Dechade Kapangala : des adieux déchirants !

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Fauchée par balle lors de la marche organisée par les laïcs catholiques le dimanche 21 janvier 2018 à Kinshasa, Thérèse Dechade Kapangala a été conduite à sa dernière  demeure le vendredi 9 février, à savoir le Nécropole « Entre Ciel et Terre ». Bien avant son
inhumation, des cris de colère mêlés à ceux de douleur ont rythmé ses obsèques, dans l’enceinte de la paroisse Saint François de Sales, dans la commune de Kintambo, site où l’aspirante religieuse avait rendu son dernier soupir, en présence d’une nombreuse foule de fidèles.

Pendant la messe d’action de grâces organisée en sa mémoire, ce lieu de culte n’a pu contenir le grand monde venu lui rendre un dernier hommage.
Des chrétiens de plusieurs communes de Kinshasa ont fait le
déplacement de Kintambo pour pleurer celle que le Comité  Laïcs de
Coordination (CLC)  considère désormais comme le symbole de la lutte
pour la liberté et la démocratie en République Démocratique du Congo.
Plusieurs acteurs politiques et sociaux ont marqué de leur présence
les funérailles de la regrettée Thérèse Dechade Kapangala, notamment
Delly Sesanga, témoin oculaire de l’exécution sommaire de la victime,
Docteur Sondji, l’homme politique et médecin qui avait tenté sans
succès de la réanimer pendant qu’elle baignait dans son sang, Jean
Claude Vuemba, un habitué de la paroisse Saint François de Sales, en
sa qualité de résident de Kintambo.
Alors que le père de Décade Kapangala, officier de police de son
état, était introuvable tout au long des obsèques, sa mère, ses frères
et sœurs étaient très visibles, mais inconsolables.
Lors de son  homélie, l’officiant du jour a loué une fois de plus
l’engagement de Thérèse Dechade Kapangala dans les activités de
l’église. Pour lui, sa mort tragique devrait interpeller les
dirigeants congolais à se départir de leur égoïsme et travailler pour
le bien-être du peuple.
Ce prince de l’église a martelé que Dechade Kapangala, désormais
martyre de la démocratie, a donné sa vie pour l’amour de ses
compatriotes qui souffrent à cause de l’égoïsme d’une minorité au
pouvoir.
A la fin du culte, le député Delly Sesanga a été invité à donner son
témoignage en tant que témoin direct de l’insoutenable scène ayant
conduit à la mort de l’aspirante religieuse.
Prenant la parole pour la circonstance, au milieu des sanglots des
proches de la défunte, Sesanga a retracé toutes les péripéties ayant
marqué les derniers instants de  l’aspirante de Saint François de
Sales sur cette terre des hommes.
Pour le président de l’Envol, cela ne fait aucun doute, Thérèse
Kapangala a été assassinée.
«Dites-moi, en quoi est-ce qu’une jeune fille innocente, sans armes à
l’intérieur d’une église, menace-t-elle l’ordre public ? Ça, c’est un
assassinat, l’utilisation de la terreur comme mode de gouvernement »,
a lâché l’élu de Luiza, avant d’ajouter que « ce qui s’est passé le 21
janvier, et nous en avons été témoin, est quelque chose d’ignoble ».
Le président de l’Alternance pour la République a appelé toutes les
forces vives de la Nation à poursuivre le combat pour l’instauration
de la démocratie et le respect des droits de l’homme au pays, une
manière pour l’auteur de la loi sur les manifestations publiques
d’honorer la mémoire de Thérèse Dechade Kapangala.
ERIC WEMBA