Des agents traquent des « produits périmés » dans les pharmacies

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pharmacieEcrasés chaque semaine par des multiples missions de contrôle intempestives de la part des agents de l’Etat réguliers ou irréguliers, doublées des tracasseries administratives et policières, les tenanciers des pharmacies de Kinshasa ne cessent de se plaindre. Et pour cause !

A les en croire, ils reçoivent de policiers parfois en tenue civile, qui sillonnent depuis des lustres, des pharmacies de la ville de Kinshasa. Leur modus operandi contraire aux règles normales de procédure de contrôle, démarre avec le nom d’un produit qu’ils achètent en exigeant la facture d’achat. Aussitôt servis, ils disparaissent. Des minutes plus tard, ces policiers reviennent pour formuler des réclamations. Ils remettent le produit au vendeur, sous prétexte qu’il est périmé, et pour faire accréditer cette version, ils lui exhibent la facture d’achat.

Pour ces policiers, la faute est commise, au motif que l’officine revend des produits périmés, impropres à la consommation, et dont on ignore s’ils ont causé de nombreux dégâts sur des malades. Tout devant se régler à l’amiable sur le champ, une amende de 200.000 FC est exigée. Le vendeur qui se culpabilise, ne peut que céder aux menaces de fermeture de la pharmacie, à la perte de son emploi.

Après négociation, le montant de l’amende convenu est payé entre les mains de ces agents, sans qu’aucune quittance ne soit remise à la pharmacie prise en défaut.

Mais dans les officines tenues par des pharmaciens, le médicament exhibé par les policiers est comparé aux produits exposés et ceux en stock. Et c’est là que l’on découvre que le produit restitué, ne fait pas partie du lot mis en vente. Et il faut être assez vigilant pour détecter la supercherie et déjouer la manœuvre.

Ces policiers, opèrent, sans bulletin de service. Le plus souvent, sans dévoiler l’objet de leur mission, ils prétendent rechercher des produits pharmaceutiques périmés et interdits de vente en RDC, dont ils détiennent seuls la liste.

            Dans la plupart des pharmacies visitées par ces policiers, l’on commence à comprendre l’arnaque.

            Mercredi dernier, quelques policiers se présentant comme lâchés sur le terrain par les responsables du district de la Lukunga, ont effectué la ronde de nombreuses officines de la commune de Bandalungwa, avec pour mission de vérifier si le sérum de réhydratation orale de l’Unicef était mis en vente. Surpris en flagrant délit de vente d’un produit interdit de vente, le tenancier a été sommé de payer une amende, ou à défaut de suivre les agents au Camp Lufungula.

            Il revient donc aux responsables du district de la Lukunga de discipliner leurs hommes, afin qu’ils ne se consacrent qu’aux missions de contrôle régulières, sanctionnées par des rapports détaillés ,qui peuvent susciter l’organisation des campagnes de sensibilisation, de prévention et de traitement de certaines maladies.

J.R.T.