La délégation du Conseil de Sécurité : « Il n’est pas question d’un troisième mandat»

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Des membres du conseil de sécurité des Nations unies lors d’une audience avec le Président Joseph Kabila à Kinshasa, le 12/11/2016. Radio Okapi/Ph. Joh Bompengo
Des membres du conseil de sécurité des Nations unies lors d’une audience avec le Président Joseph Kabila à Kinshasa, le 12/11/2016. Radio Okapi/Ph. Joh Bompengo
Des membres du conseil de sécurité des Nations unies lors d’une audience avec le Président Joseph Kabila à Kinshasa, le 12/11/2016. Radio Okapi/Ph. Joh Bompengo

La délégation des 15 membres du Conseil de sécurité des Nations Unies en visite en République Démocratique du Congo dans le cadre d’une diplomatie préventive, ont animé une conférence de presse dans la soirée du samedi 12 novembre 2016 au Kimpeski  Fleuve Congo Hotel, dans la commune de Gombe. A cette occasion, les deux chefs de cette délégation Ismaël Abraaco Gaspar et François Dellatre, respectivement
Représentants permanents de l’Angola et de la France aux NU ont, aux côtés de Maman Sambo Sidikou, Représentant spécial du secrétaire général des NU en RDC, exprimé leur satisfaction au regard des échanges qu’ils ont eus avec différentes parties prenantes, et à travers lesquels, les uns et les autres ont exprimé le besoin de sortir la RDC de la situation de crise dans laquelle elle se trouve actuellement, à l’aide d’un consensus, dans le respect de la Constitution. Répondant à la presse sur la question de savoir s’ils
ont discuté du 3ème mandat ou de la modification de la constitution lors de leurs discussions avec le président Kabila dans la matinée, l’Ambassadeur angolais a fait savoir que le troisième mandat n’était pas considéré comme une solution à la crise que traverse actuellement la RDC. Bien au contraire, a-t-il noté, la solution réside dans un
dialogue permanant pour trouver des voies et moyens pour ramener la paix et calmer les esprits des Congolais et aussi donner des
assurences pour l’avenir, surtout pour la jeunesse. «Il n’est pas
question de 3ème mandat», a-t-il souligné.
Si dessous l’intégralité de la conférence de presse.
La Conférence de presse de la délégation du Conseil de sécurité des
Nations Unies était modérée par Félix Prosper Basse, porte-parole de
la MONUSCO à partir de Kinshasa.
La conférence a connu la participation de messieurs Ismaël Abraão
Gaspar Martins et François Delattre, respectivement Représentants
permanents de l’Angola et de la France aux Nations Unies ; et de Maman
Sambo Sidikou, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations
Unies en RDC.
Porte-parole de la MONUSCO [Félix Prosper Basse] : Mesdames,
Mesdemoiselles et Messieurs, Bonsoir
Excellences Madame et Messieurs les Ambassadeurs, Messieurs les chefs
de délégation, permettez-moi de saisir l’occasion qui m’est ainsi
offerte ce soir, pour vous souhaiter la bienvenue en République
Démocratique du Congo à vous, membres du Conseil de sécurité, mais
aussi à toute la délégation qui vous accompagne.
A cet effet donc, je vous dis en lingala (et veuillez excuser ma
phonétique approximative) :
« MBOTE, PE BOYEI MALAMU, NA MBOKA CONGO DEMOCRATIQUE »
Et en swahili :
« JAMBO, KARIBU KWA INCHI, YA JAMUHURI YA KI DEMOCRATIA YA CONGO”
Comme disent si chaleureusement nos frères et soeurs congolais.
Madame, Mesdemoiselles et Messieurs, chers invités, chers collègues de
la presse, fidèles auditeurs de Radio Okapi qui nous suivez en direct,
bonsoir et bienvenue à cette conférence de presse, organisée à
l’occasion de la visite de travail en RD Congo des membres du Conseil
de sécurité des Nations Unies.
Cette visite conduite par leurs excellences messieurs Ismaël Abraão
Gaspar Martins et François Delattre, respectivement Représentants
permanents de l’Angola et de la France aux Nations Unies, s’inscrit
dans le cadre des efforts de diplomatie préventive que mène le Conseil
de sécurité auprès des pays membres du système des Nations Unies,
notamment la République démocratique du Congo.

