Décompte macabre : braquages à répétition à Kinshasa

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Les festivités de fin de l’année 2010 n’ont pas été des moments d’allégresse pour certains Kinois, comme on pouvait l’imaginer, mais un véritable cauchemar pour ceux ciblés par des malfaiteurs. Un petit échantillon des braquages enregistrés à Mont Ngafula, Selembao, Ngaliema et Bumbu, pour ne citer que ces quelques cas, en dit long sur l’insécurité qui a particulièrement caractérisé cette période. L’échantillon d’extorsions que nous présentons ici indique que la pègre kinoise n’a pas pris des vacances à l’occasion des fêtes de la nativité et de la Saint Sylvestre. Bien au contraire, ils ont investi tous les quartiers de la ville pour dépouiller les paisibles citoyens.

  Ainsi donc, sortie plusieurs fois de sa tanière, la pègre a frappé plusieurs fois, semant partout la terreur et la désolation. L’usage des armes à feu a empêché les voisins des victimes de voler au secours de celles-ci.  De cette odyssée des mécréants, quelques cas de morts à signaler. Un Kuluna a été abattu à Kimbanseke par un magistrat militaire à qui sa bande voulait extorquer une jeep, ainsi qu’un étudiant poignardé mortellement à Lemba par trois hommes en tenue civile. La Saint-Sylvestre sous la botte des bandits             La ronde des malfaiteurs a en effet démarré le 23 décembre 2010. Cette nuit-là, vers 22 heures, le motocycliste Kadima Kalenga, résidant sur avenue Kitega n° 38, quartier Libulu, commune de Barumbu,  attendait des clients au croisement des avenues Mbomu et Marché, au quartier Madimba. C’est dans ces circonstances qu’il s’est vu entouré subitement par des hommes en uniforme venus de nulle part. Ils l’ont brutalisé et lui ont arraché sa moto de marque Bajaj, avant de s’enfuir en tirant quelques coups de feu en l’air.            Peu avant minuit, trois Kuluna surgissaient sur l’avenue Mukoso, quartier Lokoro, à Bumbu. Victime croisée, Donatien Ngandu Mupompa, journaliste au quotidien Le Potentiel à qui ils ont proféré des menaces de mort, machettes à l’appui. Le chevalier de la plume a été dépouillé de la somme de 400 dollars, ainsi que de ses quatre téléphones cellulaires.            Aux dernières nouvelles, nous apprenons que sur plainte de la victime, deux membres de ce groupe de marginaux ont été appréhendés par la Légion nationale P.I.R. qui s’attèle à reconstituer leur sinistre palmarès.            Le matin de la Noël, c’est une découverte macabre qui était faite au croisement des avenues Kapanga et Kasa-vubu. Le corps d’un jeune homme qui sera identifié peu après comme étant celui du motocycliste Mulamba Alias Sadam sera découvert. Sans vie. Selon  les habitants du quartier, la victime habitait sur avenu Mbomu n° 261, quartier Wenze, commune de Lingwala.            Auparavant, vers 2 heures, c’est une église qui a été profanée sur avenue Kuta n° 24, à Masina. Des hommes en uniforme ont fait irruption dans ce temple, non pour sécuriser des fidèles, mais pour emporter un ordinateur portable, deux guitares électriques de l’église. Ils ont en outre, arraché aux chrétiens présents lors de la veillée des prières, leurs effets de valeur dont des téléphones cellulaires, des sacs à main, des bijoux, ainsi que de l’argent dont le montant total n’a pas été déterminé.            Le 27 décembre 2010, vers 2 H 30’, deux brigands armés et en tenue militaire ont tenté de s’emparer de la jeep de marque Isuzu, de couleur blanche, immatriculée KN 2177 BH, appartenant à Spa Ukuta, résidant sur avenue Matadi, quartier Wenze, commune de Kintambo. Une équipe motorisée d’intervention qui patrouillait dans le secteur, a arrêté un délinquant en tenue avec une arme Fa. Il s’agit de Akisu Ameta, soldat de 2 ème classe.A en croire des habitants du quartier, ce malfaiteur avait arraché un téléphone portable à Mme Naomie Bueso, résidant sur avenue Matadi n° 20, à Kintambo.            Deux jours plus tard, le cadavre d’un motocycliste vêtu d’un gilet de sécurité à barres fluorescentes était découvert vers 6 heures du matin, sur l’avenue Matungulu, quartier Mpasa I, commune de Nsele. Il s’agissait du corps de Sudi Otshudi Osongo qui habitait sur Pipeline n°2 bis, quartier Petrocongo à Masina.Selon les premiers témoins, la victime portait une blessure à la nuque qui laisse croire que les meurtriers s’étaient servis d’un objet contondant pour le tuer. 

                                                                                 J.R.T.

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