Députés : deuil dans les états-majors !

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48 heures après la tenue des élections présidentielle et législatives nationales, disions nous dans notre livraison d’hier, la majorité des Congolais étaient en possession des résultats partiels ayant sanctionné ces deux scrutins couplés. Le constat à faire au vu des chiffres ramenés des centres et bureaux de dépouillement par des milliers de « volontaires » est que le 28 novembre 2011, un terrible tsunami électoral a secoué la classe politique congolaise.

Le sinistre a frappé plus de 18.000 candidats en général et des caciques du pouvoir en place (ministres, sénateurs, députés, gouverneurs de provinces, mandataires publics), en particulier.
Nombre d’entre eux qui rêvaient de se repositionner à l’Assemblée nationale pour la mandature de 2011 à 2016 ont connu une cruelle désillusion.

Depuis la clôture des opérations électorales, l’euphorie de la campagne électorale a cédé la place au deuil dans de nombreux états-majors des partis et regroupements politiques. L’heure est à la méditation sur les causes lointaines et immédiates de la déconfiture. Certains membres de la famille politique du Chef de l’Etat, subitement habités par un fair-play qu’on ne leur connaissait pas, ont eu le courage et l’honnêteté de reconnaître leur défaite et de l’annoncer eux-mêmes à leurs parents, amis et connaissances.

Tout en saluant leur attitude sportive, l’on ne peut s’empêcher de souligner que le souverain primaire vient d’adresser là un avertissement sans frais aux « survivants » de ce tsunami électoral ainsi qu’aux futurs nouveaux locataires de l’hémicycle de Lingwala. Ce vote aux allures d’une lourde sanction populaire contre ceux qui n’ont pas su répondre aux attentes des électeurs est à interpréter comme l’expression du ras-le-bol des masses congolaises face à l’incertitude croissante du lendemain. Il est aussi la conséquence de la complaisance ayant caractérisé les relations entre le Gouvernement et l’Assemblée Nationale. Pendant les cinq années d’une législature caractérisée par plusieurs scandales de gestion du patrimoine collectif, le peuple a eu la nette impression que l’organe de contrôle de l’exécutif a préféré la prolongation de la récréation à la tolérance-zéro. En effet, malgré des déballages à répétition sur des dossiers noirs de gestion de la chose publique, le Palais du peuple n’a fait tomber aucun gouvernement, aucun ministre et aucun mandataire public.

Les députés de la Majorité Présidentielle se sont pratiquement érigés en syndicats de protection des pilleurs de la République, favorisant du coup l’impunité à grande échelle. En outre, pendant que les députés s’employaient à améliorer leur confort personnel à l’occasion du vote de chaque budget de l’Etat, imposant au passage le huis clos aux médias lorsqu’il s’agissait de débattre de leurs émoluments et grosses cylindrées, le commun des Congolais était contraint de tirer le diable par la queue.

Vers le renouvellement de la majorité parlementaire

Avec l’entrée plus ou moins proche mais certaine de nouveaux « honorables » à l’Assemblée Nationale, celle-ci est en passe de basculer vers une nouvelle majorité. L’on pense, au regard des chiffres en circulation, tels que compilés au terme des opérations de dépouillement, que les différentes sensibilités de l’Opposition pourraient prendre le contrôle de la chambre basse du Parlement.

Que dire de ce tsunami politique ? La principale leçon à en tirer est que le souverain primaire, ce juge impartial, a soigneusement suivi et analysé à la loupe, pendant cinq ans, les faits et gestes de ses élus de 2006, avant de distribuer de bons points à une minorité, et de mauvaises notes à la majorité d’entre eux. D’ores et déjà, les rescapés de 2006 et les « lauréats » de 2011 devraient profondément réfléchir à la mission que le peuple attend d’eux à l’hémicycle de Lingwala et se préparer en conséquence. Les députés sortants, dont les mandats ont été renouvelés, connaissent, mieux que quiconque, le prix de la fidélité à leur serment de serviteurs et défenseurs des sans-voix.

Kimp

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