Des analphabètes de Limete «libérés» de l’ignorance

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Des dizaines des habitants de  Kingabua,   commune de Limete, analphabètes ,  viennent de suivre pendant plusieurs mois  des cours pratiques  axés sur la lecture, l’écriture, les notions élémentaires de savoir-vivre, le Vih sida, les violences sexuelles, les opérations fondamentales…. . L’ong Elaies, initiatrice de ces cours, a bénéficié de la bienveillance  de l’Unifem. La cérémonie officielle de ladite  session  a eu lieu le vendredi 17 septembre 2010 , sur la rue Ingila, commune de Limete.  La quarantaine d’ apprenants, pour la plupart des dames , ont reçu des mains des invités, à savoir des délégués de l’autorité communale, et de plusieurs  ong  leurs certificats d’alphabétisation. 

            Appelées à expliquer les raisons qui les ont poussées à répondre à l’appel d’Elaies, quelques dames ont fait des témoignages éloquents.

            Une sexagénaire a porté à la connaissance du public  avoir réceptionné un jour une lettre de son mari.  L’époux étant absent  de la capitale, elle s’est empressée de garder soigneusement cette correspondance. 

Mû par un pressentiment, elle a sollicité plusieurs  jours plus tard le concours de ses sœurs  pour en connaître le contenu. Gênées, elles lui ont révélé que la lettre provenait de sa rivale. En fait, l’expéditrice lasse d’attendre l’agent de la Snel, qui l’avait séduite, se plaignait de se morfondre seule, à Libenge. Pour ne pas éveiller les soupçons de leur beau-frère, les sœurs de la narratrice ont pris soin de refermer soigneusement la fameuse correspondance.

            Dès que le  mari a regagné le toit conjugal, l’épouse cocufiée lui a remi la lettre.

            La dame qui attendait avec anxiété la réaction de son   mari, s’est entendu dire « Mes employeurs me demandent de retourner dans l’arrière-pays dans les jours à venir»

Le soir, la dame a empilé ses effets et expliqué à son époux avoir été trahie. Confondu, l’agent de la Snel a            reconnu les faits.

            « Mon mari me traitait souvent d’animal, et ne prenait pas la peine de cacher ses documents. Désormais, il cache soigneusement ses papiers », a-t-on  entendu de la bouche d’une autre dame, relativement jeune. 

Un ballon d’essai concluant 

            Ces témoignages ont été précédés des allocutions du président d’Elaies, Jérémie Agalia, du responsable communal de Limete en charge du genre, enfant et famille….

Jérémie Agalia a tenu d’abord à remercier l’Unifem pour avoir accepté de les accompagner dans leur démarche.  Il a dit aussi merci au formateur Willy Mondjombo, qui en dépit de ses occupations professionnelles, s’est acquitté brillamment de sa tâche.

            «En alphabétisant ces dames de Kingabua, nous contribuons à notre manière à la reconstruction du pays», a-t-il indiqué. Nous avons travaillé avec des moyens du bord.  Et d’ajouter qu’ayant mis l’accent cette fois-ci sur le lingala classique, l’orthographe des mots couramment usités, ils envisagent de dispenser d’autres modules aux apprenants.

            La déléguée de l’autorité communale a demandé à ses consoeurs de capitaliser les connaissances acquises.

            L’ong Elaies existe depuis l’année 2007.  La protection des enfants, la promotion de la femme, la défense des personnes vulnérables et les actions pour le développement communautaire sont ses domaines de prédilection d’Elaies.    Les cours ont  démarré au mois d’octobre 2009 et ont pris fin à la mi- septembre 2010.  Ils ont été dispensés d’abord dans la salle paroissiale de  Saint Gonza, ensuite dans l’église, la « Montagne Sainte.  Le formateur est enseignant de formation.  

Jean- Pierre Nkutu

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