Deogratias Mutombo invite les Congolais à investir au pays

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banque-centrale-bccOn ne doit pas attendre les fonds publics à l’investissement pour agir. Les compatriotes sont censés investir à partir des capitaux personnels qu’ils détiennent en vue d’impulser la croissance économique nationale. Cette invitation est du Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, Deogratias Mutombo Mwana Nyembo.

Il l’a lancé, le vendredi 2 octobre, à l’occasion du compte rendu de la 9ème réunion du CPM (Comité de politique monétaire) de l’année 2015. C’était la 29ème depuis son avènement à la tête de l’Institut d’Emission.

Après avoir analyséla conjoncture économique tant au plan international que national, qui reste marquée par le ralentissement de l’activité économique en Chine, le CPM s’est félicité de la stabilité du cadre macroéconomique national. Raison pour laquelle il a décidé de maintenir inchangé le taux directeur à 2,0%.

Par ailleurs, pour faire face aux effets du ralentissement au niveau international et résorber le déficit infrastructurel, notamment dans le secteur des transports, par le désenclavement des zones de production, le CPM souligne la nécessité de prendre des mesures appropriées.

Ainsi, pour permettre à a RDC qui compte actuellement parmi les rares pays africains à maintenir la stabilité, il faut observer deux éléments majeurs, à savoir : l’investissement et l’augmentation de la production.

Ci-dessous le compte rendu de la 9ème réunion du CPM :

Le Comité de Politique Monétaire de la Banque Centrale du Congo a tenu sa neuvième réunion ordinaire au titre de l’année 2015, ce vendredi 02 octobre 2015, dans la grande salle de réunions du Siège de l’Institut d’Émission, sous la présidence de Monsieur Déogratias MUTOMBO MWANA NYEMBO, Gouverneur et Président Statutaire.

Le Comité a procédé  à l’analyse de l’évolution récente de la conjoncture économique internationale et nationale et examiné les facteurs de risque pouvant peser sur les perspectives macroéconomiques à court terme en vue de décider sur l’orientation de la politique monétaire.

A cet effet, il s’en est dégagé ce qui suit:

Au plan international,

Dans son rapport sur les perspectives économiques intermédiaires du mois de septembre 2015, l’OCDE a revu à la baisse ses prévisions de croissance mondiale dans un contexte marqué par la stagnation du commerce mondial ainsi que la détérioration des conditions financières. Le taux de croissance devrait s’établir à 3,0 % en 2015, soit une contraction de 0,1 point par rapport aux prévisions de juin dernier après un taux de 3,3 %en 2014.

A cet effet, le CPM a salué l’initiative des banques centrales à entreprendre des politiques monétaires proactives à l’effet de dynamiser davantage la demande intérieure.

            Analysant l’évolution de l’économie chinoise, principal partenaire commercial de la RDC, il a été apprécié à sa juste valeur les efforts déployés par les Autorités de ce pays visant à assainir l’environnement en vue de booster l’activité économique intérieure, maillon non négligeable à la consolidation de la demande mondiale.

 Au plan national,

            La croissance économique, sur base des données de production à fin juin 2015, est estimée à 8,4 %, soit un recul de 1,1 point de pourcentage par rapport au niveau de fin décembre 2014. Ce recul est expliqué par le ralentissement de la contribution du secteur minier en proie à des contraintes majeures aux plans interne et externe. En attendant l’amélioration des conditions économiques et financières au plan international, le CPM a souligné la nécessité de prendre des mesures efficaces pour résorber le déficit infrastructurel dans les secteurs des transports, surtout le désenclavement des zones de productions alimentaires et de l’énergie, gage de la transformation de nos produits.

            Par ailleurs les résultats du baromètre de conjoncture à fin septembre indiquent la poursuite de la détérioration du solde brut d’opinions des chefs d’entreprises qui serait passé de 14,7 %à 10,7 %.

            Le marché des biens et services reste marqué par la poursuite de la stabilité, sur fond d’une bonne coordination des politiques macroéconomiques et de la baisse des prix des produits alimentaires sur le marché international. Ainsi, en septembre courant, le taux d’inflation est ressorti à 0,065 %contre 0,063 %en août. En glissement annuel, le taux d’inflation se situerait à 0,67 %, largement en deçà de l’objectif annuel fixé à 3,5 %.

            L’exécution des opérations financières de l’Etat au cours du mois de septembre a été caractérisée par une consommation des excédents budgétaires antérieurs.

            Sur le marché des changes, il a été noté une stabilité relative sur les différents segments. D’un mois à l’autre, à l’indicatif, le taux est passé de 927,65 CDF/USD à 925,45 et au parallèle de 933,00 CDF/USD à 932,25. S’agissant des réserves de change, le CPM a noté un fléchissement à 1,5 milliard de USD induit par les répercussions de l’environnement international sur la balance des paiements du pays. Des dispositions ont été prises pour remonter le niveau des réserves en vue de pérenniser la résilience de l’économie nationale.

            Concernant l’évolution des conditions monétaires, il a été noté un maintien du niveau des taux d’intérêt des banques commerciales notamment à la suite des facteurs structurels. Cette situation, qui est de nature à réduire la propension à investir, a été placée au centre des discussions interinstitutionnelles dont les résultats pourront induire une amélioration du financement de l’économie nationale.

            Par ailleurs, le guichet des facilités permanentes a permis aux banques d’obtenir des concours au taux de 4,5 %. Sur le marché interbancaire, les transactions se sont dénouées au taux moyen de 1,7 %.

            Pour ce qui est des agrégats monétaires, ils ont évolué en phase avec la programmation monétaire.

            Sur le marché des titres publics, entre fin août et fin septembre 2015, une ponction de la liquidité de 15,0 milliards de COF a été opérée par le Bon BCC en vue de contenir les pressions de liquidités induites par un réajustement des dépenses publiques. Cette tendance devrait se poursuivre à l’approche de la fin de l’année au regard de son caractère particulier.

            Sur base de l’analyse de la conjoncture et des facteurs de risque sur les perspectives à court terme, le Comité de Politique Monétaire s’est engagé à une politique monétaire proactive. Ainsi, il a décidé de maintenir inchangé le taux directeur à 2,0 %. S’agissant du coefficient de la réserve obligatoire sur les dépôts en devises à vue et à terme, il reste respectivement à 8 %et 7 %et celui sur les dépôts en monnaie nationale à vue, à 2 %et à terme, à 0 %.

La régulation de la liquidité se poursuivra via les adjudications des bons BCC.

Fait à Kinshasa,

le 02 octobre 2015

 

Déogratias MUTOMBO MWANA NYEMBO

Président