Demandeur d’un passeport biométrique : Katumbi hier à l’ambassade de la RDC à Bruxelles

0
552

L’ambassade de la République Démocratique du Congo à Bruxelles a enregistré hier mardi 20 février 2018, une visite insolite. C’était celle de l’ancien gouverneur de l’ex-province du Katanga, Moïse Katumbi, en exil à l’étranger depuis 2016. Naturellement, dès que
l’homme s’est présenté à la porte d’entrée, à la tête d’un petit groupe d’accompagnateurs, c’était une forte agitation au niveau du personnel, au regard des relations tumultueuses entre l’intéressé et les hommes au pouvoir à Kinshasa, qui sont en fait ses anciens
compagnons de route au sein de la Majorité Présidentielle, son ancienne famille politique.

Le mobile de la présence de ce candidat déclaré à la présidence de la
République dans les locaux de la représentation diplomatique
congolaise en Belgique, n’était autre qu’une demande d’obtention du
passeport biométrique. On laisse entendre que la requête a installé un
terrible malaise au sein du personnel, qui ne savait s’il fallait le
refouler illico presto ou l’installer dans la salle d’attente.
Après un moment de flottement, il a été effectivement autorisé à
s’installer comme tous les requérants du passeport biométrique et
même, quelques minutes plus tard, reçu dans la salle réservée à
l’enregistrement des données sur son identification. Alors que Moïse
Katumbi croyait son dossier en voie d’être traité comme ceux d’autres
compatriotes, il a été constaté un ballet du personnel d’un bureau à
l’autre, comme si tout le monde attendait un ordre de quelque part.
Finalement, la réponse que l’on imaginait est arrivée. Le requérant a
été prié de retirer un formulaire de demande de passeport, d’aller le
remplir tranquillement chez lui et de le ramener plus tard.
Selon des fuites échappées des couloirs, un ordre venu de Kinshasa
aurait instruit le personnel de l’ambassade de ne pas donner suite à
la requête du président du TP Mazembe. La conséquence immédiate de ce
refus qui ne dit pas son nom, est que Moïse Katumbi, sans passeport en
cours de validité, se trouve dans l’incapacité d’envisager un
quelconque retour au pays, comme il ne cesse de l’annoncer depuis la
signature de l’Accord du 31 décembre 2016.
On croit savoir que l’homme est rattrapé par sa condamnation
judiciaire dans une affaire immobilière il y a deux ans. Son dossier
est d’autant compliqué qu’aux yeux des autorités nationales, c’est un
fugitif dont la place est en prison, où il devrait purger sa peine.
Parti à l’étranger sur autorisation du Procureur général près la Cour
d’Appel de Lubumbashi, pour des raisons médicales, Moïse Katumbi est
singulièrement mal vu à Kinshasa pour n’avoir pas regagné le pays au
terme de son traitement médical, et pour s’être lancé dans une vaste
campagne de sape du pouvoir en place en Europe, aux USA et même le
continent africain.
Présenté comme l’un des bailleurs de fonds de la diaspora et de
l’Opposition hostiles au pouvoir, il trouvera toujours porte close à
toute initiative de retour au pays tant que ne sera pas mise en œuvre,
de manière intégrale, la mesure de libération des prisonniers
politiques  réputés « emblématiques ». Mais pourquoi cet opposant, qui
n’ignore pas ce que l’on pense de lui au sein de son ancienne famille
politique, s’est tout de même permis de se présenter à l’ambassade de
son pays à Bruxelles ? Ne s’agirait-il pas d’un acte délibéré de
provocation, d’autant qu’il s’est tapé un petit bain de foule à sa
sortie ?
Kimp