Déferlement de violences à Bandalungwa

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Bandalungwa a tremblé hier dimanche, en début d’après-midi, lors des obsèques organisées en mémoire de Iza, le jeune kuluna tué à coup de couteau par les  membres d’une bande adverse, dans la nuit du dimanche 16 au lundi 17 août 2010, vers 2 H 30’, sur la rue Batetela, quartier Moulaert, dans la commune de Bandalungwa. 

            Rappelons que le corps du  jeune garçon était sorti samedi 22 août 2010, de la morgue de l’Hôpital général de référence de Kinshasa pour le domicile familial. Le long cortège constitué par des voitures et des mini-bus bondés de ce que Bandalungwa compte comme marginaux de la pire espèce, a déferlé jusqu’au lieu des funérailles dans la même commune. Chants et danses obscènes agrémentaient les obsèques où l’on entendait des cris de guerre et autres menaces de représailles contre la bande aux tueurs du jeune garçon. Ce tintamarre étouffait les chansons religieuses.

            Dimanche 23 août 2010, ses copains tenaient à lui rendre à leur manière, un dernier hommage. Ils ont transporté le cercueil en lançant des slogans et cris de violences comme pour signaler que la mort de Iza qui ne demeurera pas impunie, constituait pour eux, une véritable déclaration de guerre.

            Un cortège composé essentiellement des marginaux et quelques membres de famille a quitté à pieds Bandalungwa pour s’ébranler jusqu’au cimetière de Kintambo où le corps du jeune Iza fut mis en terre. Tout au long de son parcours, à l’aller comme au retour, ce cortège qui a envahi toute la chaussée, perturbant la circulation routière dans les deux sens, a offert une occasion à certains de ces délinquants pour arracher des portables, bijoux, chapeaux et autres biens aux passagers transportés à bord des taxis roulant à faible vitesse et se dirigeant dans le sens inverse.

            On a vu à ces funérailles marquées par un déferlement de violences, un échantillon assez représentatif de toute la racaille de la ville-province de Kinshasa. Car, à en croire une source, les délégations des autres bandes de Kuluna de la capitale étaient dépêchées sur le lieu mortuaire pour témoigner leur sympathie à l’écurie éprouvée et exprimer leur colère contre les auteurs de ce crime.

            A titre exceptionnel et pour la circonstance, ces «  criminels » en puissance avaient rangé leur arsenal d’armes blanches, pour compatir en toute quiétude, et en l’espace de deux jours, au malheur qui frappait la bande à Iza.

Le brassage observé hier, montrait comment ces jeunes garçons aux visages balafrés, muscles ressortis et cheveux tressés, côtoyaient ceux à la chevelure teintée de couleur beige sable ou rouge vermeil, et des adolescentes aux pantalons retroussés et jupes aux larges fentes, laissant apparaître les sous-vêtements et des bodies dévoilant le charme de leurs poitrines. Pendant que les uns sifflaient des bouteilles entières d’alcool fort, les autres ne se gênaient pas d’inhaler à tour de rôle des tiges de chanvre, dans un élan de solidarité particulière et un sentiment poussé de partage qui caractérisent les marginaux de la même espèce.   

            Evalués à près d’un demi millier, ces garnements à la tête brûlée et ces filles dévergondées qui ont raté l’éducation parentale, agissaient au deuil avec dédain et une insouciance dont font souvent montre les toxicomanes invétérés. Les membres de famille du jeune Iza encore sous le choc, ont donc eu du mal à supporter les écarts de langage et cris obscènes des bataillons des délinquants qui avaient envahi le lieu mortuaire. Craignant pour leur intégrité physique et leurs biens, les voisins de l’avenue et du quartier se tenaient à une distance respectable, prêts à détaler au moindre incident fâcheux, pour aller se barricader dans leurs maisons.

La police qui aurait pu encadrer ces funérailles, était absente volontairement, évitant les conséquences désastreuses d’éventuels dérapages et le déferlement incontrôlé de violence qui caractérisent ce genre des manifestations des marginaux.

            En effet, pour ces criminels en herbe narguant les forces de police, indifférents aux prêches des pasteurs et aux exhortations des autorités politiques et des ONG, les réflexes de bestialité poussent aux crimes effroyables dont ils ne se rendent compte que passée l’euphorie provoquée par les effets lénifiants des substances psychotropes consommés.

            Signalons que le Bataillon de la police d’investigations criminelles vient de mettre la main sur quelques membres de la bande des Kuluna impliqués dans le meurtre du jeune Iza.

            Une enquête a été ouverte à ce sujet, pour tenter de récupérer le reste du groupe qui est toujours en cavale, au lendemain du crime de la rue Batetela, quartier Moulaert.

            La population de Bandalungwa se réjouit de ce coup de filet et attend que la police aille au bout de ses investigations, de manière à éradiquer cette pègre redoutable.

      J.R.T.

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