Mesdames et Messieurs, c’est donc vous dire en d’autres termes,
qu’aujourd’hui , nous avons le plaisir, le privilège et l’insigne
honneur de recevoir d’illustres et distingués invités qui, dans le
cadre du format retenu pour nos échanges de ce soir, nous feront
d’abord par la voix des chefs de cette délégation ; l’économie des
activités menées ici à Kinshasa au cours de cette visite.
Ensuite, nous entrerons dans la deuxième phase de cette conférence de
presse qui consiste en une séance de questions et réponses, auxquelles
se soumettront avec bonheur, j’en suis sûr, les deux chefs de
délégation assis à cette table en compagnie de Monsieur Maman Sambo
Sidikou, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations
Unies en République démocratique du Congo et chef de la MONUSCO.
Ainsi, nous débuterons cette conférence de presse par un mot de
bienvenue de monsieur le Représentant spécial, suivi d’une brève
communication du Conseil de sécurité qui sera faite tour à tour par
messieurs Martins et Delattre.
En outre, permettez-moi, mesdames et messieurs de rappeler que cette
conférence de presse durera 30 minutes et sera ponctuée par des séries
de deux questions auxquelles donneront suite nos invités.
Je vous remercie.
Monsieur le Représentant Spécial, vous avez à présent la parole
Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC
[Maman Sambo Sidikou] : Merci beaucoup Félix Prosper Basse,
porte-parole de la MONUSCO. Pour moi, la visite du Conseil de sécurité
est un encouragement à la MONUSCO pour faire mieux, pour être plus
performante dans toutes ses composantes : militaires, civils et
police.
C’est aussi un encouragement pour asseoir les meilleures relations
possibles avec les autorités congolaises, pour qu’ensemble, nous
réussissions à faire avancer encore le mandat que nous a donné le
Conseil de sécurité par la dernière résolution, la 2277, en
particulier en ce qui concerne la protection des civils, et
l’approfondissement de la démocratie en République démocratique du
Congo.
Ismaël et Francois sont des amis, ils sont même devenus des complices,
même si ce sont aussi nos patrons, parce que ce sont eux qui nous
donnent la voie à suivre.
Je vais souvent à New York pour me faire « cuisiner », permettez-moi
le terme, par le Conseil de sécurité.
Ce que les gens ne savent pas, c’est qu’en dehors des déclarations
publiques et des discours qu’ils entendent, ils me prennent en session
close et ils me font bien souffrir.
Donc aujourd’hui, je vous le donne en « pâture » [rires], messieurs et
mesdames les journalistes. Je pense que c’est un grand jour. Nous
avons eu des rencontres très enrichissantes avec toutes les
composantes de la vie politique et sociale du Congo, en commençant par
le Président de la République, en passant par la société civile,
l’opposition qui n’est pas venue au dialogue, celle qui était au
dialogue et la majorité présidentielle entre autres ; et aussi, très
important, avec la CENCO [Conférence épiscopale nationale du Congo].
Je ne vais pas faire un discours particulier. Je voudrais seulement
dire bienvenue au Congo.
Demain, nous continuons, nous allons sur le terrain jusqu’à Beni, pour
voir également ce que la MONUSCO fait sur le terrain et comment nous
soutenons les populations, bien ou pas. Enfin, nous faisons des
efforts, mais il s’agira, pour le Conseil de sécurité, d’écouter les
populations, même si c’est pour dire que, et je l’espère, la MONUSCO a
encore beaucoup à faire pour que les populations se sentent réellement
protégées. Je vais m’arrêter là. Merci bien.
Co-leader de la délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies
[Ismaël Abraão Gaspar Martins] : Un grand bonsoir ici à tous les
membres de la presse. J’aimerais bien dire que nous sommes venus ici
avec un espoir. Nous sommes venus pour voir avec nos yeux au lieu
d’écouter seulement le Représentant spécial, notre cher ami Maman
Sidikou, vienne à New York et au Conseil de sécurité pour nous faire
part de la situation.
Nous sommes venus en RDC, et nous terminons notre mission demain, je
dois dire personnellement que je partirai de la République
démocratique plus rassuré.
Le Conseil est venu ici dans une attitude de diplomatie préventive,
c’est-à-dire là où il y a des situations de crise, il faut agir de
façon préventive pour éviter que ça arrive ou se répète.
Et je dois dire que, nous, les 15 membres du Conseil de sécurité
sommes arrivés à la même conclusion. Les doutes qu’on avait sont
devenus moins douteux, et les assurances qu’on cherchait en venant
ici, je pense que nous les avons obtenus à cela, parce qu’il y a de la
bonne volonté de la part de tout le monde afin d’éviter le pire.
Alors, je dois aussi dire que les rencontres que nous avons eues, en
commençant par le Premier ministre ce matin, son Excellence le
Président de la République, les partis du Rassemblement, de la
majorité, la société civile qui est maintenant en réunion avec nous
[les autres membres du Conseil de sécurité], on a vu presque tous les
acteurs principaux de cette situation de crise pour tirer des leçons.
Juste lors de la dernière rencontre que nous avons eue, nous avons dit
qu’il fallait chercher des remèdes. Je pense chercher des remèdes,
chercher des solutions, chercher une feuille de route qui puisse
ramener la République démocratique du Congo et le peuple congolais à
s’assurer que, cette fois, oui, il peut y avoir une transition, mais
une transition dans la paix, une transition dans le respect de la
Constitution du Congo.
Et le Conseil de sécurité, je peux vous assurer, est uni à travailler
avec vous, avec le Congo, de façon qu’on arrive effectivement à cela.

