Dépenses électorales : le FMI salue la discipline de la RDC

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« Les pressions en faveur des dépenses s’intensifient du fait des élections nationales et constituent le risque principal (des tensions inflationnistes, NDLR), mais le gouvernement a jusqu’à présent réussi à maintenir les grandes orientations énoncées dans son programme économique ». C’est en ces termes que Robert York, délégué du Fonds Monétaire International(FMI) en mission en RD Congo, a agréé, le samedi 3 septembre 2011, les efforts que l’Exécutif national congolais fournit pour préserver la position budgétaire, notamment dans la perspective des élections présidentielles et parlementaires de novembre prochain.

En effet, c’est au cours d’une conférence de presse tenue au hall du ministère des Finances que ce fonctionnaire des Institutions de Bretton Woods a tenu d’abord à féliciter les autorités congolaises pour les bons résultats enregistrés durant le premier semestre de cette année, grâce à la mise en œuvre satisfaisante des politiques macroéconomiques. Pour lui, il importe de maintenir les grandes lignes de ces politiques pour maîtriser les tensions inflationnistes.
Entourés des officiels congolais dont le ministre des Finances, Matata Ponyo, et son homologue du Budget, Jean-Baptiste Ntahwa, ainsi que le gouverneur de la Banque centrale du Congo, Jean-Claude Masangu, Robert York les a exhortés davantage à la discipline en matière de dépenses. Celle-ci, insiste-t-il, sert d’ancrage au programme économique du gouvernement, lequel s’appuie par ailleurs, en matières de recettes, sur le paiement anticipé de certains impôts, les réformes administratives et les augmentations des prix intérieurs des carburants.

Tout en encourageant le gouvernement à mobiliser davantage de recettes intérieures afin d’accroitre l’enveloppe des ressources permettant d’augmenter les crédits de lutte contre la pauvreté et de compenser le faible niveau d’appui budgétaire extérieur, Robert York a souligné que cette question de mobilisation des recettes intérieures a été l’un des temps forts des entretiens qui ont eu lieu sur le projet de loi de finances de 2012.
A la BCC, il a exhorté à rester vigilante face au risque d’une accélération de l’inflation qui pourrait déstabiliser l’économie. « Le maintien des taux directeurs à des niveaux suffisamment positifs en termes réels contribuera à faire reculer l’inflation, à réduire les anticipations inflationnistes et à atténuer toute pression baissière éventuelle sur le taux de change », a-t-il conclu.

A la tête d’une Mission qui a séjourné à Kinshasa du 24 août au 3 septembre dernier pour dresser un bilan des progrès enregistrés par les autorités et débattre avec elles des politiques économiques dans le cadre de la quatrième revue de l’accord conclu au titre de la Facilité Elargie de Crédit( FEC), Robert York et les siens ont pris note des progrès enregistrés sur un large éventail de réformes structurelles. Cependant, ils ont signalé qu’il était nécessaire d’accélérer la marche de certaines mesures pour mettre pleinement en œuvre le programme. Parmi celles-ci, indique-t-on, il est essentiel d’avancer sur le dossier de l’amélioration de la gouvernance et de la transparence dans les industries extractives.
Quant aux services du FMI, ils promettent qu’ils seront en mesure d’appuyer l’achèvement de la 4ème revue de l’accord FEC pour autant que les résultats continuent d’être satisfaisants et qu’il soit possible de s’entendre sur les politiques et réformes structurelles pour la période à venir.

Pour rappel, le FMI a conclu qu’en dépit d’une conjoncture économique internationale difficile, les résultats macroéconomiques congolais demeurent solides et en 2011 la croissance pourrait dépasser les 6 et demi % initialement projetés. L’activité économique bénéficie de l’évolution favorable des cours des matières premières minérales exportées par le pays et de la bonne tenue de la demande intérieure. L’envolée des prix mondiaux des produits énergétiques et alimentaires durant les premiers mois de cette année a conduit à une accélération de l’inflation intérieure, mais le rythme de cette dernière est désormais modéré. Cela dit, cette année l’inflation se maintiendra vraisemblablement bien au-dessus de l’objectif à un seul chiffre fixé par la Banque centrale.
Outre les membres du gouvernement qui l’ont accompagné au cours de cette rencontre, le chef de Mission a rencontré au cours de son séjour le président du Senat, Léon Kengo ; le 1er ministre, Adolphe Muzito ; le ministre du Portefeuille, Jeannine Mabunda ; le ministre des Mines, Kabwelulu, etc.

Tshieke Bukasa

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