Pétrole du Plateau continental : RDC-Angola : vieille querelle autour des Blocs 14 et 15

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Depuis la vague des expulsions massives des ressortissants de la RDC du Congo/Brazzaville et de l’annonce par l’Angola du début, à compter du 15 mai 2014, du recensement général de sa population, dont personne n’ignore les répercussions néfastes sur les immigrants congolais, le dossier du pétrole congolais pompé impunément par l’Angola voici plusieurs décennies est maintenant dans tous les esprits. Dans les cercles politiques et d’affaires de Kinshasa, l’on note une grande soif de connaître la vérité sur les tenants et aboutissants de la manne pétrolière qui ne profite toujours pas au peuple congolais, pour des raisons obscures.

            Selon un expert des questions pétrolières qui a joint hier Le Phare, de gros intérêts sont en jeu sur le fameux Plateau Continental de la RDC, une zone maritime entièrement congolaise, mais où la République d’Angola exploite le pétrole et en tire de dividendes plantureux en devises depuis plusieurs dizaines d’années.

            Les gisements pétroliers congolais les plus touchés par cette exploitation illégale se trouvent concentrés dans les Blocs 14 et 15. En dépit des revendications de Kinshasa, Luanda refuse de se retirer du prolongement du territoire congolais sous l’Océan Atlantique ou de lui rétrocéder des royalties résultant de l’exploitation de son pétrole. Selon l’interlocuteur du Phare, l’occupation anarchique, par l’Angola, du Plateau Continental congolais ne devrait pas appeler une quelconque négociation entre les deux parties. Les Angolais devraient y être délogés, de gré ou de force, afin de laisser aux fils et filles de la RDC la pleine jouissance de leur manne pétrolière.

            Ainsi, lorsque l’on parle de la production pétrolière de l’Angola chiffrée à plus d’un million de barils par jour, l’on devrait en principe constater que le gros de ce pétrole est exploité sur la zone maritime congolaise, où la RDC, propriétaire des Blocs 14 et 15, ne produit que le ridicule tonnage de 25.000 barils par jour, quarante fois inférieur à celui de son voisin angolais.

            L’autre éclairage apporté à l’opinion congolaise par la source du Phare est que la fameuse Zone d’Intérêt Commun (ZIC) se situe entièrement en territoire angolais, plus précisément dans l’Enclave de Cabinda. Il s’agit en fait d’une astuce trouvée par la partie angolaise pour flouer les Congolais, en leur faisant croire qu’ils pouvaient eux aussi manger à la même table que les pilleurs de leur Plateau Continental.

            En réalité, affirme notre expert, la fameuse Zone d’Intérêt Commun n’a jamais connu un début d’exploitation ni par l’Angola, encore moins par la RDC. En fait, la « ZIC » ressemble encore à un territoire vierge, où il n’existe aucune activité pétrolière. Propriétaire des gisements pétroliers de cette partie de son Plateau continental, Luanda n’est nullement pressé de démarrer l’exploitation pétrolière dans cette partie de l’Océan Atlantique. En conséquence, la RDC risque d’attendre inutilement, pendant des décennies, le partage des dividendes pétroliers sur une Zone d’Intérêt Commun que son voisin angolais n’a nullement l’intention de mettre en valeur.

            Moralité de l’histoire : les autorités de Kinshasa devraient cesser de rêver de recevoir quoi que ce soit de l’Angola en provenance de la Zone d’Intérêt Commun. D’où, la bataille qui vaille pour Kinshasa, c’est celle de la « libération » de son Plateau Continental, et principalement des Blocs 14 et 15, de la mainmise de l’Angola. Sans quoi, la guerre du pétrole est d’avance perdue par la RDC sur la côte de l’Océan Atlantique.

                                               Kimp

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