Les pays de la sous-région, dont mon propre pays l’Angola, sommes
également engagés à faire en sorte que nos voisins, qu’un autre pays
voisin soit dans une situation de sortie de crise, dans la paix,
assurer la stabilité, etc.
Et cela, ce n’est pas une chose qu’on fait dans deux, trois, quatre,
ou cinq ans, c’est un processus, mais c’est un processus qui est bien
engagé, à mon avis, avec l’accord qui a été signé.
Ce n’est pas la fin, il faut le rendre plus inclusif, il faut [faire]
participer tout le monde, il faut l’engagement de tout le monde pour
[l’] exécuter, pour aller de l’avant avec le pas qu’il faut franchir
pour éviter une crise qui s’annonçait très sérieusement dans ce pays.
En ces termes, j’exprime ma satisfaction personnelle mais aussi
[celle] des membres du Conseil [de sécurité] pour l’opportunité qui
nous est offerte de venir ici pour agir. Alors, je termine par cela et
je donne la parole naturellement à mon collègue, l’ambassadeur de
France, Francois Delattre, pour également [dire] ses propos et après
naturellement, nous allons répondre à quelques questions.
Co-leader de la délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies
[François Delattre] : Merci à vous. C’est un vrai plaisir et un
privilège pour moi d’être ici. Privilège comme ambassadeur de France
d’être ici à Kinshasa, dans ce grand pays ami de la France. Privilège
comme co-président de cette mission du Conseil de sécurité, pour une
mission particulièrement importante. Alors que je l’ai dit ce matin,
la RDC est à un moment charnière de son histoire puisque, notamment
pour la première fois, une transmission pacifique du pouvoir, à
l’issue du mandat du président, est possible.
Et parce que nous sommes comme, c’a été dit aussi, dans le cadre d’un
exercice important de diplomatie préventive visant à accompagner la
RDC sur le chemin exigeant de la stabilité, de la paix et de la
démocratie.
Je voulais vous dire aussi que, sur un plan un peu plus personnel, je
me sens également, comme mes collègues je crois, encouragé au terme de
cette journée marathon qui nous a permis, non seulement de passer nos
messages à l’ensemble des acteurs politiques et de la société civile,
qui sont reçus en ce moment même par nos collègues, mais aussi
d’écouter, de prendre note, d’être mieux conscients qu’on peut l’être
depuis un bureau à New York, de la sensibilité de différents acteurs
ici, de ce qui les sépare, mais aussi de ce qui les rassemble.
Et sur ce terrain, et là aussi à titre personnel, mais je crois
refléter assez bien l’état d’esprit du Conseil de sécurité, j’étais
très frappé par le caractère très approfondi de l’ensemble des
échanges que nous avons eus qui se sont tenus tous sans exception dans
un très bon esprit, je tiens à le souligner, l’écoute réciproque, le
dialogue.
Et si pour vous, pour essayer de tirer quelques enseignements, je
devais me risquer à cet exercice, je dirais que j’ai senti une forte
convergence dans la diversité, bien sûr, des interlocuteurs que nous
avons rencontrés. Une forte convergence sur les trois grandes lignes
suivantes :

D’abord, le refus unanime de violence et la promotion du dialogue,
c’est la base de tout et je crois que c’est une ligne qui rassemble
l’ensemble des interlocuteurs que nous avons rencontrés.
Deuxièmement, la recherche d’une solution politique fondée sur le
respect de la Constitution. C’est évidemment un élément clé de
substance, et je crois que là aussi un élément rassemble l’ensemble
des interlocuteurs que nous avons rencontrés.
Enfin troisièmement, la forte conscience des interactions avec le
contexte régional et international. C’est un élément qui m’a frappé.
Beaucoup de nos interlocuteurs ont rappelé combien la RDC est
entourée, si je ne me trompe pas, par neuf voisins, ce qui en fait le
pays d’Afrique ayant le plus de voisins.
Et chez tous, j’ai senti cette conscience profonde, qu’au-delà de ce
qui se jouait dans ce grand pays, encore une fois dans ce grand pays
ami de la France, c’était aussi une grande part de la situation
régionale qui se jouait.
Donc une conscience très aiguë. Intérêt très marqué là aussi, à
travers mes différents voyages de par le monde, je peux faire la
différence aujourd’hui, intérêt très marqué pour ce qui représente le
Conseil de sécurité, pour les messages que nous avons passés. Nous
avons eu à chaque fois des interlocuteurs particulièrement attentifs,
qui connaissaient sur le bout de doigts les résolutions du Conseil de
sécurité et notamment la 2277.
Bref, une conscience donc que j’ai trouvée très forte, des
interactions avec le contexte régional et international.
Dans ce cadre-là, je ne vais pas être trop long, surtout que j’ai
rappelé ce matin l’essentiel des messages que nous avons passés. Ces
messages concernent à la fois la situation politique. Le Conseil [de
sécurité] est venu porteur d’un message de soutien au peuple
congolais, et d’un appel à la responsabilité de ses différents
acteurs, à travers notamment la tenue d’élections libres, justes,
crédibles, ouvertes, transparentes, pacifiques et dans un délai
raisonnable, conforme à la Constitution congolaise. Elections qui sont
attendues, je crois, par tous.
Nous avons passé, également le message sur la situation sécuritaire là
aussi prenant conscience des enjeux. La MONUSCO est la plus grande, la
plus large opération de maintien de la paix dans le monde. Elle doit
donc être exemplaire. Et de ce point de vue-là, permettez-moi à
nouveau de féliciter le Représentant spécial, Maman Sidikou, et toutes
ses équipes ; non seulement pour l’accueil qui nous a été fait, mais
pour la remarquable qualité de leur travail que nous soutenons à fond,
dans un environnement qui peut être difficile, – on l’a vu -, qui peut
être risqué aussi pour, non seulement les civils mais pour le
personnel et les Casques bleus de la MONUSCO.
Et donc dans ce contexte, les échanges que nous avons eus, c’était
hier soir à notre arrivée déjà, avec toi-même Maman, – et tes équipes
– a été particulièrement intéressants.

