Des agents en civil fouillent et pillent de paisibles citoyens

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Des «  opérations policières » menées ces temps derniers, par quelques agents en civil sous prétexte de traquer des déserteurs de la police et de l’armée et autres éléments incontrôlés, perturbent la quiétude qui règne dans la ville de Kinshasa. 

            Les uns opérant à pied, à deux ou trois, les autres souvent cinq, roulant à bord des jeeps Toyota Land Cruiser de couleur blanche aux plaques minéralogiques recouvertes, ces agents non identifiés prétendant être des « services », ciblent les piétons chargés de mallettes et des sacs volumineux. Interpellations intempestives, quelques questions. Ce semblant d’interrogatoire se termine toujours par la fouille des sacs et des mallettes. Les victimes éloignées de leurs biens, ne savent pas ce qu’on y soutire à leur insu. Généralement, ce sont des téléphones portables V.I.P. et des billets de banque qui justifient ces «  contrôles policiers » aux allures de tracasseries.

Vendredi dernier, Cyprien Kabangu, fonctionnaire dans une banque commerciale de la place, allait à la rencontre des commissionnaires immobiliers quand il a été interpellé dans les parages des Alimentations Express sur le boulevard du 30 juin, par deux hommes en civil. Ils l’ont interpellé au motif qu’ils recherchaient des déserteurs et autres éléments incontrôlés qui dérangent les paisibles citoyens. Au lieu de se limiter à ces quelques questions, ces deux «  agents » l’ont traîné derrière des véhicules en stationnement, juste pour soumettre son sac à une fouille systématique loin des regards.

Relâché après ces tracasseries policières, le fonctionnaire a poursuivi son chemin à pied. C’est vers les Nouvelles galeries présidentielles qu’il a eu la présence d’esprit de contrôler le contenu de son sac. Surprise désagréable. L’enveloppe contenant sa garantie locative de 2.300 dollars avait disparu. De retour sur le lieu de sa fouille, les deux «  agents interpellateurs » s’étaient volatilisés dans la nature, sans laisser des traces. Aujourd’hui, Cyprien Kabangu ne sait plus à quel saint se vouer. Pour ce «  vol », il a promis de se référer à la justice de nos ancêtres.

Sébastien Yengo, travailleur dans une société de la place, a pour sa part, vécu une mauvaise expérience avec ces agents spécialistes de tracasseries policières. Venant du boulevard Triomphal en longeant à pied l’avenue Kasa-vubu pour atteindre le rond-point Victoire, ce travailleur sera interpellé à la hauteur de l’avenue Oshwe par trois personnes à bord d’une jeep Toyota Land Cruiser de couleur blanche. Que cherchaient-ils ?

Un contrôle des pièces d’identité d’abord. Bien que Sébastien Yengo était en ordre, ils exigeront par la suite, de jeter un coup d’œil dans sa mallette pour voir si elle contenait des armes. Lui dehors, son sac a été fouillé à bord du véhicule. Et quand on le lui a retourné, il ne s’imaginait pas que ces agents interpellateurs avaient fait main basse sur certains de ses biens, notamment un téléphone ipad de marque Samsung, un appareil photo numérique Nikon, et la somme de 380 dollars et 40.000 FC. Il fera ce constat malheureux au moment où il voulait acheter des cartes prépayées. Sa mallette était délestée de ses effets. De ce groupe, il a retenu qu’ils étaient cinq et opéraient dans une jeep aux plaques d’immatriculation recouvertes. Difficile de l’identifier, afin de retrouver leurs traces.

Vendredi 31 janvier, un journaliste a été la cible de ces agents tracassiers opérant à pied aux abords du boulevard Triomphal. Ils étaient six en tenue et prétendaient contrôler les piétons. En réalité, ce n’était pas les papiers d’identité qui les préoccupaient, mais le sac garni du chevalier de la plume qui a requis l’anonymat. En déclinant son identité, le journaliste leur a signifié qu’il avait rendez-vous avec un des responsables de la police au Palais du peuple. En entendant ces propos, ces éléments «  incontrôlés » ont battu en retraite, priant le chevalier de la plume de poursuivre calmement sa route.

Ces pratiques de tracasseries policières et de rançonnement de paisibles citoyens sont aux dires d’une source policière, monnaie courante dans la ville de Kinshasa. La hiérarchie de la police met toujours en garde les policiers contre ces pratiques. Et notre source de préciser que les éléments indisciplinés poursuivis pour ces infractions, sont toujours condamnés, sinon sanctionnés administrativement. Autre chose, toute opération policière est couverte par un ordre de mission ou un bulletin de service précisant l’objet de la mission, la composition des membres de l’équipe qui l’effectuent, ainsi que sa durée. Une opération qui ne répond pas à ces critères, est tout simplement irrégulière, et source de tracasseries.                                                                                                                                                                    J.R.T. 

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