Des anciens IPJ de parquets en formation au centre de Kasangulu

0
251

Depuis deux semaines, des anciens inspecteurs de police judiciaire des parquets de la RDC, sont en formation au Centre d’instruction de la police de Kasangulu. Pendant deux mois, ces techniciens chevronnés de la police judiciaire apprendront des notions sur l’historique, les lois régissant la Police nationale congolaise, ses principales structures de commandement et d’exécution, ses missions ordinaires et spéciales, son fonctionnement, le statut et le code de déontologie du policier, le cadre organique et le plan d’action  stratégique, le plan quinquennal de mise en œuvre de la réforme de la police, ainsi que la loi de programmation. Et comme ils ont intégré un nouveau corps qui a ses principes, ses réalités et ses spécificités, une équipe d’experts du Comité de suivi de réforme de la police et ceux de la Cellule d’appui et de mise en œuvre de la formation, a été chargée de leur dispenser des modules basés sur la doctrine de la Police de proximité, et surtout sur le rôle des Comités locaux de sécurité et des Comités provinciaux de sécurité de proximité.

Des notions qui reflètent la nouvelle vision de la police en RDC et dont l’expérimentation est testée dans quatre provinces-pilotes dont Kinshasa, Bas-Congo, Sud-Kivu et Kasaï occidental.

         Cette série de sessions de formation qui vient à peine de démarrer, répond, comme il faudrait le souligner, aux inquiétudes exprimées par de nombreux inspecteurs de police judiciaire des parquets qui, au lendemain de la création de la Police nationale congolaise, voyaient leur carrière plongée dans l’incertitude et leur avenir s’assombrir. Et quand il a été décidé leur intégration au sein de la Police nationale congolaise, ils ont été détachés du ministère de la Justice pour être placés sous la tutelle du ministère de l’Intérieur. Les plus pessimistes ont démissionné, préférant travailler dans les entreprises privées.

Intégrés alors dans les rangs de la Police nationale congolaise, sans grades, des anciens inspecteurs de police judiciaire des parquets ont bénéficié de quelques fonctions de responsabilité à compter sur les bouts de doigts, tandis que les autres abandonnés à leur triste sort, ne savaient plus à quel saint se vouer.

Les récriminations des IPJ enfin prises en compte par le gouvernement

 Face à l’incertitude du lendemain, ils avaient écrit au ministère de la Justice pour présenter leurs revendications. Tous formés dans les méthodes d’interrogatoire des criminels, et d’investigations aussi bien dans la recherche des preuves dans les affaires criminelles, de meurtre, d’assassinat, d’empoisonnement, de contrefaçon des billets de banque, de la consommation des stupéfiants et autres faits répréhensibles, que dans la traque des malfaiteurs, ils estimaient  qu’ils étaient assez outillés pour continuer à exercer leur profession. Pour une longue expertise accumulée dans les divers domaines de la police technique et scientifique, ces anciens inspecteurs de police judiciaire espéraient obtenir des fonctions correspondant à leur ancienneté dans le métier. Ils ne voyaient donc pas pourquoi ils seraient soumis à une autre formation d’officier de police judiciaire, à moins que ce soit pour apprendre les nouvelles techniques d’enquête dans la lutte contre la cybercriminalité, la criminalité transfrontalière, le trafic d’êtres humains, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

C’est donc pour sauvegarder leurs emplois que plus au moins 460 ont opté de devenir des agents de carrière de la Police nationale congolaise, avec l’avantage de suivre la formation de base, de porter l’uniforme et d’acquérir les grades supérieurs de la police. 128 seulement et pour des raisons de convenance personnelle, ont préféré garder leur statut, ainsi que leurs grades civils de la Fonction publique.

         Le choix étant librement fait, les anciens inspecteurs de la police judiciaire des parquets intégrés au sein de la Police nationale congolaise vont devoir poursuivre leurs carrières sous deux statuts de policier ou de civil, mais exerçant les missions d’enquêtes criminelles et de prévention des crimes.

              J.R.T.