Des acteurs sociaux informés des répercussions écologiques des conflits armés

0
29

 

Le Réseau d’Organisation  des Droits de l’Homme  et d’Education Civique d’Inspiration Chrétienne « Rodhecic » a organisé  le samedi 22 décembre 2012 au Cepas une journée d’échanges sur la guerre de l’Est et ses répercussions sur l’environnement.

Cette activité entre dans le cadre du partenariat qui lie le Rodhecic et le Fonkaba. Ceci consiste à faire entendre les préoccupations des kivutiens auprès des décideurs politiques.

Le ministre  Nsamputu s’est fait représenter par la conseillère Gema. Joseph Bobia,  coordonnateur du Réseau Ressources Naturelles «RRN» et principal intervenant de cette journée, a édifié l’assistance sur ses connaissances de la région du Kivu et des problèmes écologiques.

La guerre du Kivu a  affecté notre environnement. Ceux qui entretiennent la guerre  visent nos richesses.  C’est  aussi pour avoir l’argent facilement et acquérir le pouvoir, a indiqué Bobia.

Au Kivu, on  pratique l’exploitation artisanale des ressources minières.  Certaines personnes utilisent un matériel lourd. Pour écouler ces  minerais, des  civils recourent des fois aux bandes armées.

Bobia a révélé avoir vu un jour 16 petits porteurs atterrir à Walikale, et repartir  avec  8000  kilos des minerais.

Mais vers quelles destinations ? Très peu de ces avions atterrissent à Goma, a-t-il précisé.

En construisant des galeries, on déboise les forêts. Les bombes qui risquent un jour de rendre infertile le sol.           

Quatre « feux »

Le parc de Virunga  contient du pétrole.  Les habitants du coin disent que leurs parents servaient des guides aux touristes.

Il est nécessaire de gérer les impacts négatifs liés à l’exploitation de cette ressource , a-t-il souligné.

Entretemps, le gaz méthane  enfoui dans le lac Kivu et non encore exploité peut exploser un jour . Il y a aussi  le volcan de Nyragongo.  Et si on ajoute les conflits armés, on peut  parler de quatre feux au Nord Kivu.

Questions

Y a-t-il une politique de prévention de ces «feux»? Dans la foulée, il a déclaré qu’il n’y a pas de politique forestière chez nous. Le Code forestier en vigueur  n’apporte pas grand-chose dans les caisses de l’Etat.

Il a fait observer  qu’une grande partie du pays est quadrillée par les blocs pétroliers.

La cuvette centrale risque d’être déboisée. Le gouvernement peut-il solliciter des compensations ?

Le chargé des projets du Rodhecic  a rappelé  à l’assistance  les propos tenus par le   secrétaire général des Nations Unies le 6 novembre 2012.

 «Depuis 1990, au moins 18 conflits violents se sont nourris de l’exploitation des ressources naturelles. Parfois, ils trouvent leur origine dans la dégradation de l’environnement ou dans la marginalisation des populations locales.

A l’Est de la RDC, les minerais censés servir à élever le niveau de vie des millions d’habitants sont détournés pour financer des groupes armés et prolonger la violence… », a-t-il souligné dans le cadre de la journée internationale pour la prévention de l’exploitation de l’environnement en temps de conflit armé.

Paul Kabeya a rappelé ensuite que la RDC est confrontée à de nombreux défis ,  entre autres environnementaux.

Dans  les rapports sur la guerre en RDC, les conséquences environnementales sont éludées, a-t-il souligné.

Le séjour des réfugiés rwandais et burundais en RDC, le pillage des ressources naturelles, le déplacement massif des populations…. ont eu un impact négatif sur l’environnement et la biodiversité.

850.000 sur le 2 millions des réfugiés qui ont séjourné en RDC se sont regroupés dans des camps sur les flancs du parc de Virunga en y coupant du bois. Ils auraient détruit 300 kilomètres carrés.

L’exploitation du gaz méthane au lac Kivu, du pétrole au parc de Virunga sont  autant des sujets qui ont une incidence sur l’environnement, a précisé Kabeya.

C’est pour  s’enquérir des effets  des conflits armés à l’Est sur l’environnement et ses conséquences sur le plan social ,  comment réparer ce préjudice, ou encore connaître  le point de vue  du gouvernement  par rapport au projet d’exploitation du pétrole au parc de Virunga et prévenir les troubles qu’engendrerait l’extraction de ces ressources, qu’ils ont initié ces échanges, a-t-il indiqué. Gema est revenue  sur les efforts déployés par le ministère de tutelle en matière d’environnement tandis que Jean-Baptiste Ndundu  a annoncee qu’ils vont désormais s’intéresser davantage aux problèmes environnementaux, et  dialoguer beaucoup plus avec les élus en 2013.

Jean-Pierre Nkutu

LEAVE A REPLY

*