Voilà je ne veux pas être trop long. J’ai beaucoup d’autres messages
naturellement, je crois qu’on en a parlé déjà ce matin, et je laisse
maintenant la parole aux uns et aux autres pour toutes les questions
qui viendraient à se poser.

Question 1
Sonia Rolley/ RFI : Vous le savez, notre signal est coupé depuis une
semaine, il y a aussi Radio Okapi également qui a des difficultés avec
le gouvernement, où on leur demande d’appliquer l’accord entre le
gouvernement et la MONUSCO.
Quel est le message que vous avez fait passer ? Et quelle est surtout
la réponse que vous avez reçue ?
Co-leader de la délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies
[François Delattre] : Merci beaucoup pour cette question qui
correspond, – je crois que vous le savez mais je le dis aussi pour
l’ensemble de personnes qui sont ici -, à une vraie priorité, qui
était la mienne et qui était celle aussi des autres membres du Conseil
de sécurité en arrivant ici à Kinshasa.
J’ai donc, encore une fois avec le plein soutien de mes collègues du
Conseil, en parlant d’ailleurs en leur nom, évoqué cette question, non
seulement de RFI, mais de Radio Okapi.
Je l’ai fait, j’allais dire, tout au long de la journée, à la fois
lors de notre entretien ce matin à l’aube avec le Premier ministre. Je
l’ai fait également à deux reprises avec le Président Kabila, d’abord
dans le cadre de notre entretien élargi, puis dans le cadre d’un bref
aparté que nous avons eu à la suite mon collègue angolais et moi-même
avec le Président.
Je l’ai fait également lors des différents entretiens de la journée,
notamment dans la rencontre que nous avons eue avec la Majorité
présidentielle pour que le message là aussi soit parfaitement clair.
Je l’ai fait pour deux raisons : je l’ai fait parce que nous
considérons qu’il s’agit d’une nécessité en soit de rétablir le signal
de RFI. Je l’ai fait aussi, parce que cette mesure que nous demandons,
cet appel que nous lançons pour que les autorités congolaises
rétablissent le signal de Radio France Internationale, eh bien, se
situe dans le cadre de ce que j’appelle les mesures de confiance que
nous avons, mon collègue angolais, moi-même et les autres collègues du
Conseil de sécurité, souligné la nécessité devant le Président Kabila,
devant le Premier ministre et devant les membres de la Majorité
présidentielle.
Il est essentiel dans un contexte encore une fois qui a des éléments
positifs de rappeler, et qui est encore friable, volatile, difficile à
bien des égards, de recréer la confiance à travers des gestes, et
parmi ces gestes aussi se situe le rétablissement de ce signal ; pour
lequel donc, j’ai marqué encore une fois avec le plein soutien des
membres du Conseil, qu’il s’agissait à la fois d’une nécessité en soit
– nécessité impérative aujourd’hui -, mais aussi d’un geste, des
mesures de confiance qui seraient particulièrement bienvenues dans le
contexte que l’on connaît.

Question 2
Pius Romain Roland/ L’Avenir : Je pose la question à l’Ambassadeur
angolais. Vous êtes africain. Vous savez que la République
démocratique du Congo, vous l’avez dit, a ses neuf voisins. Mais nous
avons l’impression que lorsque les pays voisins ont des problèmes,
c’est la République démocratique du Congo qui règle le problème, qui
reçoit les réfugiés. Mais lorsque la République démocratique du Congo
a des problèmes, nous avons l’impression que la communauté
internationale a le marteau suspendu sur notre pays, à telle enseigne
qu’il y a certaines autorités occidentales qui donnent des injonctions
aux autorités congolaises. Ce qui crée un climat de malaise et
j’aimerais savoir comment le Conseil de sécurité lorsqu’il est saisi
de la question de la République démocratique du Congo, est-ce qu’il y
a de la passion pour ce Congo, est-ce qu’il y a de la compassion ou il
y a le musèlement sur l’Etat congolais ?

