Déclaration du Bureau politique de la Majorité Présidentielle

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Lambert-Mende(Kinshasa, le 16 septembre 2015)

  1. Le Bureau Politique de la Majorité Présidentielle (MP) s’est réuni ce mercredi 16 septembre 2015 avec son Allié, le PALU, sous la présidence de l’Honorable Aubin Minaku, Secrétaire Général de la MP pour examiner le contenu du Mémorandum du 14 septembre 2015 adressé par 7 partis membres de la coalition au Président de la République et Autorité Morale de la MP.

-2. Le Bureau Politique de la MP et le PALU ont noté l’attitude inélégante des auteurs du mémorandum qui les a conduits à donner une publicité tapageuse à des analyses qui devaient être discutées en interne. Il en est de même de la volonté délibérée de surenchérir sur les peurs irrationnelles entretenues par une certaine opposition, un véritable paradoxe de la part des auteurs qui se déclaraient pourtant toujours sociétaires de la Majorité Présidentielle.

  1. Affirmant vouloir consolider la démocratie et la paix civile et épargner le pays d’une crise politique aux conséquences imprévisibles, les signataires reprennent à leur compte les procès d’intention faits par l’opposition à l’Autorité Morale de la MP, accusée de vouloir réviser ou changer la constitution tout en décriant le passage de 11 à 26 provinces prévu par ladite constitution. Ils dénient au parlement le droit de réviser la loi électorale, et refusent l’organisation des élections locales et municipales qui. à leur avis, affaibliraient la cohésion nationale et ralentiraient le processus de démocratisation qui ne serait pas opérationnelle à la base.
  2. Les signataires se situent ainsi aux antipodes des options concertées au sein de la MP et ses alliés, notamment celles du passage effectif de 11 â 26, provinces et de la résorption des arriérés électoraux de 2006 et 2011 avant les scrutins provinciaux, sénatoriaux, législatifs et présidentiel qui priveraient l’opposition d’un argument de campagne contre la Majorité au pouvoir pendant ces deux quinquennats. A l’instar de l’opposition, ils font état de «doutes de plus en plus grands » qui auraient gagné de ce fait la société congolaise et qui auraient écorné le « contrat de confiance entre le pouvoir et le peuple». Dans le paragraphe 4 de leur mémorandum, devenus tout à coup «neutres», ils font état des «échecs et des erreurs» et n’évoquent l’action positive de transformation structurelle de la société congolaise et de l’économie du pays sous le leadership du Président Kabila qu’en la conjuguant au passé et en l’engloutissant dans les grosses vagues des préoccupations dites «insatisfaites» (inégalités, pauvreté).

 

  1. A l’évidence, les auteurs du mémorandum ont pris fait et cause pour l’opposition. Nul n’ignore en effet que l’agenda électoral chahuté n’est pas l’oeuvre de la majorité comme ils le prétendent et que, les contraintes auxquelles ils font allusion avaient été exprimées en leur temps par le gouvernement et la MP, en vain, face à une opposition intraitable. En lieu et place des solutions alternatives crédibles, ils préfèrent s’adonner à instrumentaliser des peurs irrationnelles pour un objectif de positionnement politique. Alors que le respect de la constitution a toujours été une constante dans les déclarations et les actes du Président, le mémorandum fait croire le contraire, exposant gratuitement notre Autorité Morale à la vindicte publique. Les félicitations de l’opposition aux signataires en font foi.
  2. Les auteurs du mémorandum affaiblissent les institutions de la République en s’en prenant véhémentement au parlement où la MP est majoritaire pour avoir adopté une loi en matière de répartition des sièges pour les élections locales et municipales et à la Cour constitutionnelle pour avoir pris un arrêt ordonnant au gouvernement de prendre les mesures exceptionnelles susceptibles de mettre un terme à l’anarchie dans la gestion des nouvelles provinces. Comme s’il fallait une autorisation particulière pour que ces institutions publiques exercent leurs attributions constitutionnelles.

Il appert clairement que les auteurs du mémorandum se sont auto exclus de la MP. Ils ont manifesté en quittant eux-mêmes la séance du Bureau Politique avant la fin de celle-ci.

Le mémorandum livre à cet égard une perception dichotomique de la Majorité Présidentielle. Pire, il jette l’opprobre sur la Majorité en confortant l’idée selon laquelle celle-ci aurait des visées anti-démocratiques que les signataires se sont donnés la mission de pourfendre.

En fait, ils désespèrent de la Majorité Présidentielle et de son Autorité Morale et veulent se positionner par rapport à l’avenir qu’ils estiment appartenir à l’opposition et à des tireurs de ficelles étrangers dont l’ingérence dans les affaires domestiques au Congo-Kinshasa est un lieu commun.

Vu ce qui précède, il ne reste aux signataires qu’à tirer les conséquences du choix stratégique qu’ils ont ainsi opéré, en faisant simplement le constat qu’ils ont choisi de quitter la Majorité Présidentielle pour rejoindre les rangs de l’opposition.