Délimitation du Plateau Continental de la RDC : langage des sourds entre Siluvangi et Muzito

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Comme prévu, le Premier ministre a répondu présent au rendez-vous avec les sénateurs. Il a tenté de rencontrer leurs préoccupations soulevées en marge de la question orale avec débat de leur collègue Siluvangi Raphaël.
Ce dernier voulait obtenir, à travers sa démarche, des explications sur la délimitation du plateau continental de la République démocratique du Congo. Question ayant fait l’objet du débat au cours de la plénière du mardi 14 décembre 2010.
Dans sa réplique, le Premier ministre a tenté de regrouper les questions lui posées par les sénateurs en deux catégories. A savoir : la délimitation du plateau continental et la politique gouvernementale en matière d’exploitation pétrolière.

 

    Concernant la délimitation, au centre de la polémique avec les sénateurs qui fustigent la violation par l’Angola du territoire national congolais, Adolphe Muzito a déclaré qu’il n’y a pas de conflits entre la Rdc et son voisin.
    Indiquant que son gouvernement privilégiait la politique de bon voisinage. Et que le fait de n’avoir pas une même perception des choses sur un dossier, n’est pas synonyme d’existence de conflits.
    Quant à la production pétrolière, il a dit qu’elle est restée stationnaire (soit 25.000 barils par jour) depuis des années. Avant de renseigner que son gouvernement est en opposition avec les exploitants du pétrole national sur ce sujet.
« Le gouvernement pense que les exploitants n’ont pas d’arguments pour expliquer l’état stationnaire de notre production », a-t-il conclu.    
    Pour ce qui est de 600 millions de dollars promis comme apports des hydrocarbures au budget de l’Etat, une fois que le parlement accordait son quitus à la ratification de l’accord signé avec l’Angola pour l’exploitation commune du pétrole, Muzito a fustigé la précipitation de l’ancien ministre dudit secteur. Avant de souligner qu’il y avait d’abord des étapes à parcourir.
Aujourd’hui, les choses ayant tourné autrement, l’actuel ministre n’avait pas tort lorsqu’il a déclaré qu’il faut oublier les fameux 600 millions USD.

« Je suis resté sur ma soif ! »

    Concluant sa question, l’honorable Siluvangi Raphaël n’a pas usé de langue de bois pour exprimer sa déception.
« Je suis resté sur ma soif », a-t-il déclaré en dénonçant le laxisme et l’immobilisme du gouvernement face aux dossiers touchant à la survie de la nation. Avant de souligner que le gouvernement ne déploie aucun effort ou n’entreprend aucune démarche tendant à faire la lumière sur cette ténébreuse situation de la délimitation du plateau continental.
Il a, par ailleurs, relevé des contradictions graves dans les interventions de différentes personnalités concernées par la gestion du dossier. Preuve du dysfonctionnement du gouvernement.
    Au sujet de la réponse fournie par le Premier ministre faisant croire qu’il n’y a pas de conflit avec l’Angola, R. Siluvangi n’est pas convaincu. Il note à travers cette réponse, la peur du gouvernement d’affronter l’Angola. Attitude qui corrobore, a-t-il renchéri, la déclaration faite autrefois par notre ambassadeur aux Nations unies selon laquelle « si l’Angola veut envahir notre pays, il le fera dans peu de temps ».
    A propos de la production, il a dit que suivant les données en sa possession, celle-ci serait passée déjà à 857.000 barils/jour, dont près de 700.000 barils pour le bloc 15 et 157.000 pour le bloc 14. Et que la réserve serait de plus de 3 milliards de barils.
Pour lui, le laxisme et l’immobilisme du gouvernement frisent la trahison.
Enfin, il a fait quelques recommandations pour aider à remédier à la situation.
    Parmi celles-ci, il y a la proposition de saisir déjà la CIJ (Cour Internationale de Justice ) sans attendre l’issue des négociations avec l’Angola, la création d’une sous commission permanente chargée de la question de l’exploitation pétrolière, l’élargissement de la commission gouvernementale du plateau continental, etc.

Dom

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