Co-leader de la délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies
[Ismaël Abraão Gaspar Martins] : Tout d’abord laissez-moi dire que le
fait que nous soyons là, le Conseil de sécurité en ce moment, c’est
même une très bonne explication, c’est une belle forme de dire qu’au
niveau du Conseil de sécurité, la République démocratique du Congo est
un pays qui est bien accompagné, suivi. Les crises également.
Vous me faites faire référence à cette question, puisque le pays avec
ses neuf frontières, et la plus importante c’est la nôtre, l’Angola.
Nous avons en Angola un bon nombre de citoyens de la République
démocratique du Congo qui sont là. Moi-même je dois vous dire, je suis
venu ici dans ce pays, j’étais encore plus jeune lorsqu’il y avait la
crise chez nous, au début de la guerre, au début de notre processus.
Et je pense que la fraternité entre Angolais et Congolais est bien
présente. La fraternité entre Congolais et les pays voisins, nous
voyons la Tanzanie, nous voyons le Congo voisin ici, est bien
présente.
C’est-à-dire, nous ne regardons pas le problème du Congo comme des
problèmes des Congolais. Ce sont nos problèmes également. Ce sont nos
problèmes africains.
Vous pouvez compter avec cette même position. Au niveau du Conseil [de
sécurité], lorsque nous abordons cette question du Congo, nous
essayons de voir comment nous approcher des solutions les meilleures.
Voilà la résolution 2277 qui a été adoptée récemment. Et je pense que
vous pouvez être rassurés, de cette assurance, que les problèmes du
Congo sont bien analysés au niveau du Conseil [de sécurité].
Et même au niveau de cette mission maintenant, il y a une position
bien commune de comprendre comment travailler ensemble avec les
autorités et le peuple congolais pour amener la paix et la stabilité
dans ce pays, et la paix et la stabilité dans toute notre région.
Merci.

Question 3
Bienvenu Bakumanya/ AFP : Lors de vos échanges avec le Président de la
République, est-ce que vous avez abordé la question de l’éventualité
d’une modification de la Constitution ?

Question 4
Freddy Chiyoyo/ RTVS 1 : Ma question est transversale, elle s’adresse
à messieurs Martins et Delattre. Est-ce que vous avez rencontré tout
le monde, le chef de l’Etat, le Premier ministre, le Rassemblement ?
Est-ce qu’il y a-t-il moyen d’envisager un second dialogue, parce
qu’il y a de ceux-là qui sont radicaux, qui se disent que, en tout
cas, dépassé décembre c’est le chaos ? Est-ce qu’il y a un schéma dans
ce sens pour tenter un peu [inaudible] Congolais qui vous suivent en
ce moment ?
Co-leader de la délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies
[François Delattre] : Je veux juste dire un mot avant de laisser la
parole à mon collègue et ami angolais. Encore une fois sur le
dialogue. C’est un élément vraiment de consensus, qui a rassemblé je
crois l’ensemble de partenaires, c’est-à-dire qu’on pouvait sortir de
la crise, tracer ce chemin exigeant vers la paix, la démocratie, la
stabilité qu’à travers le dialogue, c’est un thème qui est revenu de
manière unanime.
Dans ce cadre, nous avons souligné en effet que le processus électoral
devait pouvoir se tenir dans un climat pacifique, dans un esprit de
consensus, qui rassemble, non pas qui divise, mais qui rassemble
l’ensemble de forces politiques congolaises.
Et nous avons rappelé, j’ai rappelé que l’accord signé le 18 octobre
[2016] constituait de ce point de vue une étape, et qu’il était
essentiel que les discussions se poursuivent dans un cadre large et
plus inclusif, afin d’atteindre le consensus que j’ai évoqué à
l’instant, consensus sur un calendrier électoral précis et accompagné
également de mesures de confiance. Et je crois que c’est une réponse à
votre question. Comme je ne peux pas être trop long, je laisse
courageusement la parole à mon collègue angolais.

Co-leader de la délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies
[Ismaël Abraão Gaspar Martins] : Merci François. Sur la question du
changement de la Constitution et comme nous avons dit nous avons eu un
entretien bien élargi, – je dirais -, nous avons touché à toutes les
questions, nous avons été bien éclairés sur plusieurs points.
Et sur ce point spécifique sur le changement de la Constitution, ce
n’est pas un point qui a été pris comme une possibilité purement. Il y
a l’accord qui a été signé. Il y a maintenant l’application de cet
accord.
Et le dialogue, ce n’est jamais une question qu’on fait dans deux
jours, trois jours après c’est terminé, c’est continu.

J’aimerais bien voir, – et c’est ça notre souhait, c’est ça que nous
avons aussi remarqué parmi tous nos interlocuteurs -, c’est cette
volonté de maintenir le dialogue pour discuter au lieu de faire
autrement.
On cherche les solutions ensemble et cette recherche de solutions peut
[se] faire autrement. Adaptée à chaque situation va continuer mais pas
naturellement dans le changement comme suggéré ou demandé changement
de constitution, c’est adaptation de tout [ce] qui a été accordé déjà
le 18 octobre. Je pense maintenir ce dialogue avec les organes qui
sont là et maintenant il y a aussi la CENCO qui va maintenir le
dialogue entre plusieurs forces en présence et je pense qu’avec cela
on va arriver à une application, comme il faut, d’une feuille de route
qu’il faut aussi pour garantir la stabilité du pays.

