Déclaration du Chef de la MONUSCO, Maman Sidikou, devant le Conseil de sécurité de l’ONU

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Monsieur le Président,
Distingués membres du Conseil,

Je vous remercie de l’opportunité que vous m’offrez de m’entretenir
avec vous aujourd’hui au sujet de la situation  en République
démocratique du Congo (RDC).

Comme le souligne si bien le Rapport du Sécrétaire général sur la
Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en
République démocratique du Congo (MONUSCO) daté  du 10 mars, le
contexte politique et sécuritaire en RDC a connu de profonds
changements durant les mois écoulés, nécessitant par conséquent un
ajustement des priorités et de la posture de la MONUSCO.

La mise en oeuvre intégrale de l’Accord politique du 31 décembre 2016
qui ouvre de la façon la plus claire la voie à la tenue des élections
requiert  tout le soutien des Nations Unies.

Certains blocages devront cependant être levés. La majorité au pouvoir
et le Rassemblement ont des points de vue divergents sur les modalités
de désignation du Premier ministre et de répartition des
portefeuilles clés des ministères des affaires étrangères, de
l’intérieur, de la défense et de la justice du gouvernement de
transition qui sera formé. Le rôle que pourrait jouer la Conférence
épiscopale nationale du Congo(CENCO) à l’issue de la finalisation de
“l’Arrangement particulier” est aussi source de discorde.

La mort d’Etienne Tshisekedi a eu un impact significatif sur le
processus politique  en RDC, retardant davantage la finalisation de
“l’Arrangement particulier”, la désignation du Premier Ministre et
l’établissement du Comité national de suivi de l’Accord et du
processus électoral (CNSA).

Aussi longtemps que le dialogue politique demeure dans une impasse,
les tensions risquent de monter. En février, des séminaires et
paroisses de l’Eglise catholique à Kananga, Kinshasa et Lubumbashi ont
été attaqués, vraisemblablement à cause des frustrations accrues au
sein de certains segments  de la population qui voient le processus
politique s’enliser.

Il me plait toutefois de noter que la situation  semble évoluer dans
le bon sens depuis quelques jours. La désignation du Secrétaire
général adjoint de l’Union pour la démocratie et le progrès social
(UDPS), Felix Tshisekedi comme Président du Rassemblement et d’un
représentant du Groupe des sept (G7), Pierre Lumbi à la tête du
Conseil des sages du Rassemblement constitue une avancée importante
qui a permis la reprise le 16 mars, sous les auspices de la CENCO, des
négociations sur «l’Arrangement particulier.» De plus, les Présidents
des deux chambres du Parlement ont appelé à un processus électoral
irréversible et crédible et exprimé leur soutien aux efforts de la
CENCO.

Nonobstant les retards enregistrés dans le processus politique, des
avancées significatives ont été faites dans la mise à jour du fichier
électoral. A ce jour, plus de 19 millions d’électeurs ont été enrôlés
et le processus d’enrôlement est en passe de débuter dans les deux
zones opérationnelles d’enrôlement restantes.

L’appui logistique et technique de la MONUSCO au processus
d’enrôlement arrivera à terme à la fin de ce mois. A cette date la
MONUSCO aura transporté approximativement 3 000 tonnes de matériels
d’enrôlement à travers la RDC. Si le Conseil de sécurité l’autorise,
la MONUSCO est disposée à apporter un soutien technique et logistique
au processus électoral qui irait au-delà de la mise à jour du fichier
électoral.