et arrachent des voitures

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toyota istDes voiturettes japonaises de marque Toyota IST, très prisées des taximens et dirigeants d’entreprises qui aiment passer inaperçus, se vendent à Kinshasa, comme de petits pains. Pour leur faible consommation et leur fonctionnalité en version automatique, ainsi que leur bonne tenue de la route, ces petits engins qui se faufilent aisément dans les embouteillages et se glissent facilement dans de petits parkings, sont devenus la cible privilégiée, des braqueurs et autres assassins qui courent encore les rues.

Au Groupement de recherche et investigations, les plaintes relatives aux braquages de ces Toyota IST s’accumulent sur la table du commandant de cette unité spéciale de la Police provinciale. On apprend qu’un ordre permanent instruit les enquêteurs à se déployer à travers la ville et à interpeller les chauffeurs de voiturettes  aux plaques contrefaites. La chasse aux bandits spécialisés dans ce genre des méfaits, qui se poursuit depuis l’année passée, a rapporté quelques coups de filet intéressants.

            Cette unité vient de mettre hors d’état de nuire, une bande comprenant plusieurs malfaiteurs. Pour l’instant, seuls deux braqueurs sont tombés dans les filets de la Police criminelle. Il s’agit d’Arnold Mbendo et de Jules Onya Ongondu qui traînent la triste réputation de braqueurs des taximen dans la ville de Kinshasa. Et c’est pour creuser davantage dans le passé criminel de ces délinquants que les enquêteurs tentent de reconstituer leur récent palmarès.

            Leur dernier braquage en date et pour lequel ils sont écroués, remonte comme il faudrait le signaler, à la date du 24 octobre 2015. Ce jour-là, il était encore 19 heures. Les deux bandits s’étaient postés au rond-point Victoire, aux terminus des taxis.

            Vint alors le taximan Kibadila Nsiampasi qui, après avoir débarqué des clients, en cherchait d’autres. L’engin, une Toyota IST immatriculée 8784 AR 01 de couleur grise, était en bon état de marche et présentable. Arnold Mbendo le héla. Kibadila s’arrêta à leur niveau pour négocier une course express pour aller chercher leur pasteur retenu dans une réunion de prières dans la commune de Kasa-Vubu. Intéressé, le taximan les embarqua après s’être convenus du tarif.

            L’engin prit selon leur indication, l’avenue Victoire, et puis Assosa. Au terrain de football non aménagé, ils demandèrent au conducteur de s’arrêter.

            Pendant qu’ils étaient encore à bord,  Arnold Mbendo dégaina une arme défensive. Malgré la faible lumière qui règnait dans le secteur, Kibadila Nsiampasi s’aperçut que c’était un revolver GP. Menacé, l’infortuné conducteur descendit tout tremblotant de peur, avec les clés de contact dissimulées entre les doigts. Il s’éloigna du lieu de son agression, en s’imaginant que si les bandits constataient le jeu, ils le rattraperaient et l’abattraient sans autre forme de procès. Demeurés dans la voiturette, Arnold Mbendo et son comparse Jules Onya Ongondu cherchèrent désespérément les clés de contact qui étaient introuvables. Entretemps, le taximan avait réussi à ameuter les passants en leur révélant qu’il venait d’être victime de braquage de la Toyota et d’ajouter que les bandits étaient bloqués.

            Comme un seul homme les badauds s’approchèrent prudemment de l’engin et parvinrent à cueillir les deux malfrats. Ils furent molestés copieusement et n’eurent la vie sauve qu’à l’arrivée des policiers de passage par-là. Arnold Mbendo et Jules Onya Ongondu furent acheminés la même nuit, à l’état-major du Groupement de recherche et investigations où ils furent reconnus comme étant des braqueurs récidivistes, fichés par les services d’enquête de la police dans la ville de Kinshasa.

Investigations lancées, l’arme des bandits fut  identifiée comme un GP de type calibre 12 de fabrication artisanale.

Par la même occasion, l’on apprit qu’un autre chauffeur de la voiture Toyota IST, avait été braqué le 22 mars 2015, vers 22 H, à la hauteur du Pont Makelele dans la commune de Kintambo. Kalombo Amba Kabeya qui avait transporté des clients, ne pouvait s’imaginer que c’était des malfaiteurs. Le chef de bande, auteur de cette extorsion, ont révélé plus tard, c’était le lieutenant-colonel Mwanza Kabulu Thoms alias Watsh Muzungu. Aujourd’hui en cavale avec sa bande, ce malfaiteur est vivement recherché par les services du Groupement de recherche et investigations.

La voiture volée, portait pour plaques minéralogiques 2456 AG 10 de couleur grise.

Les enquêtes se poursuivent pour tenter de mettre hors d’état de nuire ces brigands, et éradiquer ces braquages et autres vols.

                                                                                                                 J.R.T.