Question 5
Geneviève Makulu/ Kin 24 télévision – Dans votre allocution, vous avez
dit que vous quittez la RDC avec plein d’espoir. Depuis les événements
des 19 et 20 [septembre], il y a eu une interdiction formelle de tenir
des manifestations publiques au pays. Est-ce que la question a été
traitée avec le chef de l’Etat et qu’elle a été sa réponse ?

Question 6
Laurette Mandala/ Africa Télévision : Je vais compléter les deux
questions de mes confrères. Celui de l’Afp. Vous avez parlé
effectivement de la modification de la Constitution avec le chef de
l’Etat, j’aimerais savoir ce que vous avez compris par modification de
la Constitution. Est-ce qu’il a parlé de briguer un troisième mandat
et quelles sont les garanties que vous avez reçues de lui qui prouvent
à suffisance qu’il ne briguera pas un troisième mandat ? Et aussi,
vous avez dit tantôt M. Delattre que vous aimeriez… Vous avez insisté
sur l’élargissement, plutôt, du cadre de l’accord du 18 octobre et
vous l’avez dit, c’est afin d’obtenir un consensus un peu plus large
sur le calendrier. Ma question est de savoir quels sont les moyens
coercitifs que vous détenez pour influencer les positions des uns et
des autres, les positions de ceux de la majorité et [de ceux] du
Rassemblement pour parvenir à une transition, comme vous l’avez dit,
une transition pacifique ?

Co-leader de la délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies
[François Delattre] : Je peux dire un mot littéralement, mais un mot
simplement sur chaque point avant de laisser la parole à mon collègue
angolais. D’abord sur la question de l’interdiction de manifester,
elle a été évoquée , oui, elle l’a été par votre serviteur et devant
le Président et par d’autres collègues qui ont également mentionné le
point sous la forme tout simplement d’un appel à lever l’interdiction
de manifester ou en terme plus positif à respecter le droit aux
manifestations. Donc la réponse est oui. Il m’est difficile de parler
naturellement pour le Président, pour les autorités que j’ai
rencontrées.
Sur le deuxième point, la deuxième question à propos du respect de la
Constitution, là aussi je l’ai dit et c’est pour ça d’ailleurs que je
l’ai dit dans le troisième des enseignements que je retiens de cette
visite sans ambigüité, sinon je vous le dirais aussi, sans ambiguïté
c’est le fait qu’il y a un consensus sur la recherche d’une solution
politique reposant sur le respect de la Constitution et donc le
respect de la Constitution me paraît être un trait d’union de tout ce
que j’ai entendu de l’ensemble des intervenants, y compris donc du
Président Kabila.
Et sur le troisième point, comment dirais-je, dès lors que l’on parle
d’un dialogue, que l’on parle de la nécessité d’établir ou de
poursuivre des discussions dans un cadre plus large et plus inclusif,
par définition, il s’agit d’encouragement et de dialogue mais je n’ai
pas senti qu’en disant cela, en soulignant ce que j’ai fait, ce que
d’autres ont fait, la nécessité de ce dialogue, de le poursuivre et à
la fois de l’élargir et de le rendre plus inclusif j’ai heurté qui que
ce soit et j’ai senti de la part de tous nos interlocuteurs sans
exception, sous ton contrôle Ismaël, une oreille attentive et
honnêtement bienveillante.

Co-leader de la délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies
[Ismaël Abraão Gaspar Martins] : Oui, je peux seulement ajouter que le
troisième mandat ce n’était pas une question qui était considérée
comme une solution pour ce que vit la RDC. Au contraire, la solution
réside dans un dialogue permanent pour qu’on trouve les voies et
moyens pour ramener la stabilité et apaiser les esprits des Congolais
et aussi donner des assurances sur l’avenir, surtout à la jeunesse.
Que la jeunesse puisse s’assurer que l’avenir pour le Congo, ce n’est
pas un avenir dans la rue mais un avenir dans le travail : travail
politique, travail aux champs, travail dans les industries, dans les
universités pour la formation permanente de cette jeunesse pour servir
dans un pays, dans un Congo apaisé. C’est un peu ce que nous avons
retiré de tous nos entretiens. Alors troisième mandat, pas question.
Maintenant la question de la manifestation. Je pense que ce n’est pas
une interdiction comme telle mais une manifestation pour être, pour
amener à passer le message qu’il faut, il faut que ce soient des
manifestations avec les ordres. On ne peut pas manifester et faire
aussi faire des morts ou des blessés.
Là, il ne s’agit plus de manifestations, ce sont des actes qu’il faut
quand même éviter dans un pays qu’on veut paisible.

Question 7
Jean-Pierre Kayembe/ RTGA : Vous projetez de vous rendre demain à
Beni, une région sinistrée. En quinze ans d’existence quasi
ininterrompue sur le territoire congolais, votre mission, la MONUSCO,
peine à encore à protéger les civils qui sont tués matin, midi, soir à
coup de machettes. Je voudrais savoir quelle recette magique vous avez
dans vos mallettes pour enfin apporter une solution efficace à cette
situation qui n’a que trop duré.

