Les défenseurs des droits humains unis jusqu’au triomphe de la vérité

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C’est désormais un rite qui se déroule chaque année – voici bientôt huit ans – à la date du 01 juin, date rappelant le double assassinat intervenu le 01 juin 2010 dans les bureaux de la Police Nationale Congolaise (PNC) de Floribert Chebeya Bahizire et de Fidèle Bazana Edadi ; tous deux, respectivement ancien directeur exécutif et chargé du dispatching de la VSV (La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme). La VSV est une organisation non gouvernementale (ong) ayant pour mission la défense et la promotion des droits humains en RDC). C’est ainsi que le vendredi, 01 juin 2018, une imposante délégation des acteurs de la Société civile de la RDC a été conduite à la tombe de F. Chebeya, au cimetière de « Benseke Futi Nouvelle Cité » à Mont Ngafula, par les responsables de la VSV, – la tombe où serait enterré F. Bazana n’ayant jamais été indiquée jusqu’à ce jour par ses bourreaux. Parmi les organisations présentes au cimetière, il convient de noter les représentants de la Commission nationale des Droits de l’Homme, de l’U.E., de la Société civile, de ECCHA, de LUCHA, de Syndicats, de COCORICO (ong de Rossy Mukendi, récemment assassiné par les mêmes forces…) etc.

            Prenant la parole en cette circonstance, avec une voix pleine d’émotion, l’actuel directeur exécutif de la VSV, Rostin Manketa, a souligné que l’actuelle commémoration avait pour thème : « Huit ans après votre assassinat, tous unis pour défendre votre cause ». Pour lui, cette date restera à jamais une date commémorative où tous les défenseurs des droits humains et de l’opinion publique tant nationale qu’internationale se mobiliseront toujours pour se souvenir de Chebeya et de Bazana. Ces deux compatriotes avaient été assassinés à cause de leur lutte pour la démocratie et le respect des droits humains et des libertés fondamentales. Depuis cet assassinat, la journée du 01 JUIN, a-t-il dit, a été consacrée « Journée Nationale des Défenseurs des Droits de l’Homme de la RDC ». Une fois de plus, il a lancé un appel à la mobilisation de toutes et de tous pour que les vrais commanditaires de ce double assassinat répondent un jour de leur acte criminel.

 

La VSV accuse toujours le général John Numbi Tambo et ses collaborateurs

 

Aussi bien la VSV, que les familles biologiques de F. Chebeya et de F. Bazana continuent d’accuser le général John Numbi Tambo et ses collaborateurs d’être les véritables assassins. En effet, Rostin Manketa a dénoncé, une fois de plus, l’impunité dont jouit le suspect n°1 dans cette affaire ; et ses collaborateurs de l’époque, à  savoir, Christian Ngoy Kenga Kenga et Jacques Mungabo. S’adressant au défunt, couché dans sa tombe, il l’a interpellé pour qu’il sache que ceux qui sont restés ne vont jamais se lasser de lutter pour défendre cette cause mais au contraire ceci était une occasion pour raviver sa mémoire, renouveler leur détermination et engagement de poursuivre jusqu’à la victoire finale.

Adelaïde Tshebeya, grande sœur de Floribert Chebeya, a abondé dans le même sens en dénonçant « ces lâches assassinats », les tortures physiques subies par les deux victimes et les tortures morales des familles restantes. Même les dommages et intérêts promis par l’Etat n’ont jamais été remis aux familles éplorées. La famille de Fidèle Bazana, représentée par Tharcisse a réclamé, en plus de tout cela, la  restitution du corps de leur frère pour des obsèques dignes, tel que le  recommandent les us et coutume. Il convient aussi d’épingler le témoignage de Christopher Ngoy, qui a souligné qu’il n’aura de paix que lorsque les vrais auteurs auront répondu de leur forfait ignoble devant la justice, conformément à la loi. Enfin, le représentant de l’ong Cocorico a supplié Floribert Chebeya et Fidère Bazana de ne pas s’endormir en paix – comme on ne cesse de le leur demander par les uns et les autres – car leurs assassins courent toujours les rues. De là où ils sont, il leur a demandé d’appuyer la lutte, de poursuivre ces malfaiteurs jusqu’à la victoire de la justice.

 

A l’Eglise Notre Dame de Fatima, Thierry N’Landu et Albert Muila ont témoigné

 

Thierry N’Landu a envoyé son témoignage par une note remise à Me André Muila Kayembe qui l’a lue lors de la séance des témoignages qui a suivi dans l’après midi, dans la salle des spectacles de l’Eglise catholique Notre Dame de Fatima, dans la commune de la Gombe. En effet, de sa cachette où il se trouve, Thierry N’Landu du CLC, malgré qu’il est traqué par les services de sécurité à cause des marches pacifiques organisées, en décembre 2017, janvier et février 2018, a présenté son témoignage en rappelant le courage et la détermination de l’épouse de F. Chebeya durant cette terrible épreuve. Elle les avait accueillis et raconté en détail les derniers instants de vie avec son mari dans leur maison. Quant à Me Muila, il a évoqué les qualités exceptionnelles de son défunt ami F. Chebeya : travailleur, rassembleur, courageux, militant, prudent, professionnel, etc.

SAKAZ