Déguerpissement illégal de la famille Mukulumania : le Tricom/Gombe donne raison au Chef de l’Etat

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Tout le pays a suivi, le dimanche 03 février 2019, la scène surréaliste d’une femme pieds nus, les cheveux en bataille, suivie de ses enfants, en train de faire du 100 mètres après le cortège présidentiel, au sortir du culte religieux auquel venait de prendre part le nouveau Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, au Centre Missionnaire Philadelphie, dans la commune de la Gombe. D’emblée,
personne ne lui a accordé la moindre chance de bloquer le convoi du
premier d’entre les Congolais, consignes sécuritaires obligent !
        Mais, à la surprise de plus d’un, le Président de la République a non
seulement fait stopper sa voiture de fonction, mais surtout pris le
temps d’écouter les doléances de « l’intruse » sortie de nulle part.
Des bribes relayées par la Radio Télévision Nationale Congolaise
(RTNC), l’on a retenu que la dame en détresse et sa famille venaient
d’être victimes d’un déguerpissement illégal de leur maison.

        Le Chef de l’Etat, après avoir capté le message 5 sur 5, a ordonné
leur rétablissement immédiat dans leur propriété, avec tous les effets
jetés dans la rue, demandé à l’instance compétente ayant le dossier en
mains de l’examiner en urgence et de lui faire rapport.
Contrairement aux mœurs judiciaires de l’ancien système, où les
magistrats et auxiliaires de la justice faisaient marcher tout le
monde, même les décideurs politiques, le Tribunal de Commerce de la
Gombe, qui s’est révélé au final comme la juridiction gestionnaire du
conflit foncier soumis au Chef de l’Etat, s’est exécuté le lundi 4
février 2019, c’est-à-dire 24 heures après.
        Le président de cette juridiction, qui a réexaminé scrupuleusement le
dossier sans atermoiement, a fait le constat malheureux selon lequel
il y a eu « erreur d’identification de la parcelle visée », sise
avenue de la Science, numéro 2, dans la commune de la Gombe. A en
croire des sources proches du dossier, l’affaire tournerait autour
d’un crédit hypothécaire dont le bénéficiaire aurait présenté, à une
banque de la place, de faux documents de propriété de la parcelle
appartenant à la famille Mukulumania.
        Si Cécile Mukulumania, la pauvre maman devenue célèbre l’espace d’un
matin, n’avait pris son courage à deux mains pour braver le cordon de
sécurité du Chef de l’Etat et surtout de rencontrer une oreille
attentive de la part de celui-ci, qui n’a pas que le dossier d’une
parcelle de la Gombe à traiter en ce début de mandat, à la tête d’un
pays économiquement sinistré, le Tricom/Gombe allait-il reconnaître
son erreur judiciaire le 04 février 2019. On apprend que la famille
Mukulumania passait ses nuits à la belle étoile, après qu’un huissier
de justice et des policiers aient jeté ses effets dans la rue, depuis
le 31 janvier 2018.

Combien de victimes innocentes de spoliation immobilière compte le pays ?

        Il n’est pas normal que dans un Etat, des citoyens attendent la
participation du Chef de l’Etat à un culte religieux, sa visite dans
un camp militaire, le blocage du transport urbain par des grévistes
d’une société, une manifestation d’étudiants contre une coupure d’eau
ou d’électricité… pour obtenir satisfaction à leurs revendications.
S’agissant du secteur de la justice, l’essentiel des dossiers tournent
autour des conflits parcellaires et immobiliers, avec comme point noir
la dominance des jugements condamnant systématiquement les démunis
(retraités, veuves, orphelins, paysans, maraîchères, etc) dans les
procès les opposant aux puissances politiques et d’argent.
        En dehors du cas de la famille Mukulumania porté incidentiellement à
la connaissance du Chef de l’Etat, des milliers d’autres dossiers de
spoliation des maisons, des terrains, des champs, des fermes, des
patrimoines fonciers et immobiliers d’entreprises publiques et privées
sont l’objet d’une justice à double vitesse, où la loi du plus fort
est toujours la meilleure. C’est l’occasion d’en appeler au magistrat
suprême du pays à la mise sur pied d’une commission de contrôle des
conflits fonciers et immobiliers, de travail, de crimes de sang, de
détournements des deniers publics, de saisies des comptes des
personnes physiques et morales puant la corruption, le règlement des
comptes, le clientélisme. Le retour du pays à l’Etat de droit devrait
commencer par l’assainissement de son système judiciaire et des
services auxiliaires.
                                                                                   Kimp
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Rubrique : Actualité
Assemblée Nationale : 26 commissions pour traquer les faux députés
        Installé le lundi 28 janvier 2019, le Bureau provisoire de la
nouvelle Assemblée nationale issue des législatives du 30 décembre
2018 a tenu sa toute première séance plénière, hier mercredi 6
février. Un seul point était inscrit à l’ordre du jour, à savoir : la
mise en place d’une commission spéciale, éclatée en 26
sous-commissions en raison d’une commission par province, pour
procéder à la vérification des dossiers des nouveaux élus.

