Dédoublement des partis politiques : le Ministre de l’Intérieur interpellé !

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Parmi les éléments de la sécurisation des élections, les participants à l’atelier clôturé vendredi dernier au palais du Peuple par le Centre des Relations Civilo-Militaires de Naval Postgraduate School de Monterey en Californie, ont retenu le respect strict de la dénomination et des sigles de chaque parti politique. Autrement dit, pour le législateur, aucun parti politique ne peut prendre la dénomination et les sigles d’un autre, cela pour ne pas créer et entretenir une confusion dans le chef des militants et plus particulièrement lors des échéances électorales. 

 Cependant, depuis un certain temps, l’on remarque que certains acteurs politiques en mal de positionnement ou au service de quelques milieux maffieux ont pris la fâcheuse manie de se présenter au nom de la dénomination et des sigles d’un autre parti politique en y ajoutant le nom d’un autre acteur bien identifié. Cela rappelle la confusion délibérément créée par le colonisateur au lendemain de la Table Ronde Politique de Bruxelles en 1959 avec le dédoublement des dénominations et sigles des partis politiques. L’on avait donc eu affaire à trois partis politiques du MNC auxquels l’on ajoutait le nom du leader contestaire, notamment le MNC/ Lumumba, le MNC/ Kalondji et le MNC/ Nendaka, le CEREA/ Kashamura et le CEREA. Weregemere, le PSA/ Kamitatu et le PSA/ Gizenga, ABAKO/ Kasavubu, ABAKO/ Kanza et ABAKO/Mwinda.

 Plus tard, lors des travaux de la Conférence Nationale Souveraine et même plus tard, les divisions et les luttes de positionnement entre membres d’une même formation politique ont donné lieu aux mêmes dédoublements des partis politiques et l’on a eu droit à une nouvelle astuce qui a été celle d’ajouter le qualificatif radical ou originel à la dénomination du parti politique. Un phénomène qui a affecté surtout la plupart de grands partis, notamment UDI et UDI/Radical, le PDSC/ Kamitatu, le PDSC/ Originel, le PDSC/ Sesanga, l’UDPS/ Birindwa, l’UDPS/ Kibassa, l’UDPS-Courant Réformateur, etc.
Sun City remet les
 pendules à l’ordre
 L’ouverture officielle des travaux du dialogue inter congolais à Sun City a été caractérisée par un premier blocage à la suite de cette question de dédoublement de dénomination et sigles des partis politiques. Essentiellement par la présence de feu Fréderic KIBASSA Maliba et Félix VUNDUAWE Te Pemako. Le premier se réclamant de l’UDPS et le second du MPR Fait Privé. L’un des mouvements politico-militaires en l’occurrence le MLC conditionna la reprise des travaux au renvoi de ces deux personnalités. Aussi curieux que cela parut, c’est Etienne TSHISEKEDI qui débloqua la situation en obtenant un statut particulier pour son ancien compagnon KIBASSA et le professeur VUNDUAWE qui pouvaient rester à Sun City en qualité d’observateurs tout en bénéficiant du logement et de la restauration sans pour autant participer activement comme délégués aux dits travaux.
 Pour que cela ne se reproduise plus, parmi les principales résolutions, l’on inscrivit dans le projet de la Constitution de la 3ème République un article qui interdit à tout parti politique de prendre la dénomination et les sigles d’un autre, sous peine des poursuites judiciaires assorties des dommages et intérêts considérables en plus du retrait de l’arrêté d’agrément. 

 La légitimité politique issue de Sun City
 C’était sans compter avec l’agenda caché du ministre de l’Intérieur du gouvernement de la Transition sous le régime de 1+4. Il se mit à agréer des partis politiques en recourant aux pratiques révolues et décriées ci-dessus. Particulièrement en ce qui concerne l’UDPS, il se permit d’agréer deux partis portant la même dénomination et les mêmes sigles. Notamment l’UDPS-Kibassa et l’UDPS-Ngoyi Moukendi aux côtés de l’UDPS présidée par Etienne TSHISEKEDI Wa Mulumba.
 En posant cet acte, le ministre de l’Intérieur violait l’un des principes de la légitimité politique issue de l’Accord de Pretoria qui a mis fin à la partition de fait du pays, en reconnaissant tous les mouvements politico-militaires au même titre que les partis politiques de l’opposition et proches du « gouvernement de Kinshasa » ainsi que les forces de résistance interne. Or, c’est Etienne TSHISEKEDI qui avait dirigé la délégation de l’UDPS aux travaux de Sun City et était l’un des signataires de cet accord de Pretoria au même pied que les délégués de Joseph KABILA, du MLC, du RCD et tous les petits mouvements rebelles soutenus par les Etats voisins de l’Est. Le processus de démocratisation actuel dérive de cette légitimité politique issue de cet accord de Pretoria et les actes posés par le ministre de l’Intérieur de l’époque violent la constitution de la 3ème République.
 Le maintien de ces deux UDPS créées délibérément par l’ancien ministre de l’Intérieur aura comme conséquences d’entretenir une confusion au sein des électeurs lors des opérations de vote et de dépouillement des urnes. De sorte que les électeurs allaient avoir du mal à faire la différence entre les candidats se réclamant de l’UDPS-Kibassa, UDPS-Ngoyi Moukendi et UDPS que préside Etienne TSHISEKEDI. Il est clair que le ministre de l’Intérieur de l’époque, membre très influent du PPRD avait posé ses actes en connaissance de cause dans le but de compliquer la vie à la vraie UDPS. Car si Etienne TSHISEKEDI se permet de saisir les cours et tribunaux, il y a risque de voir un juge donner raison à la position de l’ancien ministre de l’Intérieur ou suspendre les trois protagonistes pour priver la vraie UDPS des avantages des élections générales.
Deux semaines avant la clôture des listes des candidats à l’élection présidentielle de 2006, on enregistra la présence d’un certain Etienne TSHISEKEDI qui malheureusement disparut comme il était venu lorsque le pouvoir comprit que le Leader Maximo ne se présenterait pas. Voilà des preuves que les actes de reconnaissance de deux UDPS-Kibassa et Ngoyi Moukendi n’étaient que des stratégies pour compliquer la vie à un parti politique signataire de l’Accord de Pretoria d’où découle la légitimité politique de toutes les autres formations politiques signataires. Les participants à cet atelier ont demandé que ce point soit transmis à la CENI pour dispositions utiles. Notamment interpeller l’actuel ministre de l’Intérieur sur le danger de maintenir trois partis politiques portant la même dénomination et les mêmes sigles. Il s’agit là d’un précédent fâcheux juridique et politique grave et qui malheureusement ne vise qu’un parti politique. Imagine-t-on Vital KAMERHE se réclamer président du PPRD-Kamerhe en invoquant que c’est lui qui avait été l’expéditeur et le destinataire de l’arrêté d’agrément de ce parti par le ministre de l’Intérieur de l’époque ?      F.M.

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