Question 8
Patricia Penzo/ B-One Télévision : Je voudrais poser ma question à
monsieur Martins. Vous avez dit que vous êtes venus avec des solutions
pour que la RDC puisse quand même passer une transition paisible.
C’est le souhait de tous. Mais, tout à l’heure, vous venez encore de
dire que la jeunesse de la République démocratique du Congo ne doit
pas être dans la rue. Mais, malheureusement c’est ce qui pourrait
arriver au cas où les acteurs politiques ne se mettaient pas d’accord.
Est-ce qu’aujourd’hui, après votre mission en République démocratique
du Congo, on peut dire qu’il y aura une décrispation en RDC et que les
choses pourraient aller dans le bon sens ? Je peux terminer par là.
Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC
[Maman Sambo Sidikou] : Je vois que les deux co-dirigeants de l’équipe
me regardent concernant la question de Beni. Je vais tenter d’y
répondre. Nous sommes enchantés que vous alliez à Beni. D’abord parce
qu’effectivement Beni est une zone martyre où beaucoup de gens sont
morts, où se posent des problèmes sérieux de protection des
populations. Il est bon que le Conseil de sécurité y aille pour voir
avec les populations, c’est très important, avec la Monusco, avec les
Forces armées congolaises comment le Conseil de sécurité pourrait nous
soutenir davantage dans notre travail de protection de la population
civile.
Dans cette zone, ce à quoi nous assistons, c’est quand même à une
guerre asymétrique. Nous nous organisons au niveau de la MONUSCO en
collaboration avec les forces armées congolaises pour porter la guerre
à ceux qui tuent et massacrent ; leur enlever l’initiative en allant
les trouver où ils sont.
Cela suppose de la part du Conseil de sécurité un soutien plus intense
à la Monusco. Que nous soyons mobiles, que nous ayons des forces
spécialisées, équipées pour ce genre de guerre. Cela avance déjà. Je
ne vais pas révéler des secrets. Mais nous avons déjà en place un
certain nombre d’équipements et de forces pour le faire.
Mais n’oubliez pas que la sécurité de ce pays est la responsabilité
première du gouvernement congolais et des forces armées congolaises.
Tout ce que nous pouvons faire nous, c’est venir en soutien aux
autorités congolaises et aux forces de sécurité du Congo.
Deuxièmement, on ne peut gagner ce type de guerre lorsqu’on n’a pas la
population avec soi. En ce moment, nous nous organisons au niveau de
Beni en particulier en renforçant nos bureaux à avoir une action
intégrée. Il faut que l’armée fasse son travail en collaboration avec
l’armée congolaise. Il faut aussi que nous fassions un peu un travail
plus intense de stabilisation en nous occupant davantage de problèmes
réels des gens. Soit en matière d’éducation, de santé, de route. Pour
aller dans la forêt combattre les fous, il faut des routes, il faut
des accès. Donc vous verrez demain, les membres du Conseil de sécurité
verront tout cela.
Nous discuterons avec nos forces, avec les hommes de terrain des
contraintes que nous avons, des insuffisances. Et, nous demanderons au
Conseil de sécurité de nous apporter un appui encore beaucoup plus
franc, beaucoup plus intense pour faire face à la situation.
Il reste que nous devons aussi être comme je disais beaucoup plus près
des populations : les groupes de femmes, la société civile d’une façon
générale, les groupes de religieux. Il faut que davantage qu’ils
soient avec nous.

