Découpage territorial : le Kasaï Oriental revendique l’espace de l’ex-Etat du Sud-Kasaï

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Les fils et filles Est-Kasaïens se sont retrouvés ce samedi 23 mai 2015 à Béatrice Hôtel. Motif : réfléchir sur le défi que pose la nouvelle province du Kasaï-Oriental, suivant le découpage territorial.

Vu l’importance de cette rencontre voulue familiale, le Gouverneur de province, Alphonse Ngoyi Kasanji, et l’Evêque de Mbuji-Mayi, Mgr Bernard Emmanuel Kasanda, ont effectué le déplacement de Kinshasa, afin de communier avec les leurs. Idem pour d’autres frères et sœurs résidant en dehors de cet espace géo-culturel.

Trois communications ont été faites en marge de la rencontre, à savoir : la prière suivie de l’exhortation de Mgr Evêque Bernard Emmanuel Kasanda, le discours du ministre des Affaires Etrangères et Coopération internationale, Raymond Tshibanda Ntungamulongo, et l’allocution du gouverneur Ngoyi Kasanji.

Appel à l’unité et à la réconciliation

Une fois la prière terminée, l’Evêque de Mbuji-Mayi a prêché un véritable évangile d’exhortation à l’intention des ressortissants est-kasaïens. Utilisant concomitamment deux langues, le Tshiluba et le Français en vue de faciliter la compréhension de son message, l’évangile de Mgr Kasanda renfermait deux maîtres mots, à savoir : l’unité et la réconciliation passant par le pardon mutuel.

«Tudi beena muntu tumvwanganayi bwalu nyoka umwe katu udikosolola mu bitupa bibidi to », a-t-il lancé en langue de communion avec les ancêtres, de Tshiluba. «Entendez : nous sommes des frères, entendons-nous, parce qu’un serpent ne peut se couper en deux».

La prédication de Mgr l’Evêque était ponctuée des versets bibliques, comme on pouvait le remarquer dans l’introduction : Luc 6, 27-49 (vv 35-38) : amour des ennemis, ne jugez pas, ne condamnez pas. Luc 22, 56-62 : toi aussi, tu es des leurs…

Le pardon et la réconciliation, la construction et le développement, l’expérience positive de construction sont les trois thèmes développés par le prédicateur. Des versets bibliques et proverbes ancestraux ont été abondamment donnés pour illustrer le message.

A son tour, c’est par l’appel à l’unité des fils et filles du Kasaï-Oriental à travers la réconciliation sincère que le ministre Raymond Tshibanda a démarré son adresse de circonstance.

Avant de rendre un hommage digne et mérité aux leaders ayant fait et font la fierté de l’espace géo-culturel de l’ex Sud-Kasaï. Une minute de silence a été observée en mémoire de Kalonji Ditunga Mulopwe qui vient de quitter la terre des hommes.

Raymond Tshibanda Ntungamulongo a saisi l’occasion pour inviter ses frères et sœurs qui ont des moyens à songer au développement de la province. «Il est temps que chacun s’investisse dans la construction du Kasaï-Oriental en vue de son développement», a-t-il insisté.

Sur la même lancée, il a recommandé de prier pour ceux qui sont malades et évacués du pays pour raison des soins. Quelques noms des ressortissants est-kasaïens se trouvant dans cette situation ont été cités.

Le retour des territoires de Kamiji et Ngandajika dans l’espace ex-Sud Kasaï vivement réclamé

Parlant du découpage territorial, Raymond Tshibanda a marqué son accord pour cette réforme. Toutefois, il a plaidé pour que la nouvelle province du Kasaï Oriental respecte les limites ou les frontières de l’ex-espace du Sud-Kasaï, c’est-à-dire qu’on lui restitue les deux territoires lui amputés dans sa configuration actuelle. Il s’agit des territoires de Kamiji et de Ngandajika.

            «Il y a une déchirure ressentie par notre peuple à cause de la non inclusion des territoires de Kamiji et Ngandajika. Mais, le problème sera résolu en faisant valoir les lois de la République, et je suis sûr qu’on va y arriver », a-t-il lâché sous les applaudissements frénétiques de la salle.

Des terres gratuites pour l’agriculture

            Le dernier à intervenir, le gouverneur Ngoyi Kasanji a fait remarquer que suivant le découpage, le Kasaï Oriental se présente désormais comme la province la plus petite de la République. Elle est 5 territoires ci-après : Tshilenge, Miabi, Kabeya- Kamuanga, Lupata-pata, et la ville de Mbuji-Mayi.

Hélas, elle est coupée de ses deux anciens territoires : Kamiji et Ngandajika. « Le découpage n’a pas tenu compte de l’ancien espace du Sud-Kasaï », a déclaré le Gouverneur en signe de regret, en émettant l’espoir de voir les revendications des Est-Kasaïens obtenir une réponse satisfaisante.

            Puis, l’Autorité provinciale a présenté la liste des problèmes qui freinent le développement de la province. Il s’agit entre autres du manque d’électricité et d’eau potable dans les grandes agglomérations, du délabrement des infrastructures sanitaires et scolaires, des conflits fonciers ci et là, de la surpopulation carcérale dans les prisons de Mbuji-Mayi, etc.

            « Nous sommes une province enclavée, la plus petite de la République, au centre du pays… », a-t-souligné. Avant d’encourager ses frères à s’impliquer pour le développement de la province. Car, cela ne peut pas handicaper le développement si chacun lève l’option de changer des choses.

Après s’être livré au même exercice que ses prédécesseurs, à savoir l’appel à l’unité et à la réconciliation, le gouverneur a déclaré solennellement sa disponibilité à accorder gratuitement des terres pour des projets agricoles.

            Avant de clore son propos, Alphonse Ngoyi Kasanji a demandé pardon à tous ceux à qui il aurait fait du mal, accordant à son tour le pardon à ceux qui lui ont fait du mal.

            Pour sa part, Me joseph Mukendi wa Mulumba dans une adresse brève à ses frères et sœurs, s’est appesanti sur la cohésion des fils et filles du Kasaï Oriental en vue de promouvoir le pari de développement. Il a aussi plaidé pour le retour des territoires de Kamiji et Ngandajika dans la province.

            On ne peut passer sous silence les personnalités ayant contribué à l’organisation de ladite rencontre. Il s’agit, dans l’ordre, du ministre Raymond Tshibanda, de François Muamba Tshishimbi, de Mme Marie-France Mubenga, de Maurice Tshikuya Kayembe, de Katende wa Ndaya Muledi, du Dr Marcel Kalubi, de François Mpinda.

 Quant à André Kadima, propriétaire de Béatrice Hôtel, il a accordé gratuitement le cadre pour la rencontre.

Dom