        Les commissions qui débutent leur travail dès ce jeudi 7 février ont
5 jours, soit du 7 au 12 février 2019. Pour éviter toute complicité ou
complaisance lors de la vérification des dossiers des députés
nouvellement élus, le Bureau provisoire que préside le doyen Gabriel
Kyungu wa Kumwanza a mis en place un système de « verrouillage ».
C’est-à-dire ceux qui procèdent au contrôle de validité des dossiers
sont des élus d’une province lointaine qui n’ont aucune connaissance
avec leurs collègues dont ils vérifient les dossiers.
        Ainsi, la composition desdites commissions se présente de la manière
ci-après :
– La commission de la province du Sud-Kivu pour vérifier les dossiers
des élus de Kinshasa ;
– La commission de la ville province de Kinshasa pour vérifier les
dossiers des députés du Nord-Kivu ;
– La commission du Haut-Katanga pour le Sud-Kivu ;
– Les élus du Nord-Kivu pour s’occuper des dossiers de leurs collègues
du Kwilu ;
– Ceux de la province du Kwilu pour vérifier les dossiers de leurs
collègues d’Ituri ;
– Les élus de la province d’Ituri se chargeront de la vérification des
dossiers de leurs collègues du Kongo Central ;
– Les députés du Kasaï Central vérifieront les dossiers de leurs
collègues de la province de la Tshopo ;
– Ceux de la province du Kongo Central s’occuperont des dossiers des
élus du Haut-Katanga ;
–       La commission de la province du Kasaï vérifiera les dossiers des
députés de la province de Tanganyika ;
–       La élus de Tshopo s’occuperont de leurs collègues du Kwango ;
–       Ceux du Kasaï Oriental vérifieront la validité des dossiers des
députés du Maniema ;
–       La commission du Haut Lomami pour les dossiers des élus de la
province de l’Equateur ;
– Les élus de l’Equateur s’occuperont des dossiers de leurs collègues
du Haut Uele;
– Ceux de Tanganyika pour les députés de la Mongala ;
– La commission de la province du Sankuru pour celle du Haut Lomami ;
– Les députés du Maniema s’occuperont des élus du Lualaba ;
– Ceux du Nord Ubangi pour leurs collègues du Bas Uele ;
– Les élus de la Tshuapa vérifieront les dossiers des députés du Sankuru ;
– Ceux de la province de Mai Ndombe pour élus du Kasaï Oriental ;
– Le Bas Uele pour le Sud Ubangi ;
– Les députés Lualaba se chargeront de leurs collègues de Tshuapa ;
– Ceux du Sud Ubangi pour leurs collègues de la province du Kasaï ;
– La commission de la province de Lomami pour vérifier les dossiers
des élus de Mai Ndombe ;
– Celle de la du Kwango s’occupera des dossiers des députés de Lomami ;
– Les élus de la Mongal se chargeront de leurs collègues du Kasaï Central ;
– Et enfin les députés du Haut Uele pour les dossiers de leurs
collègues du Nord Ubangi.
        En ce qui concerne la composition des bureaux des commissions de
vérification des mandats des nouveaux élus, elle se veut une copie
conforme de celle du Bureau de l’Assemblée nationale. Chaque
commission sera présidée par un doyen d’âge, assisté de deux jeunes
benjamins du groupe.
        Par ailleurs, Gabriel Kyungu wa Kumwanza a attiré l’attention de ses
collègues chargés du travail de vérification des mandats, sur le fait
que leur mission est celle de vérifier la conformité des dossiers et
non de juger des contentieux qui relèvent du domaine de la justice.
On rappelle, à propos du bureau provisoire, qu’on a déjà enregistré un
cas bizarre en 2007 où la personne qui l’avait présidé, en
l’occurrence le regretté Mbenza Thubi, avait été invalidé à l’issue de
l’examen des contentieux par le pouvoir judiciaire. Son élection avait
été entachée d’irrégularités. Et il n’était pas le seul à subir le
sort d’invalidation après avoir siégé à l’Hémicycle, d’autres députés
avaient également subi le même sort. C’est le cas de Franck Diongo,
Lolo Milolo, Serge Kayembe, Pierre Chalupa, etc.
        Il est à espérer que cette fois-ci qu’on ne connaitra pas de tels cas.
Dom

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