Quelqu’un me disait que dans un pays où il était avant : on ne gagne
pas une guerre, parce que c’est de cela qu’il s’agit, c’est une guerre
qu’on impose au peuple du Congo, sans la mobilisation, la
participation, l’adhésion des populations locales. L’information par
exemple. Il est évident que nous avons besoin de la population. Il est
évident que nous avons besoin qu’elle assume sa sécurité en nous
aidant à savoir ce qui se passe.
Ensuite, très franchement lorsqu’on regarde la région de Beni, on sait
bien qu’elle est frontalière de l’Ouganda par exemple. Donc il y a
aussi une dimension régionale dans cette affaire. C’est pour ça que le
sommet de Luanda, le dernier sommet de la CIRGL a parlé de la
nécessité pour cette région de prendre en charge ensemble sa sécurité.
C’est-à-dire : il faut aussi que les pays voisins, tous les pays de la
région aident le Congo comme le Congo à aider d’autres pays avant, à
arrêter les massacres, à arrêter l’instabilité parce que l’instabilité
au Congo, ça sera l’instabilité aussi dans les pays voisins.
Je vais m’arrêter là. Mais, on aura l’occasion sur le terrain avec les
journalistes, avec les autorités, avec les populations surtout,
j’insiste là-dessus à analyser toutes ces questions.
Nous, ce que nous voulons, comme l’a dit Ismaël, ils sont venus voir
d’eux-mêmes, et pas seulement m’écouter quand je vais à New York.
Aller à Beni, c’est pour eux l’occasion aussi de voir sur terrain,
d’interroger, d’écouter, de comprendre pour aider mieux.
Co-leader de la délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies
[Ismaël Abraão Gaspar Martins] : Je peux vous rassurer que le Conseil
de sécurité c’est l’organe qui a la responsabilité d’assurer la paix
et la sécurité dans le monde. La République démocratique du Congo la
situation au Congo sera accompagnée de très près pour éviter qu’on ait
des situations qu’on a vécues déjà dans le passé. Nous allons faire ce
suivi.
Et naturellement, nous avons tous les instruments pour agir. Un des
instruments par exemple c’est appliquer des sanctions là où il y a des
actes de banditisme, des actes de violence. Et les responsables
doivent être identifiés de façon qu’on évite que ces situations se
répètent. Mais la vigilance principale pour éviter tous ces actes
reste avec le peuple congolais même.
Les élections, c’est la meilleure façon de pénaliser ceux qui doivent
être pénalisés. Il y aura les élections, nous sommes rassurés encore,
d’ici à 2017, 2018 au plus tard. Le processus est à vous. Ce qui nous
a donné encore cette assurance, c’est qu’il y a l’appropriation du
processus par les Congolais eux-mêmes. Ça c’est très important. Il
faut que les actes des Congolais soient bien suivis par les Congolais
eux-mêmes. Et le Conseil de sécurité nous n’y sommes pas seulement à
travers des orientations qui sont données à travers nos résolutions et
les briefings qui nous sont faits par le Représentant spécial, le
DPKO, la présence de la MONUSCO partout.
Je pense que nos yeux sont là et nous allons accompagner en permanence
la situation en République démocratique du Congo pour éviter que cette
fois-ci on ne rate pas la possibilité d’avoir une transition paisible,
une transition en respectant la Constitution qui a été adoptée par les
Congolais eux-mêmes. Voilà.

Question 9
Venant Vudisa / RTNC – Ma question s’adresse à M. Ismaël Martins. Le
31 décembre, M. Ban Ki-moon va clôturer son mandat et c’est quelqu’un
d’autre, le Portugais qui va le remplacer. Alors la question que l’on
se pose, la RDC peut-elle s’inquiéter de ce changement ou
continuera-t-elle à bénéficier du même regard comme c’était [le cas
avec] le prédécesseur.
Co-leader de la délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies
[Ismaël Abraão Gaspar Martins] : Tout d’abord, je dois vous dire que
l’élection du nouveau Secrétaire général des Nations Unies s’est faite
dans une façon, c’était par acclamation. Bien au Conseil de Sécurité
où l’élection même a eu lieu comme à l’Assemblée générale où
l’élection proprement dite est faite.
Monsieur le nouveau Secrétaire général a été élu parce qu’il est un
homme qui comprend le terrain. C’est un homme qui a une vision de ce
que doivent faire les Nations Unies pour devenir un organe qui reste à
la hauteur des défis que nous avons tous dans ce monde.
Je peux aussi dire que la République Démocratique du Congo et la
situation en République Démocratique du Congo sera naturellement, aura
une place bien privilégiée pour nous assurer que la paix et la
sécurité puissent revenir en Afrique. Neuf frontières, c’est un pays
qui doit garder la stabilité pour éviter que ça s’élargisse dans des
pays voisins.
La paix et la sécurité étant les principales objectifs du Conseil du
sécurité, je peux dire que l’Afrique est un continent qui est bien
dans l’agenda du Conseil de Sécurité en permanence c’est-à-dire que le
Congo sera accompagné, sera suivi et toute l’action qui sera
nécessaire pour nous amener à la stabilité dans ce pays sera
naturellement prise par le Conseil [de sécurité] et le nouveau
Secrétaire [général].

Question 10
Laetitia Masela/ RTNC 2 : Le Conseil de sécurité des Nations Unies
dispose-t-il d’un plan B pour éviter le chaos en République
Démocratique du Congo pendant cette période post dialogue ?
Co-leader de la délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies
[Ismaël Abraão Gaspar Martins] : Il n’y a pas de chaos ici, il faut
éviter le chaos. Il faut vous engager pour empêcher le chaos, le chaos
est fait par les Hommes. Le chaos est fait par les jeunes surtout.
J’étais jeune aussi mais le chaos ce n’est pas la solution ; ici la
solution c’est un engagement ferme de la classe politique, un
engagement ferme de l’électorat, un engagement ferme de tout le monde
pour qu’on amène ce pays finalement à avoir une transition qui puisse
se faire dans la stabilité.
C’est possible oui, c’est [faisable] oui. Ça va se passer, je peux
vous assurer avec notre appui et on pourrait y arriver. Merci

Porte-parole de la MONUSCO [Felix Prosper Basse] : Merci mesdames et
messieurs, c’est sur cette note d’engagement ferme de M. Martins que
nous mettons un terme à cette conférence de presse mais avant ça
permettez-moi d’exprimer en votre nom toute notre gratitude à M.
Martins et à M. Delattre pour avoir accepté d’échanger avec nous
pendant cette période. Merci et très bonne soirée, merci d’avoir été
nombreux parmi nous.